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Singapour renforce la lutte contre la cigarette électronique

Depuis 2018, le vapotage est illégal à Singapour. Mais la croissance du nombre de jeunes contrevenants pris en flagrant délit et la présence de drogues dans les liquides utilisés ont conduit le gouvernement singapourien à renforcer son arsenal contre cette pratique.

le vapotage est interdit à Singapour comme l'indique les panneaux partout le vapotage est interdit à Singapour comme l'indique les panneaux partout
Écrit par Jean-Michel Bardin
Publié le 6 janvier 2026, mis à jour le 12 janvier 2026

 

 

Interdiction du vapotage à Singapour depuis 2018

Dès 2010, Singapour interdit l’importation, la distribution et la vente de cigarettes électroniques. En 2018, l’interdiction est étendue à leur achat, leur possession, et leur utilisation. Les contrevenants se voient confisquer leur matériel et risquent une amende dépendant de l’âge : 300 SGD au-dessous de 18 ans et 500 SGD au-delà.

Cette interdiction du vapotage n’est qu’un aspect de la politique très radicale de Singapour contre les drogues. En effet, outre le vapotage, la chicha et le tabac à mâcher sont aussi interdits. Le tabac classique (cigarettes) est désormais interdit au moins de 21 ans sous peine d’une amende de 300 SGD (environ 200 €).

 

 

 

 

Une évolution préoccupante malgré la réglementation à Singapour

Après une accalmie suite à ces mesures, la pratique de la cigarette électronique est repartie de plus belle ces dernières années. De janvier 2024 à mars 2025, 17.900 personnes ont été interpellées pour usage ou possession de cigarettes électroniques, contre 7.800 pour l’année 2023 et environ 1.000 en 2020. 

De plus, les contrevenants sont de plus en plus jeunes. De 2022 à 2024, en moyenne 3100 élèves d’écoles primaires et secondaires ont été pris en possession de cigarette électronique. La moitié des utilisateurs de cigarettes électroniques ont moins de 25 ans. Il est vrai que les vendeurs ciblent particulièrement cette population plus vulnérable.

Or, contrairement à ce que prétendent certains, la cigarette électronique n’est pas inoffensive. Dès que le liquide utilisé contient de la nicotine, elle a le même effet addictif et nocif que la cigarette. De plus, d’autres produits encore plus nocifs ou addictifs peuvent être ajoutés dans le liquide, parfois à l’insu des consommateurs. Le plus répandu aujourd’hui est l’étomidate, un hypnotique intraveineux utilisé pour l'induction de l'anesthésie générale et l'intubation d'urgence. Ce produit addictif, destiné à être utilisé sous contrôle médical, peut causer des troubles respiratoires ou circulatoires, des épisodes de psychose, et des mouvements anormaux. C’est d’ailleurs ce dernier point qui a permis d’identifier des étudiants adeptes de cigarettes électroniques. L’analyse de liquides saisis chez des contrevenants a révélé la présence d’autres drogues comme le cannabis.

 

 

Matériel saisi chez un garçon de 16 ans (© HSA)
Matériel saisi chez un garçon de 16 ans (© HSA)

 

 

Pour les étrangers, la première infraction ne se traduira que par une amende et par la confiscation du matériel.

 

 

De nouvelles mesures pour enrayer cette évolution

Depuis le 1er septembre 2025, les peines frappant les adeptes de la cigarette électronique ont été renforcées. Pour la première infraction, les amendes sont désormais de 500 SGD pour les moins de 18 ans et 700 SGD au-delà. La deuxième infraction conduit les contrevenants en centre de réhabilitation pour trois mois, et la troisième, devant les tribunaux. Quant aux importateurs, distributeurs et vendeurs de cigarettes électroniques, ils encourent jusqu'à 20 ans de prison. Pour les utilisateurs d'etomidate, c’est en plus le centre de réhabilitation pour 6 mois dès la première infraction, et des séjours plus longs avec tests de drogue réguliers, en cas de récidive.

Pour les étrangers, la première infraction ne se traduira que par une amende et par la confiscation du matériel. Mais en cas de récidive, leur titre de séjour peut être révoqué et ils peuvent même être expulsés sans possibilité de revenir à Singapour, particulièrement s’il apparaît qu’ils utilisent de l’étomidate.

 

Rappelons que Singapour n’est pas le seul pays à interdire la cigarette électronique

 

La police aux frontières a été renforcée de 700 fonctionnaires pour effectuer plus de contrôles relatifs aux cigarettes électroniques. Par ailleurs, la HSA (Health Science Authority) a mobilisé 10000 agents pour faire des contrôles aléatoires à l’intérieur du pays, dans les rues ou les transports publics. Entre le 18 août et le 29 septembre 2025, 60 contrevenants ont été ainsi identifiés. Des campagnes d’information ont été lancées dans les établissements d’enseignement, qui se sont aussi vus équipés de tests salivaires pour détecter la présence de nicotine. La HSA a mis en place un programme pour ceux qui veulent arrêter la cigarette électronique. Elle a aussi mis en place un formulaire en ligne pour signaler les cas de vapotage. Elle a aussi renforcé la lutte contre la publicité pour la cigarette électronique sur les réseaux sociaux, qui explique pour une grande part l’engouement pour cette pratique.

 

 

Renforcement des contrôles aux frontières (© Straits Times)
Renforcement des contrôles aux frontières (© Straits Times)

 

 

Il vaut mieux éviter d’arriver à Singapour avec des cigarettes électroniques. Mais si c’est le cas, déclarez-les à l’arrivée. Elles vous seront confisquées, mais vous éviterez des ennuis. Rappelons que Singapour n’est pas le seul pays à interdire la cigarette électronique. Il en est notamment de même en Thaïlande, au Vietnam, et à Brunei.

 

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