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Devant 480 investisseurs étrangers, Anutin Charnvirakul vend la Thaïlande compétitive

Vendredi 12 juin 2026, le Premier ministre thaïlandais s'est exprimé devant 480 dirigeants étrangers réunis à Bangkok. Il a prôné rapprochement et efficacité. lepetitjournal.com était là.

Anutin Charnvirakul devant les chambres de commerce étrangèresAnutin Charnvirakul devant les chambres de commerce étrangères
Écrit par Hugo HASBROUCQ
Publié le 12 juin 2026


 

La nouvelle est tombée dans la nuit de jeudi à vendredi : la princesse Bajrakitiyabha Mahidol, fille aînée du roi Maha Vajiralongkorn, est décédée le 11 juin à 19h48 à l'hôpital Chulalongkorn de Bangkok. Au Crystal Hall de l'hôtel Athenee, la matinée du lendemain avait un goût particulier. Les 480 participants au déjeuner annuel de la JFCCT (Joint Foreign Chambers of Commerce in Thailand) ont observé un moment de silence avant que le programme ne commence. lepetitjournal.com était présent.

 

Le contexte d'un 50ème anniversaire

 

L'événement marquait le cinquantenaire de la JFCCT, fondée en 1976. C’est Vibeke Lyssand Leirvåg, sa présidente, qui a accueilli le Premier ministre thaïlandais au nom de ses homologues.

L'organisation réunit les chambres de commerce étrangères installées en Thaïlande. Ambassadeurs, représentants de chambre et chefs d'entreprise étaient de la partie. Anutin Charnvirakul, Premier ministre et ministre de l'Intérieur, a pris la parole pour un discours-programme intitulé « Thailand 2026 : From Uncertainty to Confidence ». Il a ouvert sur un constat : le mot le plus entendu dans les forums économiques mondiaux ces derniers mois est « incertitude ». Recomposition des chaînes d'approvisionnement, tensions géopolitiques, accélération technologique. Dans ce contexte, il a positionné la Thaïlande comme destination stable et résiliente pour l'investissement de long terme.

 

Les quatre priorités du Premier ministre thaïlandais

 

Quatre priorités ont structuré son intervention. La simplification réglementaire d'abord, avec la numérisation des services publics et la révision en cours de la loi sur les activités commerciales des étrangers, jugée trop restrictive. Le développement des industries d'avenir ensuite : semi-conducteurs, intelligence artificielle, véhicules électriques, énergies propres, biotechnologies. Anutin Charnvirakul a cité le mécanisme Thailand FastPass, dispositif d'accélération des autorisations d'investissement qui couvre aujourd'hui 25 projets représentant 223 milliards de bahts.

Troisième axe : la formation du capital humain, avec une coopération renforcée entre État, entreprises et universités. Quatrième et dernier chapitre : le renforcement de la connectivité régionale, via la négociation en cours d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne et la candidature thaïlandaise à l’OCDE.

 

Déjeuner Premier ministre thaï et chambres de commerce etrangeres

 

Le Premier ministre a conclu sur un engagement : la Thaïlande ne peut pas effacer l'incertitude mondiale mais elle peut construire la confiance par la réforme et la proximité avec le secteur privé. À midi, les 480 convives sont passés à table, pour deux heures de discussion.

 

4 questions à Jean-Boris Roux, président de la Chambre de Commerce Franco-Thaïe

 

À l’issue du déjeuner, Franck Stepler s’est entretenu avec le président de la FTCC pour savoir ce qu’il retenait de cette rencontre.

 

lepetitjournal.com : Comment avez-vous vécu cette rencontre avec le Premier ministre thaïlandais ?

Jean-Boris Roux : Je soutiens ce genre d’initiative car c’est un moyen d’échanger des messages même si nous sommes nombreux (près de 500) et que le temps nous est compté. Le Premier ministre est venu accompagné de membres de son gouvernement. Il y avait également des représentants d’entreprises thaïlandaises. Nous avons pu échanger au cours du déjeuner et c’est au moins aussi important que d’écouter les discours. Je n’ai entendu que des retours positifs sur cette rencontre de la part de tous ceux avec qui j’ai pu discuter.

 

En quoi ce genre de rencontre un peu formel est-il tout de même important pour les chambres de commerce étrangères ?

Pour la trentaine de chambres représentées, c’est l’occasion de faire passer des messages au gouvernement thaïlandais, de lui montrer que nos membres sont prêts à participer au développement économique du pays. Bien entendu, dans une telle configuration, on ne peut pas aller au fond des choses. Mais nous avions déjà rencontré Anutin Charnvirakul au mois de novembre. Nous lui avions alors fait part de nos points de vue et de nos propositions. Cette nouvelle rencontre a servi de piqûre de rappel concernant ce que nous nous étions dit.

 

Jean-Boris Roux, pdt FTCC

 

Quelles sont vos principales demandes aujourd’hui ?

Le plus important est d’avoir la possibilité d’exercer au mieux notre activité. Il faut absolument faire sauter un tas de verrous. Nous souhaitons, par exemple, réformer le foreign business act, un document qui régit l’intervention des entreprises étrangères en Thaïlande. Il cherche à la fois à protéger les entreprises thaïlandaises et à attirer les investisseurs étrangers. Nous n’avons aucun problème avec cette philosophie. Mais il date de 1999 et mérite donc quelques mises à jour. Il y en a eu mais elles sont encore insuffisantes. Il faudrait, par exemple, redéfinir les secteurs dans lesquels, aujourd’hui, les entreprises étrangères sont les bienvenues. Il faut également parler de la place des PME, pour qui il est moins facile de s’y retrouver que pour les grands groupes. Nous voulons collectivement avoir les conditions d’une bonne compétitivité face aux autres pays d’Asie du Sud-Est.

Il faudrait également repenser la politique de visas et nous donner accès à une main d’œuvre qualifiée, en repensant les compétences, les formations, leur adaptation aux nouveaux métiers.

Il faut enfin faciliter l’accès des entreprises étrangères aux marchés. C’est un peu le parcours du combattant aujourd’hui.

 

Que retenez-vous de ce qu’est venu vous dire le Premier ministre thaïlandais ?

Anutin Charnvirakul a évoqué la volonté de la Thaïlande d’adhérer à l’OCDE, de mettre en place des standards internationaux pour la compétitivité. Nous ne pouvons qu’y souscrire. De la même façon, les chambres européennes attendent la signature de l’accord de libre-échange entre la Thaïlande et l’Union européenne. Nous l’espérons pour cette année même si elle est plutôt annoncée pour 2027.

Le Premier ministre a voulu installer un climat de confiance dans une période économique compliquée. Il a exprimé sa volonté d’aider à installer les conditions d’un  commerce efficace pour aider à la croissance du pays. L’essentiel de son message a été : « vous pouvez avoir confiance en nous ». Il est conscient qu’il y a des réformes à mettre en œuvre pour rendre le système plus efficace, plus collaboratif, dans l’intérêt du pays et des entreprises.

Les autorités thaïlandaises veulent que le pays soit la porte d’entrée vers l’ensemble du sud-est asiatique, grâce à sa localisation géographique idéale. Nous ne pouvons que souscrire à cette volonté.

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