Ce samedi 3 octobre 2026, à Chiang Mai, l’artiste Kamin Lertchaiprasert a présenté une exposition où art, spiritualité et introspection se rencontrent pour interroger notre rapport au corps, à la vie et au vide.


À 14h07, les visiteurs prennent place au milieu de la salle, assis sur des coussins bleus. Autour d’eux, les œuvres de Kamin Lertchaiprasert sont accrochées aux murs. Dans quelques minutes, l’artiste parlera de vide, d’ego et de la nature des choses. Ce samedi 3 octobre, le Musée de l’Esprit Contemporain du 31e siècle, à Chiang Mai, accueille le vernissage de « La montagne est la montagne, la rivière est la rivière », la 14ème exposition du projet d’introspection de Kamin Lertchaiprasert. Elle rassemble des œuvres de différentes périodes, ainsi que celles de plusieurs artistes avec lesquels il collabore.

Avant la conférence, l’artiste accompagne un visiteur spécial à travers l’exposition. Mais qui est-il ? Katti, directrice de l’ATTA, nous précise qu’il a décidé de commencer par montrer son art à un guide spirituel bouddhiste. Il s’arrête devant plusieurs œuvres et revient sur les rencontres qui ont marqué son parcours. Parmi elles, notamment, celle avec Rirkrit Tiravanija occupe une place particulière. Leur rencontre et la découverte de son œuvre « Sans titre 1990 (Shall We Dance) » à New York ont notamment participé à la création de la Land Foundation. Une autre rencontre importante est celle avec Ajarn Pramuan Pengchan, philosophe et écrivain connu pour son pèlerinage à pied entre Chiang Mai et Koh Samui.
« Rien »
Pour Kamin Lertchaiprasert, le message central de l’exposition tient dans une idée : le vide, ou « nothing ». Il souhaite amener les visiteurs à observer la nature des choses et à s’interroger sur leur propre existence. Parmi ses réflexions figure notamment celle du corps : « ce que nous considérons comme notre corps ne nous appartiendrait finalement pas réellement », questionne l’artiste, le regard plongée dans l’une de ses œuvres.
La conférence commence. Entièrement en thaï, elle réunit plusieurs médias locaux. Au centre de la salle, Kamin Lertchaiprasert échange avec Ajarn Pramuan Pengchan, Rirkrit Tiravanija et Pinyo Trisuriyathamma autour de « l’Esthétique de la lumière ». Sur les murs, les œuvres abordent la mort, la spiritualité, l’argent, la nature et le rapport à l’art. Une sculpture de Bouddha réalisée à partir de billets de banque thaïlandais hors circulation côtoie « Samsara (Naissance, Vieillissement, Maladie, Mort) ». D’autres œuvres plus récentes, comme « Jeu de flûte silencieux » ou encore « Lumière », complètent l’exposition.
Deuil, compassion et amour
Kamin Lertchaiprasert a lui-même choisi les artistes invités. Leurs œuvres prennent différentes formes : sculpture, photographie, peinture, vidéo, calligraphie et poésie. Poy, son assistante depuis deux ans, participe à la préparation de l’exposition. Pour elle, comme pour l’artiste, « le parcours invite surtout les visiteurs à s’interroger ».
Dans son texte sur « l’Esthétique de la lumière », Kamin Lertchaiprasert revient sur le deuil, la compassion, l’amour, l’art et la pratique du dharma. Ces expériences l’amènent à une même réflexion : rien n’est permanent et rien ne peut être véritablement possédé. Le vide n’est alors pas présenté comme une absence, mais comme une autre manière de regarder le monde.
L’exposition « La montagne est la montagne, la rivière est la rivière » est ouverte jusqu’au 19 décembre 2026, du samedi au mardi, de 13h à 17h, au 31st Century Museum of Contemporary Spirit de Chiang Mai.
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