PÅ SVENSKA — L’expression du mois : nouveaux mots suédois 

Par Lepetitjournal Stockholm | Publié le 30/01/2016 à 22:32 | Mis à jour le 21/05/2016 à 08:23

Tous les mois, lepetitjournal.com/stockholm décrypte une expression suédoise pas piquée des hannetons ! En janvier, ce sont les soldes : on vous en donne plusieurs pour le prix d'une !

La langue suédoise a ceci d'exceptionnel qu'il lui est facile de créer des mots. Chaque année, l'Académie suédoise intègre de nouveaux mots dans son dictionnaire. Ces mots décrivent bien souvent de nouveaux phénomènes qui surgissent dans notre vie quotidienne, ou font écho à l'actualité. Les académiciens suédois se gardent bien de céder aux modes linguistiques éphémères. Ils jugent du potentiel de ces mots sur le long terme avant de les approuver. 

Sur les 37 nouveaux mots qui ont fait leur entrée officielle dans la langue suédoise fin 2015, on peut noter différentes tendances : économie, médias, société, égalité des sexes, etc.

L'économie de partage ? delningsekonomi ?, le désinvestissement ? avinvestering ? ou le fait de dumpstra (de att dumpa, récupérer des choses, en particulier de la nourriture, que d'autres ont jetés) est le reflet d'une certaine prise de conscience de l'utilisation des ressources de notre planète.

2015 est l'année des migrations, et cela donne naissance à des mots tels que EU-migrant (citoyen européen résidant temporairement dans un autre pays d'Europe, pour améliorer sa situation économique et/ou sociale) et transitflyktning (réfugié qui traverse un pays dans lequel il n'a pas l'intention de s'installer). 

Dans notre société d'information de masse, des articles de robotjournalistik (générés par des robots) ou de trollfabriker (organisations de trolls et de blogueurs qui diffusent de la propagande) commencent à voir le jour sur le net. On remarque que des gens font de la résistance aux faits ? faktaresistens ?, quand ceux-ci vont à l'encontre de leur convictions (souvent fondées sur des théories de complot). On rencontre même des nyhetsundvikare, des personnes qui évitent consciemment les médias.  En même temps, il semblerait que nous vivions aujourd'hui dans une klickokrati, où le nombre de clics sur un article ou une photo est plus important que la véracité des faits.  

Les smartphones font maintenant partie intégrante de notre quotidien et nous nous retrouvons à svajpa (contrôler nos téléphones du bout de nos doigts) et à svischa (virer de l'argent à l'aide d'une app), au risque d'attraper une ögonkramp (crampe à l'oeil due à l'usage excessif du téléphone). Nous prenons des groupies (selfie de groupe) et youtuber devient une profession à part entière.  

Enfin, en Suède, pays de l'égalité entre les sexes par excellence, il fallait bien que les femmes aient un mot pour décrire l'action de se masturber, un mot plus adaptée à leur anatomie. Un membre de RFSU (l'association suédoise pour l'éducation sexuelle) avait en 2013 soulevé cette question. L'association a lancé en 2014 un concours qui a permis d'inventer 200 mots uniques. Parmi eux, 40 ont été sélectionnés et publiés sur le site, donnant ainsi la possibilité aux internautes de voter pour leur favori. C'est klittra qui a gagné, devant pulla et runka (ce dernier étant déjà utilisé pour les hommes). Pour la petite histoire, c'est aussi RFSU qui a lancé le mot snippa pour désigner le sexe féminin (la forme masculine suédoise étant snoppen) ; il a fait son entrée dans le dictionnaire suédois en 2006.

Découvrez le sens de « Det kommer som en brev på posten » ici, de « Att ha en bulle i ugnen » ici, de « Det finns inget dåligt väder? » ici et de « Nu är det jul igen ».

Audrey LEBIODA lepetitjournal.com/Stockholm Vendredi 29 janvier 2016

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