Le réseau social est accusé de défaut de protection de ses utilisateurs contre les escrocs. 10 plaignants se sont regroupés. Ils veulent réparation d’un préjudice estimé à 230 millions de bahts.


Rien ne va plus entre le Conseil des consommateurs de Thaïlande et Facebook. L’instance estime que les utilisateurs ne sont pas protégés de manière adéquate contre les contenus frauduleux. Elle va donc déposer, lundi 8 juin 2026, une plainte au civil, qui vise Facebook, sa maison mère Meta et seize autres cibles. Il s’agit de la toute première plainte du genre dans le pays.
Une réponse insatisfaisante de Meta
Dans cette affaire, le Conseil des consommateurs de Thaïlande représente 10 utilisateurs, qui auraient été victimes d'activités frauduleuses provenant de Facebook, pour un préjudice de 230 millions de bahts.
La secrétaire générale du Conseil, Saree Aongsomwang, a expliqué avoir envoyé, en novembre 2024, une première lettre au PDG Mark Zuckerberg, contenant un certain nombre de recommandations spécifiques pour améliorer ses politiques de prévention de la fraude et des escroqueries en Thaïlande. La réponse n’a pas été satisfaisante, affirme Saree Aongsomwang, ce qui conduit aujourd’hui au déclenchement d’une action en justice.
L’Asie du Sud-Est moins bien protégée ?
Dans le collimateur des plaignants : des contenus frauduleux et des publicités illégales. Ces contenus faisaient apparemment de fausses références à des personnes connues et vendaient des produits contrefaits et de qualité inférieure à ce qui était promis. Certains contenus également visés portaient sur des produits piratés, des produits dangereux et même des armes.
Selon le Conseil, les malfaiteurs utilisent l'algorithme de Facebook pour analyser le comportement des utilisateurs et atteindre précisément leurs groupes cibles. Ils engendrent des pertes financières, créent de la souffrance, voire poussent au suicide. Pendant ce temps, Facebook perçoit des revenus provenant des rentrées publicitaires perçues auprès des propriétaires de contenu. C’est cette avantageuse légèreté qui lui est reprochée. Notamment en Asie du Sud-Est, une région qui serait moins bien protégée que les États-Unis ou l’Europe, d’après Saree Aongsomwang.
Coopération avec la police thaïlandaise
Ce n’est pas nouveau, la Thaïlande est un territoire où sévissent particulièrement les escrocs en ligne. Le Conseil reçoit plusieurs milliers de plaintes par an et les pertes se comptent en milliards de bahts. Les escroqueries à la vente et à l’investissement via Facebook seraient majoritaires.
Meta se défend comme il peut, expliquant n’être pas le support de transactions financières. Est-ce réellement un argument ?
Depuis le mois d’avril 2026, le groupe est censé coopérer avec la police thaïlandaise pour lutter contre la criminalité en ligne. Attendons de voir des résultats probants.
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