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Prix littéraires 2021

Par Lepetitjournal Stockholm | Publié le 20/11/2021 à 06:00 | Mis à jour le 20/11/2021 à 06:00
Photo : Pixabay
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Sur les 521 romans de la rentrée littéraire, un petit nombre a été remarqué et récompensé. Les principaux prix viennent tout juste d’être décernés. Ne reste plus que l’Interallié à la mi-novembre. Parmi les auteur·e·s récompensé·e·s cette année, un dramaturge suédois retient particulièrement l'attention, Jonas Hassen Khemiri, prix Médicis étranger pour La Clause paternelle.

 

Contrairement aux rentrées précédentes, à peu près toutes marquées par un scandale germanopratin -l’an dernier ce fut Raphaël Enthoven qui enflamma la critique avec son roman dans lequel son entourage n’en sortit pas grandi - le cru 2021 ne fut l’occasion que d’une petite polémique. Dans Le Monde, la toute nouvelle jurée Goncourt, Camille Laurens se permit de descendre en flammes Anne Berest, sélectionnée par le même jury Goncourt quelques jours plus tôt pour son livre La Carte postale. Le procédé était déjà peu élégant, mais quand on découvrit que le sujet du roman de Berest était proche d’un autre livre, celui de François Noudelmann, figurant lui aussi sur les premières listes Goncourt, accessoirement compagnon à la ville de Camille Laurens, l’indignation fut grande. Les vieilles accusations de mélange des genres, de copinage et de complaisance souvent associées au plus prestigieux des prix français ressurgirent.

Finalement, le Goncourt a distingué un jeune auteur de 31 ans, le Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr pour son ambitieux roman, La plus sécrète mémoire des hommes. Ce choix est remarquable à plus d’un titre : l’âge de son auteur et son éditeur, Philippe Rey. D’ordinaire, la distinction va à des hommes plutôt âgés, édités par les quelques mêmes grandes maisons d’édition, Grasset, Gallimard… même si sous l’impulsion de Bernard Pivot, désormais retiré, l’âge des lauréats a tendance à baisser quelque peu. Pour la parité, on repassera. Depuis sa création, à peine 10 % des lauréats sont des femmes.

 

Le Renaudot a été remis à Amélie Nothomb pour Premier sang. L’auteure qui publie un livre par an depuis trente ans, n’avait quasiment jamais été primée. Le Médicis a récompensé Christine Angot pour Le Voyage dans l’est, le Femina, S’adapter de Clara-Dupont-Monot, tandis que le Grand Prix du Roman de l’Académie Française a préféré Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable.

 

Il est impossible de citer tous les lauréats. Toutefois, deux retiennent particulièrement l’attention : il s’agit du Suédois, Jonas Hassen Khemiri, prix Médicis étranger pour La Clause paternelle et de Abel Quentin, prix de Flore pour Le Voyant d’Étampes.

Khemiri, dramaturge né en 1978 à Stockholm dresse le portrait au vitriol d’une famille suédoise avec un grand-père aimant qui revient tous les six mois rendre visite à ses enfants et petits-enfants. Mais très vite, il apparaît que le patriarche n’est pas animé des meilleures intentions, que la famille dont il est si fier cache autant de névroses que de secrets.

Abel Quentin pour sa part dépeint un homme blanc, universitaire à la retraite qui a la malencontreuse idée d’écrire sur un poète noir. Entre supposé privilège blanc et appropriation culturelle, le livre et son auteur, sont vilipendés dans une campagne de haine dévastatrice. Ce deuxième roman très réussi qui évolue entre consternation devant le nouvel autoritarisme woke et un humour ravageur fera date.

 

Brigit Bontour.

 

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