Samedi 15 mai 2021
Singapour
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Anne Gabrielle Callf : " le regard du spectateur finalise l'oeuvre"

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 12/11/2017 à 14:07 | Mis à jour le 15/11/2017 à 07:05
Photo : Réunion, Anne-Gabrielle Callf
Réunion, Anne-Gabrielle Callf

 

L’édition d’Automne de l’Affordable Art Fair ouvre ses portes du 17 au 19 novembre au F1 Pit Building. Cette édition de la foire mettra l'accent sur les œuvres des nouveaux médias, telles que la vidéo et les installations numériques, ainsi qu'une installation #Spotlight pour les artistes qui exposent pour la première fois à la foire.

L'intérêt de la foire, qui a débuté à Londres en 1999, est que 75 % de ses œuvres sont vendues à un prix inférieur à 7 500 dollars. Elle se tient à Singapour depuis 2010.

L'édition de novembre 2016 a attiré 12 000 amateurs d'art.

Cependant, cette hausse constante de la fréquentation cache une baisse en chiffres d’Affaires des galeries représentées. Pour s’adapter à ce marché, la foire qui proposait deux éditions par an ici depuis 2014, sera réduite à une seule édition dès novembre de l'année prochaine.

 

Plus de 500 artistes singapouriens et étrangers issus de plus de 65 galeries seront à l'affiche. Les œuvres d'art couvrent différents genres, y compris la peinture, la sculpture et la photographie. Et parmi ces artistes, nous avons rencontre Anne-Gabrielle CALLF, artiste française qui travaille avec une touche asiatique.

 

Anne Gabrielle Callf
Anne Gabrielle Callf, artiste 

 

Anne Gabrielle CALLF, artiste française à Singapour qui expose pour la 1ère fois dans cette foire

 

Que signifie pour vous être présente à une foire telle que l’Affordable Art Fair ?

Je peins depuis 15 ans maintenant. Mon parcours est assez singulier. Jusqu’à présent, je n’avais pas de galérie, je réalisais mes peintures au gré de mes inspirations en souhaitant toujours me confronter au regard du public, à travers d’expositions collectives ou personnelles.

Participer à une foire d’art signifie avant tout, la possibilité de montrer mes peintures. Ce qui est très important pour moi car je fais un travail assez solitaire toute l’année, enfermée dans mon atelier !

Je pense que le regard du spectateur vient finaliser un processus de création, en général on ne peint pas juste pour soi. Si en montrant ma peinture on prend du plaisir à la regarder tout en s’évadant du quotidien, le tour est joué !

Par ailleurs, des lieux comme cette foire, permet de rencontrer d’autres artistes et des professionnels. C’est un moment festif et assez bon enfant, avec une équipe qui m’entoure qui est formidable. J’ai vraiment hâte !

Lavender Street
Lavender Street 

 

D’où venez-vous ? Quel a été votre parcours ?

J’ai un parcours d’architecte d’intérieur et de peintre-décoratrice. A Paris, je fais l’atelier de Sèvres et puis, je suis partie me former en Belgique à la Ven der Kelen painting school. Lors de cette formation, j’ai appris les patines, l’ornementation, les différents enduits. Le métier de peintre-décorateur est très physique, on manipule de nombreux produits pour créer la matière et les effets voulus.

Lors de ma 1ère expatriation à Singapour, en 1998, J’ai continué mon travail de Peintre-décoratrice avec grand plaisir. Par exemple, pour le salon Clarins, j’ai réalisé de faux ciels. A mon retour en France, j’ai commencé à peindre des toiles mais toujours avec cette idée de matière, d’enduits, de texture, de pigments ; celle qui guidait au quotidien ma pratique

Et puis, en 2012, nous nous sommes installés de nouveau en Asie, à Shanghaï et je me suis passionnée par les différents papiers que je trouvais. J’ai commencé à collecter du papier, des journaux, des magazines pour les aspects graphiques, esthétiques, les motifs qu’ils m’offraient. Et j’ai mis en scène ce papier dans mes peintures. Je suis tombée sur des calendriers des années 20 qui m’ont beaucoup inspirés. En 2016, nous sommes revenus à Singapour, mon stock de papier s’est épuisé.

 

La matière et les motifs sont en effet intimement liés dans vos peintures. Que souhaitez-vous exprimer ?

Cette mise en scène autour du papier est aussi pour moi, une façon de montrer l’éphémère. J’aime cette matière pour la fragilité qu’elle sous-entend. C’est aussi une trace de notre mémoire. En l’occurrence, c’est vraiment en m’installant en Asie et parcourant les marchés, les vieilles papeteries qu’est née cette envie de laisser une trace sur mes tableaux. Les matières, très brutes, donnent l'aspect d'un mur détaché sur une toile. J'aime ce mélange entre la fragilité du papier et les fonds de la peinture. 

Récemment, je m’oriente plus vers des séries abstraites où la matière a encore de l’importance. J’ai été élevée dans le sud de la France où les lumières sont resplendissantes. Ceux sont ces lumières ou du moins le sentiment qu’elles procurent que j’essaie de retranscrire aujourd’hui dans mes peintures.

Titan
Titan 

 

Affordable Art Fair du 17 au 19 novembre 2017 

F1 PIt Building, 1 republic Boulevard 

 

 

 

 

 

 

 

 

clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est spécialiste de tout ce qui touche à la culture, la société, la religion et l'innovation urbaine.
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