En Chine, l’intelligence artificielle s’intègre rapidement au système de santé. Des plateformes numériques de consultation aux hôpitaux expérimentaux pilotés par des agents virtuels, les « médecins IA » sont désormais utilisés pour le triage, le conseil médical de premier niveau et l’assistance au diagnostic. Explications


Un déploiement soutenu par les politiques
Le développement des médecins virtuels s’inscrit dans la stratégie nationale chinoise de soutien à l’intelligence artificielle. Les autorités encouragent l’intégration de ces technologies dans les hôpitaux publics, le développement de plateformes de consultation en ligne et l’expérimentation de solutions numériques dans la formation des professionnels de santé.
Aujourd’hui, la Chine figure parmi les pays où l’intégration opérationnelle de l’intelligence artificielle au sein du système hospitalier est la plus avancée, que ce soit à travers des applications mobiles, des plateformes de triage automatisé ou des structures expérimentales entièrement virtuelles.
Des plateformes IA recommandées
Selon une enquête publiée sur TradingView, menée auprès de 500 médecins exerçant dans des hôpitaux chinois de premier plan, plus de 70 % des praticiens interrogés recommandent à leurs patients l’utilisation de services de « médecins IA » pour des questions de santé courantes ou pour la gestion quotidienne du bien-être.
Parmi les services cités figure la plateforme AQ, développée par Ant Group. Cette application propose des réponses automatisées à des questions médicales, met à disposition des outils d’auto-évaluation des symptômes et oriente les patients vers des spécialistes lorsque cela est nécessaire. Elle s’appuie sur des bases de données médicales et sur des modèles d’intelligence artificielle entraînés à partir de nombreux cas cliniques. Actuellement plus de 1000 médecins chinois y ont créé leur double et à Shanghai, un obstréticien virtuel traite déjà 160.000 patients.
Concrètement, ces outils sont utilisés pour traiter des consultations simples, assurer le suivi de maladies chroniques, aider à l’interprétation de résultats d’examens et guider les patients vers l’établissement de santé le plus adapté à leur situation.
Un hôpital expérimental piloté par l’IA
En 2024, l’Université Tsinghua à Pékin a présenté un projet d’hôpital virtuel intégralement basé sur l’intelligence artificielle, connu sous le nom d’« Agent Hospital ».
Ce système repose sur des dizaines de médecins et d’infirmiers virtuels capables de simuler des consultations, d’établir des diagnostics et de proposer des protocoles de traitement. Selon les chercheurs impliqués dans le projet, ces agents IA peuvent traiter des milliers de cas simulés en quelques jours et couvrent une vingtaine de spécialités médicales. Les performances annoncées atteignent environ 93 % de précision sur certains ensembles de données cliniques utilisés lors des tests internes.
L’objectif affiché est d’accélérer la formation médicale grâce à la simulation numérique et de tester les capacités de l’intelligence artificielle dans un environnement contrôlé.
Ping An Health et les avatars de médecins
D’autres groupes technologiques développent des solutions similaires. Ping An Health a ainsi lancé des avatars numériques de médecins reconnus, capables de répondre aux questions des patients via des interfaces en ligne accessibles sur smartphone ou ordinateur.
Ces systèmes permettent d’organiser des consultations à distance, de formuler des recommandations personnalisées et d’offrir un accès continu à un service de conseil médical. La télémédecine assistée par intelligence artificielle est particulièrement développée dans les grandes métropoles comme Shanghai, Pékin ou Shenzhen, où l’offre numérique complète les infrastructures hospitalières existantes.
La médecine traditionnelle également concernée
À Shanghai, des praticiens de médecine traditionnelle chinoise intègrent également des outils d’intelligence artificielle pour analyser les symptômes et structurer leurs diagnostics. Les technologies numériques sont utilisées pour standardiser les dossiers médicaux, exploiter des bases de données cliniques historiques et assister les praticiens dans l’élaboration de prescriptions.
Plusieurs reportages ont par ailleurs mis en lumière l’intérêt croissant des seniors chinois pour ces outils numériques de santé, qu’ils utilisent pour le suivi quotidien de leur état de santé et pour la prévention.
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