

La Suède aura peut-être bientôt sa première Première ministre. Magdalena Andersson semble en effet bien partie pour succéder à Stefan Löfven au poste de chef du gouvernement, occupé jusqu’ici uniquement par des hommes.
Le 4 octobre, les membres du parti social-démocrate suédois ont élu Magdalena Andersson à la tête du parti jusqu’à présent dirigé par Stefan Löfven. Ce dernier avait en effet annoncé cet été sa démission après 7 ans au pouvoir. Il a quitté son poste aujourd'hui même, mercredi 10 octobre. Pour lui succéder, Magdalena Andersson doit cependant encore passer l’étape du vote au parlement, où elle doit obtenir la majorité des voix.
Ministre des Finances depuis 2014, Magdalena Andersson prévoit de faire du climat, de l’éducation, de la santé et de la lutte contre les ségrégations ses priorités si elle est élue à la tête du gouvernement. Elle devra aussi affronter deux autres sujets sensibles : d’une part, son positionnement en faveur de la stratégie du « quoi qu’il en coûte » pendant la pandémie en Suède, qui a fait, et fait encore, l’objet de nombreuses critiques ; de l’autre, la montée de l’insécurité en Suède.
L’élection de Magdalena Andersson aurait aussi une forte valeur symbolique. Aussi progressiste soit-elle, la Suède est le seul pays nordique qui n’a jamais eu de femme cheffe du gouvernement. Le sexisme est d’ailleurs toujours bien présent dans la sphère politique, comme en témoignent les critiques émises à son égard. « Froideur », « dureté », « difficulté à faire des compromis » : des caractéristiques qui, comme elle l’a fait remarquer, auraient été acclamées comme qualités de leader chez un homme, ne semblent pas plaire autant lorsque c’est une femme qui les possède.
Le vote au parlement sera organisé dans les prochaines semaines. Son issue sera déterminante, à la fois pour l’égalité homme/femme, mais aussi pour la stabilité politique du pays, mise à rude épreuve avec les récents rebondissements du mandat Löfven.
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