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Thian Hock Keng : Le temple chinois le plus fascinant de Singapour cache une histoire méconnue

Avec 75% de sa population d’origine chinoise, il n’est pas étonnant que Singapour compte plus d’un millier de temples chinois, relatifs aux religions traditionnellement pratiquées en Chine. S’ils ont quelques éléments communs, ils présentent aussi une grande diversité dans leur apparence, leur architecture et les cultes qui y sont pratiqués. Lepetitjournal.com vous donne quelques clés pour décrypter ce monde parfois déconcertant. Cet article est un prélude à une série d’articles présentant les temples les plus intéressants de Singapour.

La cour et le bâtiment principal de Thian Hock KengLa cour et le bâtiment principal de Thian Hock Keng
La cour et le bâtiment principal de Thian Hock Keng - © Jean-Michel Bardin
Écrit par Jean-Michel Bardin
Publié le 14 octobre 2026, mis à jour le 22 octobre 2026

 

Pourquoi visiter le temple Thian Hock Keng à Singapour ?

Achevé en 1842, Thian Hock Keng (« le palais du bonheur céleste ») est l’un des plus anciens temples chinois de Singapour. Il est emblématique à plus d’un titre. Son ancienneté en fait un témoignage fidèle de l’architecture la plus traditionnelle du Sud de la Chine. Il comporte même deux pagodes. Construit par et pour la communauté Hokkien, la plus importante de Singapour, il a aussi été fréquenté par les autres communautés chinoises. Bien que théoriquement taoïste, ce temple abrite tout le panthéon des religions chinoises, du bouddhisme au confucianisme, en passant par le culte des ancêtres, des dieux locaux, et de ceux de la nature, dans la grande tradition syncrétique chinoise. C’est un des deux seuls temples de Singapour à avoir reçu une plaque de l’avant-dernier empereur de Chine, Guang Xu, en 1907. Celle-ci signifie « eaux calmes dans les mers du Sud ».

Le temple est géré par l’association clanique Hokkien (Hokkien Huay Kuan), qui a été fondée en 1840 dans le temple même, qui a depuis créé plusieurs écoles, et dont le siège est l’immeuble moderne de 8 étages situé juste en face du temple. Si le temple n’abrite plus d’école aujourd’hui, il organise encore parfois des spectacles. Déclaré monument national en 1973, le temple a été restauré en profondeur au tournant du millénaire.

 

 

La plaque envoyée par l’empereur Guan Xu (© Roots)
La plaque envoyée par l’empereur Guan Xu (© Roots)

 

Le temple suit scrupuleusement les règles de l’architecture traditionnelle du Sud de la Chine, avec son axe de symétrie, sa structure en bois, sa cour intérieure, ses toits en tuiles vernissées relevés. D’ailleurs, tous ses matériaux sont venus de Chine, ainsi que les artisans qui l’ont construit.

 

 

La porte de sortie du temple (© Jean-Michel Bardin)
La porte de sortie du temple (© Jean-Michel Bardin)

 

 

Qui sont les divinités vénérées au temple Thian Hock Keng ?

Dans l’axe principal du temple, se trouvent trois bâtiments. Le hall d’entrée comporte cinq portes ornées de leurs gardiens (vous retourner pour les voir quand elles sont ouvertes). Des fourneaux destinés à brûler des offrandes ornent la cour principale qui suit. La décoration de la toiture est assez simple : des dragons, symboles de puissance et de justice, situés aux extrémités des toits, visent à la perfection symbolisée par la perle flamboyante trônant au milieu du toit.

Le bâtiment principal situé au milieu du temple abrite ses trois principales divinités. Au centre trône Mazu, la déesse de la mer, vénérée par tous les immigrants comme la protectrice des voyageurs. Mais elle est aussi reconnue comme reine du Ciel. A sa droite, se tient Guan Yu, un général chinois du 3ème siècle, plus tard divinisé comme dieu de la guerre, mais aussi dieu du commerce favorisant la richesse et protégeant la droiture. De l’autre côté, se tient Bao Sheng, médecin du 10ème siècle, devenu dieu de la médecine, invoqué pour les problèmes de santé.

