

Ces 28 et 29 Novembre derniers se déroulait la première édition du festival Neon Lights à Singapour. A l'heure ou la « Dance Music » (ou EDM) est reine sur tous les continents, ce festival se démarque avec une sélection artistique beaucoup plus mature et éclectique. Pop, rock, hip-hop, musique électronique, performances artistiques, etc. Les organisateurs misaient sur la diversité et la qualité, avec des artistes connus mondialement venus faire partager leur musique, leur univers, leurs émotions.
Pari gagné haut la main pour Neon Lights qui a réussi à attirer plus de 10,000 personnes pendant ces deux jours de festival. Une très bonne nouvelle pour Singapour qui possède un nouvel évènement culturel qui s'affiche déjà comme un poids lourd sur la scène musicale régionale.
Retour en images sur cette édition 2015 de Neon Lights festival :
Il faut d'abord traverser une cascade de tissus de couleur pour accéder au site. Le festival a pris possession d'une grande colline aussi verte qu'historique, surplombant le quartier d'affaires du centre de Singapour. Fort Canning Park, où résidaient autrefois les rois malais régnant sur l'île, occupe une place centrale dans l'histoire et dans la culture de la ville depuis le XIVe siècle. Ce week-end, elle a vu l'occupation d'une foule multi-ethnique, réunie au nom de la diversité musicale.
Blackalicious, Nouvelle vague, détente et Urban Art




Verdure et musique loin des tours du centre ville. Ambiance détendue et bucolique en face de la scène principale.
En début de festival, le groupe Blackalicious présente son nouvel album : Imani (qui signifie « la foi » en Swahili). Sans tomber dans le classique « bad boys » parfois agaçant, ces bêtes de scène internationales savent animer les foules et le font voir. Chaque chanson est interactive et malgré la terrible chaleur, le publique rendra hommage a ces grand noms de la scène hip-hop californienne.
Nouvelle Vague, représentant la France durant ce festival, reçu un accueil vraiment chaleureux de la part du public. Pour la dernière chanson, le groupe demande à la foule quel titre ils voudraient entendre. Et voici la foule qui crie de toutes parts des titres de chansons. Nouvelle Vague est visiblement connu et apprécié à Singapour.
Et tandis que certains font la sieste, des artistes s'installent devant la petite scène hip-hop et commencent à peindre à la bombe sur des grands murs installés pour l'occasion. Certains graffitis sont vraiment impressionnants. C'est un plaisir de suivre l'évolution du travail de l'artiste. Les couches se superposent et livrent petit à petit leur sens.
Nile Rodgers, Damien Rice, Flights facilities et une foule de candidats à un moment de gloire éphémère




Tout le monde ne connait pas forcement de nom Nile Rodgers, ce compositeur producteur et guitariste américain. Pourtant il s'agit véritablement d'un des dieux vivant de la musique, un génie de la mélodie. Son répertoire est époustouflant. Entouré de musiciens hors pairs pour reformer le groupe Chic, on revit quarante années de succès planétaires. De l'époque disco avec des vieux tubes comme « Le Freak » (1978) jusqu'à des succès plus récents comme « Get Lucky » avec Daft Punk (2013), il s'agissait véritablement d'un concert d'exception.
Damien Rice surprend a bien des égards. On est bien loin des stars à l'américaine qui font tout en grand et gros. L'irlandais monte seul sur scène avec sa salopette et sa guitare. L'ambiance est intime. Ses paroles douces et poétique vous touchent, vous transpercent. Damien Rice nous prend la main et nous amène dans son monde, parfois triste et mélancolique. Pour sa dernière chanson, il invite deux personnes du public à monter sur scène. Et il raconte l'histoire de ces deux protagonistes : L'homme renverse la femme dans la rue, puis lui offre un verre pour s'excuser. Le chanteur ouvre sur scène une bouteille de vin et ils boivent tous les trois le premier verre d'un seul trait. Puis il raconte l'histoire de leur belle rencontre. Pour chaque verre bu dans l'histoire, un verre est aussi bu sur scène... Ils boiront ainsi deux bouteilles de vin en quelques minutes. A la fin de l'histoire, la femme rejette l'homme. Damien Rice chantera, ivre, le désespoir de cet homme qu'il incarne maintenant dans les rues pluvieuses de Dublin. Vous imaginez bien que le public de Singapour n'en cru pas ses yeux...
Une scène était dédiée aux improvisations et à la poésie. L'ensemble des candidats, à grande majorité singapourienne, avait quelques minutes sur scène pour convaincre. La salle était comble à chaque fois (les mauvaise langue diront que c'était pour la climatisation...). Quatre juges donnaient des notes à la suite de chaque prestations.
Un dôme avait été érigé pour des représentations artistiques. Accompagnées d'une musique expérimentale et de jeux de lumières, les performances interpelaient le jeune public singapourien. Des personnages cagoulés s'attachaient des éléphants roses sur le corps, jetaient des disques de métal sur le sol ou encore demandaient gracieusement à des personnes du public de simuler des étranglements. Beaucoup arrivaient en plein milieu de la prestation. Le message de la lutte contre la consommation et le capitalisme n'a peut être pas été assimilé par tous !
Le festival se clôtura sur une grande performance du duo australien Flight Facilities. Entre Pop et électro, reprenant par moment des titres connus de tous, la foule compacte se laissa porter. Vers la fin du concert, il se mit a pleuvoir des cordes. La grande majorité de la foule continua a danser. La pluie ne faisait qu'ajouter un peu plus de fun pour la clôture de ce festival vraiment réussi.

Guillaume de Maquille (www.lepetitjournal.com/singapour) lundi 14 décembre 2015
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