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Des fermes de poissons « verticales » en test à Singapour

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 11/09/2017 à 11:22 | Mis à jour le 19/09/2017 à 01:51
Photo : projection d'une ferme de poissons insérée dans un milieu urbain, (c) Surbana Jurong Limited
fishery, ferme agricole verticale

Après les fermes agricoles verticales, les fermes en container, un nouveau concept de ferme urbaine est en voie de réalisation : les fermes de poissons « verticales » ou en étages, implantées au cœur de la ville. Toujours dans l’idée de gagner de la place et de développer une offre de nourriture urbaine, autonome au plus proche du consommateur. 

Une exposition à l’Urban Redevelopment Authorithy (URAGrowing more with less, présente les principales innovations dans le domaine agricole, qui ont été conceptualisées, testées et mises en œuvre à Singapour et à travers le monde. 

A la  convergence de la technologie, de l'ingénierie, et de l'agriculture,  ces projets ont jeté les bases d'une transformation et de l’existence même de l’agriculture en milieu urbain.  Par exemple, il est possible aujourd’hui de cultiver des légumes sans sol et avec moins d'eau et de travail que dans l’agriculture traditionnelle. L’exemple de la start-up Agricool en France qui propose de cultiver des fraises en container en ville est assez emblématique de ce mouvement : produire dans un petit espace au plus proche du consommateur. A Singapour, peut-être un peu plus qu’ailleurs, du fait d’un territoire réduit, les enjeux sont plus importants. Dans la cité-Etat, en 2016, la consommation de légumes a représenté 90 800 tonnes, celle de poissons 48 500 tonnes. La production de légumes a été de 11 335 tonnes  sur 110 hectares de terre et 4 850 tonnes sur 24 hectares de terre et une production off-shore. 

Ces nouvelles fermes sembleraient être pour Singapour une solution combinant l’utilisation de l’espace urbain, la maitrise de sa  sécurité alimentaire et la réduction de la consommation d’eau, même si pour l’instant, ce type de structures n’offre que de la possibilité de production anecdotique.  Elles sont aussi emblématiques des ambitions de Singapour dans ce domaine d’innovation. 

« Imaginez l'élevage de poissons comestibles dans des fermes parsemées dans l'environnement urbain, par exemple dans les parcs, sur les toits inutilisés et autres espaces communautaires. Cela peut devenir une réalité bientôt ».

 L’entreprise Surbana Jurong, propriété de Temasek Holdings, commence de cette façon « lyrique » sa présentation sur son nouveau concept, les Floating ponds. Elle a mis 4 ans pour développer l'idée d’une ferme à poissons « verticale »,  avec Apollo Aquaculture Group, qui possède déjà une ferme prototype de trois étages qui produit aujourd’hui 110 tonnes de poisson par an.

L’architecture de cette nouvelle ferme en étage est conçue pour être autonome en énergie, consommer moins d’eau et permettre d’avoir des nutriments de qualité grâce à un écosystème en boucle fermée. Sur le toit, il est installé des panneaux solaires pour exploiter l'énergie, et les eaux usées riches en éléments nutritifs des réservoirs et des eaux de pluie sont canalisées être traitées. En effet, l’usage de l’eau est primordial pour ce projet. Les piscicultures traditionnelles consomment de gros volumes d'eau dans un système d'écoulement linéaire, ce qui rend le volume important à décharger dans les égouts en tant que déchets. En même temps, les nutriments résiduels essentiels sont éliminés par lavage. Dans les étages, c'est l'écoulement planifié de l'eau qui crée le moyen pour que les échanges systémiques se déroulent.

 

Schéma en circuit fermé d'une ferme verticale de poissons 

Singapour/Sans titre

 (c) Surbana Jurong Limited 

Ces fermes du futur, en utilisant de faibles ressources (terre et eau) et en restaurant le lien entre producteur et consommateur, constituent une nouvelle façon déborder la production de nourriture face à l’agriculture des dernières années, émaillée de scandales écologiques et  alimentaires. Cependant, elles interrogent peu sur notre consommation, entre autre sur le gaspillage alimentaire, la place de la viande et des poissons dans notre alimentation et bien d’autres questions liées à notre consommation de nourriture. 

clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Co-directrice éditoriale. Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est la spécialiste de tout ce qui touche à la culture, à la société et à la religion. Elle se passionne également pour les sujets liés à l'innovation urbaine.
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