Dimanche 5 décembre 2021
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Exposition Yoko Choi : Comment se libérer de ses angoisses pour trouver le bonheur ?

Par Séverine Gil | Publié le 18/10/2021 à 17:30 | Mis à jour le 19/10/2021 à 10:31
Photo : Yoko Choi - Artiste peintre - Photo: Art Porters Gallery
portrait d'une femme asiatique

Quitter son pays pour l’inconnu est toujours une épreuve, même si c’est un choix voulu et désiré. Il faut sadapter à un nouvel environnement, y trouver sa place, essayer d’être heureux. De son départ de Hong Kong à la découverte de Singapour, Yoko Choi nous explique à travers ses peintures, comment elle a réussi à surmonter ses peurs et ses réticences. En peignant, l’artiste va s’interroger sur elle-même, d’où elle vient, quel sera son avenir. Elle va s’oublier puis se retrouver. Peindre, c’est sa thérapie. Chez Art Porters Gallery, jusqu’au 7 novembre, ne ratez pas cette occasion unique de découvrir et partager ce cheminement très personnel qui a donné naissance à des œuvres vibrantes d’une grande sensibilité.

 

Ce jour-là, il pleut. Le taxi me dépose devant Art Porters Gallery, la rue est calme. Malgré les gouttes d’eau qui furtivement me balayent le visage, j’entends un oiseau chanter. Je pousse la porte de la galerie et je pressens que le moment va être unique. Melvin se lève pour m’accueillir, s’approche de moi alors que je suis déjà happée dans la perspective de l’une des toiles. Et doucement, il commence à me raconter …

 

Le commencement du voyage deviendra nostalgie

 

tableau dans une galerie
Tableau Nostalgia en 2021 - Yoko Choi - Photo: Art Porters Gallery

 

Yoko Choi est née à Hong Kong. Le tableau devant lequel je me tiens est une vue de la ville, ses buildings et ses petites maisons les unes contre les autres, les unes sur les autres. Une œuvre figurative qui représente le paysage urbain de Hong Kong. Pas d’émotions, il s’agit juste d’un souvenir précis de la ville de naissance de l’artiste. Au départ, un point sur du papier de riz puis de nombreux points et traits se multiplient, au marker d’épaisseurs différentes, noirs principalement.

Architecte de formation, elle utilise ses connaissances graphiques pour réaliser les premiers tableaux de cette exposition, puis petit à petit sa peinture va devenir abstraite.

 

Le déracinement nous oblige à ouvrir notre esprit

 

tableau abstrait
Tableau Flight 1 en 2016 - Yoko Choi - Photo: Art Porters Gallery

 

L’artiste entre dans un processus de méditation. Elle cherche de nouvelles perspectives pour se rassurer face à l’inconnu. Ces tableaux nous invitent aussi à nous interroger sur nous-même face au déracinement. Ils nous poussent à nous identifier à l’artiste, à nous impliquer dans ce parcours. Yoko Choi nous emmène dans son voyage introspectif. Sa transition de Hong Kong à Singapour va durer 2 ans, de 2014 à 2016. Elle va chercher des aspérités à aimer, pour mieux s’aimer également. Comme un ange, avec bienveillance, sans à priori elle survole sa nouvelle ville, sa nouvelle vie. Elle vole encore et encore pour essayer de se connecter à ce nouveau pays qui lui est étranger. Elle veut le connaitre, le comprendre.

 

L’art est thérapeutique

 

tableau abstrait
Silverage en 2018 - Yoko Choi - Photo: Art Porters Gallery

 

Ces tableaux sont devenus total abstraction. Elle regarde maintenant complètement en elle. L’artiste est au cœur de son parcours méditatif.

Elle se concentre sur des petits détails pour soublier plus facilement.

Par exemple, elle va choisir le bleu pour ne penser qu’au bleu. Elle peint selon des process et ne veut donner aucune signification à ses créations. Elle laisse aller seul ses marqueurs sur les toiles. Pour voir où lemmène son subconscient, sans interruption ou distraction, elle commence et achève chaque toile dans un même temps, sans arrêt, sans reprise. Elle explore son subconscient.

Son art est thérapeutique parce qu’il n’est que répétitions. L’espace de création est sécurisant. Répéter un geste, une technique, un mouvement, permet de supprimer le stress et langoisse. En effet, il n’y a pas d’inconnu dans la répétition.

 

La liberté est le début d’un nouveau chemin

 

galeriste devant son exposition
Melvin de Art Porters Gallery à côté des tableaux Dance et Beginning de Yoko Choi

 

Yoko Choi est au début de sa nouvelle vie. L’artiste a vidé son esprit, elle peut regarder son avenir avec clarté. Elle ne fait plus aucune comparaison entre Hong Kong et Singapour.

Elle veut vivre dans le présent, être libre, libre de danser …

Singapour est maintenant sa nouvelle maison.

 

Yoko Choi a choisi de se reconnecter avec elle-même. Sa thérapie à travers son art ne l’a pas seulement aidé à changer de lieu de vie, elle a aussi trouvé de nouvelles perspectives pour elle-même. Peu importe finalement les pays concernés, ce voyage lui a permis de mieux se connaître, se retrouver, se sentir mieux, en paix.

Actuellement, l’artiste est aussi au service d’organisations caritatives locales et d'institutions éducatives en tant qu’art-thérapeute et éducateur artistique.

La vie n’est finalement qu’un changement constant. Le titre de l’exposition « Journeys » est d’ailleurs conjugué au pluriel.

Aujourd’hui à travers son tableau « Silverage », Yoko Choi confirme qu’elle est en train de vivre l’un des meilleurs moments de sa vie. Un jour, elle vivra le « Goldenage », un chapitre qu’elle a peut-être déjà ouvert en ajoutant des pigments de couleurs à certains de ses premiers tableaux ?

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Séverine Gil

Après avoir démarré sa carrière en agence de conseil en communication, Séverine a travaillé pendant 15 ans avec des fabricants et éditeurs de mobilier design. Entrepreneur, passionnée d’art et d’architecture, elle vit depuis 2019 à Singapour.
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