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PORTRAIT D’ENTREPRENEURS – Comment Manish et Pei Ying pourraient bien transformer en pépite l’energy ball des yogi

Par Bertrand Fouquoire | Publié le 06/03/2017 à 14:00 | Mis à jour le 07/03/2017 à 14:17
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C'est une aventure savoureuse que celle de Manish Arneja et Pei Ying. Lui est indien, spécialiste des Ressources Humaines. Elle est chinoise, diplômée d'un doctorat en nutrition du kings College. Laissant derrière eux le confort de la grande organisation, ils se lancent en couple dans l'entreprenariat en misant, non pas sur la technologie, mais sur la re-création, avec OLA bites, d'un produit traditionnel, bien connu des adeptes du yoga, qui n'aurait l'air de rien s'il n'avait pas tous les avantages d'un produit « sain et nutritif ».

Avec OLA Bites, vous vous lancez dans la fabrication des « energy balls ». De quoi s'agit-il ?

Manish Arneja ? Les « energy balls », boules d'énergie ou du bonheur, existent depuis longtemps. Elles constituaient traditionnellement des sources de nutrition pour les yogis. Selon les spécialistes de l'Ayurvedha, les boules à base de fruits secs sont des sources de « ojas » (energie en Hindi) pour stabiliser le corps et l'esprit. Elles sont commercialisées dans les centres fréquentés par les adeptes de la nourriture crue ou vegan.  D'une manière générale, elles sont associées à un style de vie sain. Or de plus en plus de personnes sont attentives à la qualité de ce que ce qu'elles mangent. Pour elles, les energy balls présentent l'avantage d'être riches tout en ne comportant aucun additif. Elles sont plutôt conçues comme un snack qu'on prend  lors d'exercices physiques ou en cours de journée. Nous avons choisi de conserver la forme de la boule, parce qu'elle constitue quelque chose de distinctif, par comparaison, par exemple avec les barres chocolatées ou les barres protéinées qui sont pleines d'additifs.

Que contiennent donc ces boules du bonheur ?

- Notre première variante est faite à partir d'amandes, de cranberry, de Gojiberries, de wheatgrass, de graines de tournesol et flaxseeds et de dattes sèches. Nous nous concentrons sur une seule recette au départ. A l'avenir, nous prévoyons de lancer un produit sans noix pour les enfants dans les écoles, une variante riche en protéines et une poudre composée d'un mélange de noix et graines à ajouter à un yoghurt.

En quoi ce produit constitue-t-il une innovation ?

- Notre « energy ball » sera la première du genre à être fabriquée dans un atelier à Tuas. Cela devrait nous donner un avantage sur les coûts par rapport à des produits qui sont pour la  plupart importés d'Australie, de Nouvelle Zélande ou des Etats Unis. La deuxième innovation tient à l'emballage sous vide ( nitrogen packed) qui conserve la fraicheur des ingrédients et confère à notre « energy ball » une durée de consommation d'un an. , ce Notre boule sera la première fabriquée à Singapour. L'objectif est de se concentrer sur le marché de Singapour et, par extension, sur la Malaisie et l'Indonésie.

L'enjeu est aussi de faire de l' »energy ball » un produit abordable pour une large frange de la population alors qu'il est de fait réservé actuellement à une minorité de privilégiés, et, ce faisant, d'en faire un substitut potentiel des barres chocolatées ou des gateaux secs.

Des Ressources Humaines au lancement de votre marque, le pas est important. Comment envisagez-vous ce changement professionnel ?

- En Inde, beaucoup d'indiens, dès le plus jeune âge apprennent à trouver des ressources même quand il n'y a pas de ressource.  Je pense que c'est quelque chose de mes origines dont j'ai hérité. En ce qui concerne l'entreprenariat, c'est quelque chose de passionnant. C'est un peu comme élever un enfant.

A quels types de difficultés avez-vous été confrontés ?
 
Cette petite boule n'a l'air de rien, mais sa fabrication et sa distribution impliquent tout un tas de difficultés. D'emblée, l'enjeu pour nous était de contrôler l'ensemble de la chaine pour proposer une boule authentiquement fabriquée à Singapour.  

La première difficulté concernait la fabrication. Produire ces boules coûte cher. Il a fallu trouver des machines adaptées. Cela a pris 3 mois. Nous avons dû envoyer des échantillons dans de nombreux pays, notamment en Chine. C'est finalement en Lithuanie que nous avons trouvé une solution pour concevoir une machine adaptée à nos besoins auprès d'une entreprise qui concevait des machines fabricant des appats pour les poissons.

Il faut aussi tenir compte des contraintes d'hygiène et de protection des produits, notamment dans les choix de packaging, pour que les boules du bonheur se conservent.

Enfin il a fallu identifier des circuits de distribution.  Nous avons fait le choix de ne pas passer par les circuits conventionnels et de nous concentrer sur le segment de la santé en distribuant nos produits dans les magasins de cycles, les centres de yoga et les spas de spécialité. Dans un deuxième temps nous étendrons la distribution aux écoles et universités internationales. La boule devrait être distribuée fin février dans les magasins de sport. Les clients peuvent aussi passer commande directement sur notre site www.myola.sg et bénéficier d'une offer spéciale de lancement.

Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour), lundi 6 mars 2017

www.myola.sg     
 

Bertrand Fouquoire

Bertrand Fouquoire

Co-Directeur de l'édition. Après avoir vécu 9 ans à Singapour, Bertrand est revenu en France en janvier 2017, où il a repris ses activités de coaching pour les expatriés et les conjoints et pour les jeunes adultes
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