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MODE – Franck Mesnel inaugure le comptoir Eden Park à Takashimaya

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Écrit par Cécile Brosolo
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 29 novembre 2016

Le célèbre champion de rugby et cofondateur de la marque Eden Park, Franck Mesnel, était à Singapour les 22 et 23 Novembre pour l'inauguration avec la presse du comptoir Eden Park à Takashimaya, ouvert en septembre dernier. Le point sur le déploiement à Singapour, et sur un tournant fashion et mode de cette marque iconique du lifestyle pretium à la française sans renoncer à ses origines fortement ancrées dans le rugby.

Le petit journal ? Comment définissez-vous la marque Eden Park aujourd'hui ?

Franck Mesnel ? Je pense que c'est une marque qui cultive le prestige, et qui peut devenir un des emblèmes du lifestyle à la française version homme. Quand on fait référence à la mode masculine, on parle souvent des italiens et des anglais, et on a parfois du mal à définir ce qu'est la mode masculine française. Je pense qu'il faut qu'on trouve notre style et Eden Park a une position à prendre pour défendre le style français, avec un paradoxe de ce logo rose alors que les origines sont ancrées dans un univers très masculin, voire macho.

LPJ ? Quelle définition pour ce life style et comment dessinez-vous les collections ?

FM ? Le Français est un peu décalé, il a la culture du paradoxe, il est où ne l'attend pas. Il a du charme, et une petite touche de fantaisie dans sa rigueur. Eden Park, c'est le French Flair, c'est le style de vie premium à la française.

Notre directeur artistique, Vincent Nadal, voyage beaucoup à travers le monde, au Japon, aux Etats-Unis, à Singapour ou à Hong-Kong, etc. et ramène toutes les tendances. On regarde aussi très attentivement ce qui se fait dans la mode féminine car c'est en général décliné quelques temps après dans la mode masculine. Toutes ces tendances passent ensuite au filtre de l'ADN Eden Park, pour obtenir notre ligne. 

LPJ ? Eden Park a opéré un virage dans les années 2000 vers un style plus élégant, moins centré sur le sport. Quel est le positionnement de la marque aujourd'hui et pour le futur ?

Eden Park

FM ? La marque est partie effectivement d'une origine très sport, le rugby est intimement lié à son histoire et c'est resté pendant longtemps l'image de la marque. Mais notre priorité a toujours été la qualité des vêtements et du coup de crayon. Certains produits sont devenus iconiques, comme le logo n?ud papillon rose, les boutons ovales que nous continuons à avoir sur les chemises, ou certaines inspirations qui proviennent véritablement des maillots de rugby. Mais aujourd'hui on travaille en les croisant avec les tendances actuelles, pour inventer un design unique, un produit français, qui ne cherche pas à copier ou à ressembler aux autres marques.

Nous voulons inscrire définitivement la marque dans le life style premium à la française, et nous nous détachons de ce côté un peu british qu'elle a pu avoir à un moment donné, et notamment dans la conception des boutiques. On ne verra plus par exemple les bois foncés, les cadres photo rétro en acajou, ... L'idée est de donner une vraie signature française, avec des couleurs plus claires, pour un côté plus moderne, plus créateur, dans l'air du temps. Cette tendance se traduira également dans les futures collections, qui seront résolument dans la tendance. Sans rien dévoiler, nous étudions le Liberty ou des thèmes floraux dans lesquels est inscrit de façon très subliminale, en ton sur ton, le n?ud papillon. Des collections fashion, mode et signées Eden Park.

LPJ ? Votre présence en Asie se renforce ?

FM ? Eden Park est déjà distribué en Asie à Taiwan, en Chine et à Tokyo. Le rugby japonais est en train de progresser et marche très bien ? les japonais nous ont d'ailleurs battu aux jeux olympiques ? et la coupe du monde de rugby de 2019 aura lieu au Japon. Le rugby se met en route et nous avons bien sûr une stratégie de déploiement sur l'Asie, et sur l'Asie du Sud-Est. Nous sommes présents aux Philippines, nous ouvrons aujourd'hui à Singapour, et demain à Jakarta. Tout cela se construit petit à petit, on avance pas à pas et avec patience, grâce au support de Michel Beaugier et de May Tan de M2 Management.

Eden Park Takashimaya Franck Mesnel

Eden Park - Comptoir Takashimaya

LPJ ? Comment est perçue la marque en Asie ?

FM ? Les gens font très vite le lien avec ce sport qu'ils ne connaissent pas forcément, mais qui les fascine, les intrigue, ou leur fait peur. Le logo en lui même suscite l'interrogation et la curiosité ; il est attractif. Ensuite, il faut que l'on communique beaucoup autour de la marque, qu'on explique ; et tout dépendra de cela. C'est très intéressant et et en même temps challenging.

LPJ ? Vous présentez également la collection femme en Asie?

FM ? Pour l'instant, en test, nous n'avons que la ligne masculine à Singapour. Mais l'objectif est effectivement de proposer les deux collections dans l'avenir. Nous travaillons d'ailleurs énormément en ce moment sur la ligne femme; nous préparons une véritable révolution. Pour résumer, en Europe les femmes aiment bien le rugby et les rugbymen - avec l'image caricaturale des Dieux du stade notamment - mais elles n'ont pas du tout envie de s'habiller comme eux ! On va donc changer la ligne, avec l'aide de créatrices de mode, en prenant quelques caractères discrets de notre marque de fabrique comme les petit boutons roses ovales facilement adaptables, pour transposer les valeurs, mais dans un style beaucoup plus féminin.

LPJ ? Devez-vous adapter les tailles et la collection pour l'Asie ?

FM ? Jusqu'à présent, on adaptait les tailles. Nous avons la possibilité de descendre fortement en taille et de satisfaire le marché asiatique. Mais il y a tout de même aussi des modifications plus profondes nécessaires au niveau des coupes, car les morphologies sont différentes, et en particulier au niveau des pantalons. Nous atteignons maintenant un nombre suffisant d'implantations en Asie pour travailler sur des lignes adaptées, non seulement en termes de tailles et de coupes, mais également de style ou de couleurs pour le marché asiatique ? en conservant le rose bien sûr ! La marque a un ADN tellement fort qu'on peut se permettre de faire des adaptations locales sans dénaturer notre identité.

LPJ ? Le rugby à Singapour ?

FM ? Le rugby n'est pas encore très présent à Singapour, contrairement au Japon, mais le renouvellement du tournoi « Rugby 7s » à Singapour est déjà un très bon signe. Le rugby à 7 est pour moi un sport d'avenir. Il correspond vraiment à cette philosophie qu'on avait au Racing, avec cette culture du French Flair et d'un jeu assez aéré.

Nous serons présent sur le tournoi, notamment en tant que partenaires des équipes de France, Angleterre, Italie, Pays de Galles et Irlande. Nous sommes fournisseurs de la « tenue numéro 1 » c'est-à-dire pantalon, blaser, chemise. La tenue chic ! Les autres tenues sont gérées par les équipementiers sportifs. On essaye d'être présent en tant qu'annonceur sur le stade, et de faire venir les joueurs pour un événement Eden Park pendant le tournoi. A suivre !

 

Propos recueillis par Cécile Brosolo (www.lepetitjournal.com/singapour), Mercredi 30 novembre 2016.

 

Pour en savoir plus sur l'histoire de la marque au papillon rose, voir notre précédent article : FRANCK MESNEL- L'effet papillon, du rugby à Eden Park

 

 

 

 

 

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