Édition internationale

La Thaïlande perdrait des touristes pour cause d’insécurité

Longtemps en tête du classements des pays les plus sûrs d’Asie du Sud-Est, la Thaïlande serait en train de perdre des touristes chinois qui craignent pour leur sécurité. Inquiétant.

Camion de police sud Thaïlande Camion de police sud Thaïlande
Écrit par Franck STEPLER
Publié le 5 juin 2026


 

Selon l’Association des agents de voyage thaïlandais (ATTA), ce ne sont pas 9 mais seulement 7 millions de touristes chinois qui devraient se rendre en Thaïlande en cette année 2026. Cause numéro un : la sécurité. Disparitions, demandes de rançon, crimes liés à divers réseaux d’escroquerie, une espèce de psychose semble s’être installée.

Thanapol Cheewarattanaporn, le président de l’ATTA, rapporte que de nombreux faits divers ont fait le tour des réseaux sociaux en Chine. Lorsque s’y ajoute le fait que certains policiers pourraient être liés à ces affaires, rien ne va plus. Il exhorte donc la Thaïlande à vite établir une stratégie en matière de sécurité. C’est pour lui le défi le plus important pour la Thaïlande sur le marché chinois.

 

Entendu avant de s’exprimer

 

Peut-être a-t-il été entendu avant même de s’exprimer.

Après plusieurs incidents et agressions contre des touristes, le ministre du Tourisme a annoncé s’être associé au ministère de l'Intérieur et à la police touristique pour réglementer le travail des opérateurs sur les îles les plus populaires de Thaïlande. Il a également averti que les responsables publics liés à des réseaux mafieux seront poursuivis. Quant aux entreprises prête-noms que nous avons souvent évoquées, elles seront également ciblées pour assurer le maintien des vrais revenus touristiques en Thaïlande.

 

Des mesures répressives annoncées

 

Trois trains de mesures réglementaires et de répression ont été annoncés :

 

- Faire respecter la réglementation des îles touristiques.

Les autorités procéderont à de vastes inspections des magasins, des restaurants, des hôtels et des opérateurs de transports publics sur les îles pour éliminer le contrôle mafieux, en particulier dans les régions du sud.

S'il est constaté qu'un fonctionnaire de l'État a été impliqué, a fermé les yeux ou a aidé des délinquants, il fera face à des poursuites judiciaires.

 

- Sévir contre les entreprises prête-noms et les étrangers.

Comme nous en avons déjà longuement parlé, le ministère de l'Intérieur et le ministère du Commerce élargiront les enquêtes sur les entreprises prête-noms, afin d'empêcher les étrangers d'exploiter la Thaïlande et de renvoyer des bénéfices dans leur pays d'origine.

La technologie sera également utilisée pour aider à contrôler les étrangers qui dépassent le temps de séjour autorisé par leur visa.

 

- Dénicher les touristes de qualité, avec le concours de la police de l'immigration.

C’est certainement le point qui demeure le plus flou. La Thaïlande et la Chine entendent coopérer pour attirer des touristes « de qualité » qui préservent l’image des deux pays. Qu’est-ce que cela veut exactement dire ? Comment faire ? Nous essayerons de comprendre.

 

Un atout majeur à préserver

 

Le plus désespérant dans cette affaire réside certainement dans le fait que c’est exactement le constat inverse qui pouvait être fait il y a encore peu de temps. Il peut encore l’être dans d’autres régions de Thaïlande. Pour mémoire, au dernier classement de la sécurité en Asie du Sud-Est, Chiang Mai apparaissait à la première place, devant Singapour, sa police et ses caméras. Et même la mégalopole Bangkok figurait parmi les villes les plus sûres de cette partie du continent. De nouvelles situations créent un sentiment d’insécurité, parfois, dans le sud du pays. Et même plus qu’un sentiment. Il est urgent de le dissiper. Déjà en difficulté dans sa bataille touristique avec les pays voisins, la Thaïlande ne peut laisser échapper ce qui fut longtemps pour elle un atout majeur.

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