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Manifestations en Europe : Bangkok surveille les risques pour ses exportations

Face aux manifestations dans six pays européens, le ministère thaïlandais du Commerce surveille les risques pour les exportations et conseille aux entreprises de s’adapter.

Export Export
Écrit par Paul FINQUEL
Publié le 26 octobre 2026


 

Le gouvernement thaïlandais suit de près la vague de contestation qui touche la France, mais également plusieurs pays d’Europe. Après le secteur du tourisme, c’est celui du commerce qui s’inquiète et alerte les entreprises. Dimanche 25 octobre 2026, la vice-Première ministre et ministre du Commerce, Suphajee Suthumpun, a annoncé avoir chargé le Département de la promotion du commerce international (DITP) et les bureaux commerciaux thaïlandais à l’étranger de fournir des mises à jour et des conseils réguliers aux entreprises. Le ministère privilégie, selon elle, « des évaluations prospectives des risques » et des plans de contingence pour aider les exportateurs à s’adapter rapidement.

 

Six pays concernés

 

Le ministère s’inquiète et met en garde les entreprises thaïlandaises qui travaillent avec les six pays les plus agités : la France, l’Italie, le Portugal, l’Espagne, la Belgique et l’Albanie. Rappelons que les manifestations y portent sur le coût de la vie, les salaires, le logement, les conditions d’études mais que toutes ces revendications sont reléguées au second plan à cause de heurts et d’incidents violents qui captent les objectifs des caméras. Bangkok surveille aussi d’éventuels mouvements sociaux dans les transports, qui pourraient impacter les exportations.

 

Pouvoir d’achat et logistique en ligne de mire

 

Suphajee Suthumpun avertit qu’une contestation prolongée pourrait affaiblir le pouvoir d’achat des consommateurs européens et réduire la demande pour certains produits thaïlandais. Les perturbations du transport aérien et routier, comme de la distribution, pourraient allonger les délais de livraison et alourdir les coûts. L’impact réel dépendra de la gravité des troubles et des zones touchées.

 

L’UE, un partenaire de poids

 

Le ministère a rappelé quelques chiffres pour comprendre l’enjeu. Entre les mois de janvier et d’août 2026, les échanges entre la Thaïlande et l’Union européenne ont atteint 34,69 milliards de dollars, en hausse de 17,13% sur un an. Les exportations thaïlandaises vers l’UE ont progressé de 21,89%, à 21,06 milliards de dollars, tandis que les importations ont augmenté de 10,45%, à 13,63 milliards. L’excédent commercial thaïlandais s’établit à 7,43 milliards de dollars.

Une désorganisation durable pourrait avoir des conséquences non négligeables.

 

Les conseils aux exportateurs

 

Le ministère thaïlandais du Commerce recommande aux entreprises exportatrices de bien suivre la situation dans les pays qui les concernent, de vérifier l’état des expéditions auprès de leurs acheteurs et transporteurs, et de renégocier si besoin les dates de livraison, en particulier pour les produits périssables ou soumis à des échéances strictes. Il les invite aussi à diversifier leurs débouchés vers l’ASEAN, l’Asie du Sud et le Moyen-Orient ; étendre leur assurance cargo aux émeutes et aux dommages volontaires ; revoir leurs avoirs en euros ou recourir à des contrats à terme, en cas de dépréciation de la monnaie européenne ; étudier des ports alternatifs hors de France et d’Europe de l’Ouest, avec acheminement ferroviaire depuis le nord ou le sud du continent ; déplacer des stocks vers des entrepôts situés dans des pays plus sûrs.

En des termes simples, la Thaïlande est particulièrement inquiète face à une situation qui dégénère dans plusieurs pays d’Europe, notamment en France.

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