 

Autel principal (© Chinatownology)
Autel principal (© Chinatownology)

 

 

En ressortant du hall, prenez la porte de gauche dans la cour pour faire le tour des divers autels. Le premier est consacré à Qie Lan Pu Sa, qui est le même général Guan Yu converti au Bouddhisme et devenu gardien des temples, des enseignements bouddhistes, et de ceux qui les suivent. Le second est consacré à Confucius, le philosophe chinois du 5ème siècle avant JC, dont les préceptes visant à une société harmonieuse ont imbibé la culture chinoise jusqu’à aujourd’hui. 

 

Autels de l’aile Est (© Jean-Michel Bardin)
Autels de l’aile Est (© Jean-Michel Bardin)

 

 

Vous trouverez ensuite une pièce tapissée de tables ancestrales. Au coin du temple, il y avait à l’origine un puits dont les fidèles buvaient l’eau pour se maintenir en bonne santé. Le puits, depuis scellé, sert maintenant de réceptacle de donations. 

 

Tables ancestrales (© Jean-Michel Bardin)
Tables ancestrales (© Jean-Michel Bardin)

 

En poursuivant le tour du hall principal, on arrive au hall secondaire qui abrite trois divinités : au centre Guan Yin, la déesse bouddhiste de la compassion, qui, au seuil du Nirvana, a préféré retourner sur terre pour aider ses semblables, à sa droite Tai Yang Ging, le dieu Soleil, à sa gauche Yue Gong Niang Niang, la déesse Lune.

 

Autel du hall secondaire (© Flickr)
Autel du hall secondaire (© Flickr)

 

En continuant le tour on arrive à une seconde pièce de tables ancestrales, puis deux autels. Le premier est consacré à Kai Zhang, réputé pour avoir développé une ville dans la province de Fujian, d’où venaient beaucoup d’immigrés, en améliorant le niveau de vie de ses habitants. Le second montre Cheng Huang, dieu protecteur des citadins, entourés de deux généraux menaçants, chargés de mener les criminels aux juges des enfers.

 

Autels de l’aile Ouest (© Jean-Michel Bardin)
Autels de l’aile Ouest (© Jean-Michel Bardin)

 

Après ces efforts et ces émotions, une boisson ou un encas peut être le bienvenu. Dans la cour située à gauche du temple principal, un café offre des spécialités locales dans un cadre rétro. Vous pourrez y admirer une pagode octogonale de trois étages.

 

La pagode orientale (© Jean-Michel Bardin)
La pagode orientale (© Jean-Michel Bardin)

 

 

 

Où se trouve le temple Thian Hock Keng ?

Le temple est situé au 158 Telok Ayer Street, rue qui marquait le bord de mer à l’époque de sa construction, comme l’indique son nom (« Telok Ayer » signifie « la baie de l’eau » en malais). Il est ouvert tous les jours de 7h30 à 17h00 et son accès est gratuit. Il devient particulièrement vivant lors des anniversaires des divinités qui y sont vénérées :

  • Confucius : 27ème jour du 8ème mois lunaire (7 octobre en 2026)
  • Déesse de la compassion : 19ème jour des 2ème, 6ème, et 9ème mois lunaire (1er août et 28 octobre en 2026, et 26 mars 2027)
  • Bao Sheng : 15ème jour du 3ème mois lunaire (21 avril en 2027)
  • Guan Di : 13ème jour du 5ème mois lunaire (17 juin en 2027)

Le plan ci-après vous aide à vous y retrouver dans votre visite. Nous vous conseillons de commencer par le bâtiment principal, puis de tourner autour dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour voir les divers autels et les tables ancestrales, aller ensuite visiter le temple mitoyen du Céleste Empereur de Jade, qui fera l’objet d’un autre article, pour finir par un rafraîchissement au café.

 

La pagode orientale (© Jean-Michel Bardin)

 

 

 


FAQ : visiter le temple Thian Hock Keng

Quel est le plus ancien temple chinois de Singapour ?

Thian Hock Keng figure parmi les plus anciens temples chinois de Singapour. Achevé en 1842, il est aujourd'hui classé monument national.

Où se trouve le temple Thian Hock Keng ?

Le temple est situé au 158 Telok Ayer Street, dans le quartier historique de Chinatown.

Peut-on visiter gratuitement le temple Thian Hock Keng ?

Oui, l'entrée est gratuite tous les jours.

Quelle divinité est honorée au temple Thian Hock Keng ?

Le temple est principalement consacré à Mazu, déesse de la mer et protectrice des voyageurs.

 

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