Mercredi 23 mai 2018
Tel Aviv
Tel Aviv
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Aharon Appelfeld, le dernier écrivain israélien de la Shoah

Par Virginie Sabag | Publié le 06/01/2018 à 21:55 | Mis à jour le 07/01/2018 à 00:33
Photo : Aharon Appelfeld, le dernier écrivain israélien de la Shoah
Aharon Appelfeld, le dernier écrivain israélien de la Shoah

Aharon Appelfeld est né à Czernowitz en Roumanie en février 1932, est décédé à l’âge de 85 ans. Rescapé de la Shoah durant laquelle il perd ses deux parents (il retrouvera son père 20 ans plus tard), il était l’un des plus grands écrivains contemporains de langue hébraïque de la fin du XXe siècle.

Il émigre en Palestine alors sous mandat britannique en 1946. Il travaille tout d’abord dans une école agricole, fait son service militaire en 1949 puis étudie à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Sa langue maternelle était l'allemand et, bien qu'ayant appris tardivement l'hébreu, Aharon Appelfeld est l’un des auteurs les plus brillants dans cette langue. Il était le disciple de Martin Buber ou Gershom Scholem. Professeur de lettres à l’Université Ben-Gourion de Beersheva, de 1979 jusqu’à sa retraite, il avait publié un nouveau roman il y a quelques mois et son ultime livre paraîtra en février prochain.

 

Un écrivain israélien

Aharon Appelfeld se tourne vers la littérature à la fin des années 1950 et écrit ses premiers ouvrages en hébreu. Son premier recueil de nouvelles paraît en 1962. Auteur de plus de 40 livres, romans et nouvelles pour la plupart, son œuvre traite en majorité de la vie de la population juive en Europe avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il obtient de nombreux prix littéraires, dont le prestigieux Prix Israël en 1983 et le Prix Médicis du roman étranger en 2004 pour son roman autobiographique Histoire d’une vie.

Son ami l'écrivain américain Philip Roth le fait apparaître dans son roman Opération Shylock et dit de lui : « Appelfeld est l’auteur dépaysé d’une littérature elle-même dépaysée et il a fait de cette désorientation un sujet qui n’appartient qu’à lui ».

L'errance comme source d'inspiration

Déporté, il parvient à s'échapper en 1941. Il n'a pas dix ans quand commence pour lui une longue errance en Ukraine qui inspirera nombre de ses œuvres. Libéré par l'Armée Rouge, il traverse l'Europe avant de gagner la Palestine mandataire en 1946.

Son écriture immortalise l’histoire juive contemporaine dans un style aussi poignant qu'unique. On retrouve dans ses livres Tsili ou L'Amour, soudain sa propre expérience de survie dans la forêt de Bucovine, lorsqu’enfant il fuit les camps et se cache dans la forêt.

Le rapport à la langue

Aharon Appelfeld grandit dans une famille germanophone parlant également le ruthène, le roumain, le français, le russe, l’ukrainien et le yiddish. Il apprit par la suite l’italien, l’anglais puis l’hébreu, sa "langue maternelle d’adoption".

 

Le rapport à la langue est une des difficultés qu’il connaît lorsqu’il reconstruit sa vie en Israël. Ses livres traitent de la quête de la mère, de la Shoah et des souffrances des Juifs en Europe. Il refuse d’écrire dans sa langue maternelle, l’allemand, et choisit l'hébreu pour son expression littéraire.

Même dans mes cauchemars les plus affreux, je savais que je ne pourrai pas écrire en allemand. Ca aurait été écrire dans la langue dans laquelle avaient été assassinés ma mère, mes grands-parents, mes oncles et tantes, mes cousins. C’est ainsi que je me suis tourné vers l’hébreu.

 

Une vie entière d'écriture

L'œuvre d'Aharon Appelfeld, par sa singularité et sa puissance, est très vite devenue un objet d'étude pour le monde littéraire. L'homme se pliait de bonne grâce à l'exercice médiatique ou aux rencontres universitaires.

En mars 2012, l'INALCO (Institut National français des Langues et des Civilisations Orientales) organisait, un colloque international de grande qualité à propos de son œuvre sur le thème : 

Une écriture de l'indicible (215 min) (visionner la conférence)

Retrouvez ici deux autres conférences auxquelles il a participé sur les thèmes suivants :

- La Shoah dans la littérature contemporaine israélienne (90 min) : visionner la conférence

- Une heure avec Aharon Appelfeld  (60 min), Salon du Livre de Paris (2008) présenté par Alain Finkielkraut : visionner la conférence

 

INFORMATIONS :

Bibliographie de l'écrivain :

  • Des Jours d'une stupéfiante clarté (Editions de l'Olivier) : à paraître en février, son dernier roman. 
  • De longues nuits d'été (L'école des Loisirs, 2017)
  • Les Partisans (Editions de l'Olivier, 2015)
  • Adam et Thomas (L'école des Loisirs, élu meilleur livre jeunesse, 2014)
  • Le garçon qui voulait dormir (Editions de l'Olivier, 2011)
  • Et la fureur ne s'est pas encore tue (Points, 2010)
  • Floraison sauvage (Points, 2008)
  • Histoire d'une vie (Points, 2008)
  • La chambre de Marianna (L’Olivier, 2008)
  • Badenheim 1939  (L’Olivier, 2007)
  • Katerina  (Points, 2007)
  • L'Amour, soudain (L'Olivier, 2006)
  • L'héritage nu (L'Olivier, 2006)
  • Tsili et Le Temps des prodiges (Seuil, 2004)
  • L'immortel Bartfuss (Gallimard, 1993)

 

Source et crédit photo : Akadem

 

Nous vous recommandons

virginie sabag

Virginie Sabag

Directrice générale de Lepetitjournal.com Tel Aviv. Spécialiste des thèmes Société, Business, Gestion de Budget, Décryptage. Elle est votre interlocuteur commercial pour les campagnes publicitaires sur les pages dédiées à Israël et pour tout partenariat.
0 CommentairesRéagir