Jeudi 2 juillet 2020
Singapour
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Le LFS change de nom - International French School (IFS)

Par Laurence Huret | Publié le 09/01/2020 à 14:30 | Mis à jour le 09/01/2020 à 16:19
Photo : @LFS
International French School (IFS)

Entretien avec Christian Soulard, Proviseur du Lycée Français de Singapour et Pierre Chanteclair Président du Conseil exécutif. Installé à Singapour depuis plus de 50 ans, le Lycée Français de Singapour s’internationalise avec une ouverture aux autres communautés, à l’image du réseau de 522 établissements de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE), auquel  il appartient et avec lequel il a renouvelé sa convention fin 2018. Cela se concrétisera le 5 février 2020 par un changement de nom et un changement d’identité visuelle, suite au vote des parents d’élèves lors de l’Assemblée Générale de juin dernier. 

 

Lepetitjournal.com : Dans quel contexte s’inscrit l’internationalisation du LFS ?

Pierre Chanteclair Président du Conseil exécutif
Pierre Chanteclair Président du Conseil exécutif @LFS

 

Christian Soulard et Pierre Chanteclair : Longtemps, l’image de ce lycée a été celle d’une bulle franco-française : priorité était donnée aux enfants Français, en raison du manque de place et des listes d’attente. Aujourd’hui, avec plus de 67 nationalités représentées, le Lycée Français de Singapour est une école ouverte sur le monde. L'école compte plus de 2900 élèves, dont 35% d'élèves binationaux et non-français. Cette tendance est de plus en plus marquée ; depuis septembre 2019, 15% des nouveaux élèves ont un profil international (non-français) contre 10% des élèves qui étaient déjà présents à l'école. 

Comment cette internationalisation se met-elle en place ?

Christian Soulard, Proviseur
Christian Soulard, Proviseur @LFS

 

Grâce à la qualité du curriculum français et au professionnalisme des équipes pédagogiques, les diplômés de l’Etablissement obtiennent depuis plusieurs années un taux de réussite de 100% au baccalauréat et accèdent aux meilleurs établissements d’enseignement supérieur à l’international. 50% des diplômés partent étudier en France et 50% dans d’autres pays tels que le le Royaume Uni, le Canada, la Suisse ou Singapour. C’est une structure avec un budget d’environ 65 millions de dollars singapour de revenus et près de 400 salariés.

Un accueil spécifique a été mis en place pour les familles internationales. Une personne en charge de l'accueil des familles non-francophones et un dispositif éducatif personnalisé pour les enfants non-francophones jusqu'à l'âge de 12 ans afin de favoriser leur bonne intégration dans le système français.

Les élèves sont exposés au minimum à 3 ou 4 langues: L'anglais, le mandarin et le français pour tous les élèves du primaire et la possibilité de choisir l'espagnol ou l'allemand au secondaire. Un nouveau programme Atelier langue Maternelle lancé en 2019 permet aux élèves de langue maternelle italienne, espagnole et chinoise de pratiquer et développer leurs connaissances dans leurs langues. Et plus de 50% des élèves suivent le curriculum Bilingue anglais - français à parité horaire (primaire) ou la section Internationale au secondaire.

International French School (IFS).
@LFS

Quels sont les fondamentaux sur lesquels se fonde la stratégie du futur IFS (International French School) pour les années à venir ?

Une réflexion a été menée par le Conseil exécutif et les équipes pédagogiques pour réfléchir à la vision de l’établissement. Ils sont arrivés à 5 piliers forts :

1- Priorité au curriculum français : Le lycée ne prépare pas à l’IB, plus cher et plus concurrentiel.

2- Diversité : Ouverture sur les autres communautés, plus de mixité culturelle et d’origines dans la cour d’école.

3- Bilinguisme : 50% des élèves suivent un cursus bilingue, au primaire comme au secondaire. Succès pérenne de l’événement SIMUN. Activités extra scolaires en langues maternelles.

4- Bon rapport qualité prix : L’école doit rester accessible financièrement, pour les familles c’est un point clé. L’augmentation des frais de scolarité s’aligne sur l’inflation, depuis 3 ans elles sont à 1 ,5%.

