La France a accueilli à Lyon ce mardi 7 avril une rencontre internationale consacrée à l’approche « One Health Summit » qui vise à mieux articuler santé humaine, animale et environnementale. Si le concept s’impose progressivement dans les politiques publiques, certains pays comme la Suède font figure de précurseurs en Europe.


Développée dans les années 2000 au sein des milieux scientifiques, l’approche One Health repose sur un constat simple : la santé humaine est étroitement liée à celle des animaux et des écosystèmes. La multiplication des zoonoses, la progression de la résistance aux antimicrobiens ou encore l’impact des pollutions environnementales renforcent la nécessité d’une action coordonnée. La pandémie de Covid-19 a joué un rôle d’accélérateur et poussée les gouvernements et les organisations internationales à intégrer davantage cette approche dans leurs stratégies. Aujourd’hui, des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH) collaborent dans le cadre d’un partenariat dit « quadripartite » pour promouvoir cette vision intégrée.
La Suède, pionnière en Europe
Bien avant que le concept ne se diffuse largement, la Suède avait déjà mis en place des politiques alignées avec les principes du "One Health". Dès 1986, le pays a interdit l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance dans l’élevage, une mesure adoptée bien plus tard à l’échelle de l’Union européenne. Cette politique précoce s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Selon les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), la Suède figure aujourd’hui parmi les pays européens où les niveaux de résistance sont les plus faibles. Le modèle suédois repose également sur une coordination entre les autorités publiques, les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement.
Un enjeu sanitaire et environnemental
Dans la région européenne de l’OMS, une part significative de la mortalité est liée à des facteurs environnementaux, tels que la pollution de l’air ou l’exposition à des substances chimiques. Ces enjeux renforcent la pertinence d’une approche intégrée. Concrètement, le One Health implique une coopération accrue entre disciplines : médecins, vétérinaires, agronomes, écologues et spécialistes de l’eau sont appelés à travailler ensemble afin d’anticiper les risques et de construire des politiques de prévention plus efficaces.
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