Le 20 mai 2026, Anutin Charnvirakul a lancé une campagne anticorruption public-privé. Les administrations sont sommées de supprimer toute opacité.


« Chaque fois qu'une donnée était demandée, il y avait toujours des exceptions. » Anutin Charnvirakul sait de quoi il parle. Avant de devenir Premier ministre, il était lui-même du côté de ceux qui demandent des informations à l'État et qui se heurtent aux portes closes.
Le 20 mai 2026, réunissant à la Maison du gouvernement des représentants de 35 agences d'État, de la Chambre de commerce, de la Fédération des industries et du JSCCIB (le comité permanent réunissant les milieux d'affaires et le secteur bancaire), il a donné un ordre simple : tout divulguer. Marchés publics, délivrance de licences, dossiers d'appels d'offres, autant de domaines où l'opacité administrative alimente habituellement la corruption.
« Si des obstacles juridiques existent, les lois devront être modifiées », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas résoudre le problème de la corruption si les agences continuent de choisir ce qu'elles veulent montrer au public. »
Chaque ministère devra identifier ses zones vulnérables à la corruption et adopter des outils numériques pour limiter les risques. Tout soupçon de corruption, qu'il vise un fonctionnaire, un ministre ou un Premier ministre, devra être transmis à la Commission nationale anticorruption (NACC), à la Commission anticorruption du secteur public (PACC) ou au bureau de lutte contre le blanchiment d'argent. « Un voleur laisse toujours des traces », a ajouté Anutin Charnvirakul.
Un index contesté
Le Premier ministre a toutefois nuancé son propos en critiquant la méthode qui mesure la corruption en Thaïlande. L'indice CPI de Transparency International, selon lui, repose trop sur les perceptions et pas assez sur des faits juridiques établis. En février 2026, la Thaïlande y avait obtenu un score de 33 sur 100, soit la 116e place mondiale, son plus mauvais résultat depuis dix-neuf ans.
Du côté du secteur privé, l'accueil est positif. Poj Aramwattananont, président de la Chambre de commerce de Thaïlande, a salué la réactivité du gouvernement. Et a précisé que l'objectif n'était pas de cibler des individus mais de corriger des dysfonctionnements structurels.
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