Édition internationale

Émeutes en France : Bangkok suit la crise de près et appelle ses ressortissants à la prudence

Les médias thaïlandais relaient le discours de condamnation d’Emmanuel Macron, tandis que le chef de la diplomatie thaïlandaise appelle ses compatriotes à la prudence en Europe.

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Écrit par Franck STEPLER
Publié le 19 octobre 2026


Le quotidien thaïlandais anglophone The Nation a consacré lundi 19 octobre 2026 deux articles aux troubles qui secouent la France. Le premier détaille l’intervention d’Emmanuel Macron. Le second rapporte l’avertissement du vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow. D’autres médias du pays suivent eux aussi la crise de près.

 

Le récit de The Nation : un président qui condamne et promet des mesures

 

Selon The Nation, Emmanuel Macron a demandé dimanche 18 octobre 2026 que soient passés en revue le renseignement et la préparation des forces de l’ordre. Le président français veut vérifier si des défaillances ont aggravé la réponse des autorités aux pillages et aux incendies criminels.

Dans une allocution télévisée, rappelle le média, le chef de l’État a qualifié ces violences de « choquantes ». Il a reconnu la légitimité des revendications des manifestants pacifiques, tout en les distinguant des casseurs. « Rien ne le justifie, rien ne l’explique, rien ne l’excuse », a-t-il déclaré, évoquant « colère et honte ».

Le quotidien note qu’Emmanuel Macron n’a pas décrété l’état d’urgence, réclamé par certains responsables de droite. Préfets et maires pourront en revanche interdire des rassemblements pour protéger bâtiments publics et commerces. Le président a aussi demandé au gouvernement de réunir cette semaine étudiants, enseignants, parlementaires, syndicats et chefs d’entreprise.

 

Un lourd bilan, détaillé par le quotidien thaïlandais

 

The Nation reprend le bilan donné par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez : 2.400 interpellations et près de 1.000 policiers blessés. Un manifestant est mort d’un arrêt cardiaque à Paris samedi. Il rappelle que plus d’un demi-million de personnes avaient défilé le 17 octobre 2026 dans de nombreuses villes, contre la hausse du coût de la vie et le recul des services publics. Le mouvement étudiant, lancé en septembre, s’y est joint.

Le journal mentionne l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, dont le maire, Guillaume Guérin, juge les renforts policiers insuffisants. Il cite aussi le patron de Carrefour, Alexandre Bompard, qui évoque des dizaines de millions d’euros de pertes. Côté politique, il relève les appels au calme de Marine Le Pen et la demande de Jean-Luc Mélenchon que le président réponde aux lycéens.

 

Les regards de Thai PBS World et du Bangkok Post

 

Les autres médias anglophones thaïlandais s’appuient surtout sur les dépêches internationales. Thai PBS World, le service d’information en anglais de la télévision publique, a repris le texte de l’agence Associated Press. On y lit que le président accuse des groupes d’ultragauche radicale, rejoints par de nombreux délinquants, d’être responsables des violences. L’agence chiffre la mobilisation de samedi à environ 550.000 personnes selon les autorités, 800.000 selon les organisateurs.

Le texte relaie aussi les attaques politiques croisées avant la présidentielle du printemps prochain. Marine Le Pen juge le gouvernement épuisé et désorienté. Jean-Luc Mélenchon accuse le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de jouer avec le feu, tout en appelant ses partisans à ne pas piller. Le message de Donald Trump, « La France brûle ! », complète le résumé des prises de parole.

 

De son côté, le Bangkok Post a publié une dépêche de l’AFP sur l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges. Le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, y évoque une « catastrophe pour le patrimoine » et un acte délibéré de casseurs. Le bâtiment, vieux de 143 ans, est décrit comme « largement perdu ».

 

La Thaïlande lance un avertissement, pas une interdiction

 

Depuis Rome, où il effectue une visite officielle en Italie et au Saint-Siège, Sihasak Phuangketkeow a dit suivre de près ces manifestations, avec une inquiétude particulière pour les violences à Paris. Il a recommandé aux Thaïlandais en France, en Italie, au Portugal et en Belgique de la prudence. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une interdiction de voyager.

Les médias thaïophones rapportent que le ministre dit avoir demandé aux ambassadeurs de Thaïlande en Europe de veiller de près sur leurs compatriotes. Il ajoute qu’aucun incident n’a touché directement des Thaïlandais à ce stade.

 

L’ambassade à Paris avait lancé l’alerte

 

Le quotidien thaïlandais Siam Rath a publié l’avis diffusé par l’ambassade royale de Thaïlande à Paris sur sa page Facebook, daté du 17 octobre 2026. Le message anticipait quelque 250 rassemblements et 80 cortèges en France, réunissant des lycéens, des étudiants, des syndicats et des sympathisants des gilets jaunes.

Pour Paris, l’ambassade dressait une liste de points chauds : la place de l’Opéra, la place de la République, la place de la Bastille, les Grands Boulevards, Le Grand Rex et le pont Saint-Michel. Elle prévenait de possibles perturbations sur les routes, aux gares du Nord et de l’Est, dans certaines stations de métro et de RER, ainsi que sur les trajets vers les aéroports via le périphérique. Elle suggérait d’éviter les cortèges, de suivre les consignes des autorités françaises, de prévoir du temps supplémentaire et de vérifier qu’aucune perturbation n’affectait son vol ou son train.

 

La crainte d’une contagion européenne

 

Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères s’inquiète d’un effet d’entraînement. Selon lui, les événements en France ont contribué à déclencher d’autres mobilisations en Europe : à Milan, autour du coût de la vie, de l’emploi et de l’éducation, mais aussi au Portugal et en Belgique.

 

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