Gérard Dardé a 72 ans. Expatrié depuis neuf ans en Thaïlande, il n’accepte pas d’avoir cotisé toute sa vie pour que la Sécurité sociale ne s’occupe plus de lui. Il le dit dans une lettre ouverte.


Gérard Dardé est français, ancien membre des forces de l’ordre et scénariste de films documentaires. Expatrié en Thaïlande depuis neuf ans, il est aujourd’hui âgé de 72 ans. En ce début d’année 2026, il adresse une lettre ouverte au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, au ministre de la Santé, ainsi qu’à tous les sénateurs et députés des Français vivant à l'étranger.
Selon lui, il sera nécessaire de poser la question de l’exclusion sanitaire des retraités français de l’étranger à tous les candidats à l’élection présidentielle car il s’agit d’un véritable problème mondial pour les retraités expatriés.
Voici son texte :
LETTRE OUVERTE : L’exclusion sanitaire des retraités français de l’étranger, une injustice sociale oubliée.
À l’attention de Madame la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger,
Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs représentant les Français établis hors de France,
Mesdames et Messieurs les représentants associatifs (UFE, ADFE).
Je m’adresse à vous aujourd’hui en tant que citoyen français, retraité, vivant en Thaïlande depuis 9 ans. Je me fais ici le porte-voix de milliers de compatriotes qui, comme moi, se retrouvent victimes d’une rupture flagrante du contrat social français.
Un constat de « double peine »
Après avoir travaillé et cotisé en France durant plus de quarante ans, nous avons rempli notre part du contrat de solidarité nationale. Pourtant, dès que nous franchissons les frontières de l'Union européenne pour notre retraite, le système nous tourne le dos.
1. La cotisation sans service : L’État français continue de prélever une cotisation d’assurance maladie (environ 3,2%) sur nos pensions de retraite exportées.
2. L’exclusion totale : En contrepartie de ce prélèvement, nous n'avons droit à aucune prise en charge de nos soins dans notre pays de résidence.
Comment justifier qu’un citoyen continue de payer pour un système dont il est contractuellement exclu ?
Le principe de territorialité : un dogme archaïque
On nous oppose le principe de résidence (territorialité). Or, la protection santé d'un retraité ne devrait pas être liée au sol, mais à son historique de contribution.
La retraite est un droit acquis par le travail ; la protection santé qui l'accompagne devrait l'être tout autant. En nous privant de cette couverture, la France crée des "exilés sanitaires" qui, face à des frais médicaux parfois exorbitants à l'étranger, se retrouvent dans des situations de précarité dramatiques.
Les revendications
Nous ne demandons pas de privilèges, mais le respect de nos droits acquis par des décennies de labeur :
- La portabilité des droits : Que les cotisations versées durant notre carrière permettent une prise en charge, au moins sur la base des tarifs de la sécurité sociale française, quel que soit le pays de résidence.
- La fin des prélèvements indus : À défaut de couverture, la suppression immédiate de la cotisation maladie sur les pensions des non-résidents hors UE.
- La renégociation des conventions : Que la France intègre enfin le volet "Santé" pour les retraités dans ses accords bilatéraux, notamment avec des pays comme la Thaïlande.
Être Français de l'étranger n'est pas une radiation de la communauté nationale. La solidarité nationale ne doit pas être une question de géographie, mais de justice.
Dans l’attente de votre engagement pour mettre fin à cette discrimination, je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma haute considération.
Gérard DARDÉ
Retraité français en Thaïlande
Sur le même sujet