5- Inclusive : Une école d’excellence, mais pas sélective, ouverte aussi aux enfants en difficulté, que l’établissement se doit d’accompagner.

Ces 5 piliers, cette volonté de s’ouvrir davantage sur l’international, cette nouvelle dénomination de l’établissement répondent par anticipation à l’objectif défini par le Président Macron, de doubler le nombre d’apprenants en français à l’étranger d’ici 2030.

 

magazine n°14 L'éducation à Singapour LepetitjournalReprise de l'article paru dans le magazine Singapour n°14 (Nov 2019 – Avril 2020)

dont le dossier central était : « L’éducation à Singapour ».

Laurence Huret

Laurence Huret

Co-Directrice de l'édition. Avocate de formation, Laurence multiplie les engagements auprès de la communauté française à Singapour : Elue Conseillère consulaire, elle est membre du CA de l’Alliance française et du Conseil d’établissement du Lycée français
9 Commentaire (s)Réagir
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Gabave ven 03/04/2020 - 04:55

Une honte sans nom... Une hypocrisie regne dans ce lycee et il y a un mepris de la direction envers eleves et professeurs. Quelle honte !

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aubinsingapour lun 13/01/2020 - 06:41

A Singapour tout le monde sait très bien que le Lycée Français est une école internationale, il n'est pas nécessaire de changer son nom pour le faire savoir. Le changement de nom aura nécessité une dépense d'argent qui aurait pu être utilisé sur d'autres postes, plus d'enseignant(e)s, plus de surveillant(e)s qui font défauts au LFS. Le changement de nom aura mobilisé du temps, de l’énergie qui aurait du être utilisé pour améliorer l'emploi du temps des élèves, certaines classes du collège ont trop de temps mort dans la journée ce qui allonge le temps passé dans l'école.

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Michel V sam 11/01/2020 - 02:41

Cette hypocrisie est juste aberrante... 1 - Le succès de cette école, ainsi que de tous les autres établissement AEFE est principalement du a un tarif bien plus bas que les autres écoles dites "internationales". 2 - La soit disant ouverture de cet établissement sur le monde "réel" reflète en fait la volonté commerciale très concrète de l'AEFE, qui souhaite constamment augmenter le nombre des ces élèves a travers le monde au détriment de élèves Français ou Francophone qui se voient de plus en plus noyé, et ralentis dans les programmes, par des élèves non Francophone. Pour conclure, j'aimerais aussi répondre au directeur de cet établissement, si mon post est accepté malgré mon avis différent de la ligne du petit journal, que cette bulle Franco/Française dont il parle est ce que beaucoup de parents vivant hors de France recherchent. Si nous voulons de l'international nous avons déja tout le choix voulus en vivant à l’étranger, entre les écoles locales, Britannique, Américaine, Allemande, Japonaise, Coréenne etc... Mettre un enfant dans une école AEFE devrait lui apporter un cadre non seulement éducatif mais aussi culturel qui soit proche de la France, qu'il puisse développer une connaissance et compréhension de nos modes de fonctionnement au delà des cours de mathématique ou d'histoires, pour se sentir moins distant ou déraciné lors de leur retour au pays.

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FRANCK BOILEAU ven 10/01/2020 - 09:27

et les cours de français sont en anglais ? ou peut-être en fran-anglais le new franch...ridicule

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Laurent PETIT ven 10/01/2020 - 03:41

Bonjour, article interessant mais je suis surpris de lire : "Le lycée ne prépare pas à l’IB, plus cher et plus concurrentiel". Il serait bon que Monsieur le proviseur et ses chers professeurs passent un peu plus temps a decouvrir le systeme IB plutot qu'a le critiquer. "Plus cher" certes mais quand on voit la difference de moyens dont disposent les eleves pour travailler et l'implication des professeurs c'est vraiment justifie (pourquoi vouloir toujours un nivellement par le bas ???). "Plus concurrentiel" : je trouve le terme particulierement inadapte, le programme IB est surtout plus exigeant et demande beaucoup de travail personnel mais est-ce un defaut ou est-ce un formidable moyen de mieux preparer les enfants au monde professionnel. La seule bonne nouvelle est de savoir que l'enseignement francais poursuit son internationalisation...

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