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Huanglong : cap sur la vallée du Dragon jaune au Sichuan

À moins de deux heures de train de Chengdu, la vallée de Huanglong aligne des milliers de bassins turquoise à plus de 3 000 mètres d’altitude. Ce site classé au patrimoine mondial se visite en une journée, à condition de bien préparer trajet, billets et acclimatation. Derrière le décor se cache aussi le mythe d’un dragon qui aida Yu le Grand à dompter les eaux.

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Écrit par François Tricon
Publié le 3 novembre 2026

Le 28 juillet 2026, une cloche a résonné à près de 3 600 mètres d’altitude. Sur l’esplanade du temple ancien de Huanglong, dans le nord du Sichuan, s’achevait la fête du temple, trois jours de rites et de musique. Brodeuses qiang, peintres de thangka tibétains et maîtres du papier découpé hui y ont partagé leurs savoir-faire. Le dernier jour, pèlerins et visiteurs ont dansé ensemble en cercle.

Ce rendez-vous estival tombe au cœur de la meilleure saison. Les bassins sont alors pleins et leurs couleurs à leur apogée. Longtemps isolé au bout de routes de montagne, le site se rejoint désormais en une journée depuis les grandes métropoles chinoises.

 

Rejoindre Huanglong depuis Chengdu, Pékin ou Shanghai

Chengdu reste la porte d’entrée naturelle. Depuis fin août 2024, la ligne ferroviaire Chengdu-Xining relie Chengdu Est à la gare de Huanglong Jiuzhai. Les trains les plus rapides mettent 1 h 39, la plupart un peu plus de deux heures. Le billet en seconde classe coûte environ 130 yuans. À la sortie de la gare, des navettes rejoignent l’entrée du site en une quarantaine de minutes, pour une trentaine de yuans. En été et pendant les congés d’octobre, mieux vaut réserver plusieurs jours à l’avance.

Depuis Pékin, Air China assure en saison un vol direct vers l’aéroport de Jiuzhai Huanglong en 2 h 40 environ. Perché à 3 400 mètres, il se trouve à une cinquantaine de kilomètres du site. L’autre option passe par Chengdu, à trois heures d’avion ou sept à huit heures de train à grande vitesse.

Depuis Shanghai, le plus simple consiste à s’envoler pour Chengdu, en trois heures environ, puis à prendre le train le lendemain matin. Quelques vols directs vers Jiuzhai Huanglong existent selon les saisons. Par le rail, il faut compter environ onze heures jusqu’à Chengdu. Dans tous les cas, une nuit sur place s’impose. Le bourg de Chuanzhusi et la vieille ville de Songpan offrent l’hébergement le plus pratique et permettent de s’habituer à l’altitude.

 

Sur place : billets, téléphérique et paysages

L’entrée se fait uniquement sur réservation nominative en ligne, dans la limite de 25 000 visiteurs par jour. En haute saison, le billet coûte 170 yuans. Il tombe à 60 yuans en hiver, lorsque le téléphérique est à l’arrêt. Il faut ajouter 80 yuans pour la montée en téléphérique, 40 pour la descente, et une vingtaine de yuans pour la navette électrique qui prolonge l’ascension. Le budget tourne donc autour de 270 yuans par personne.

La formule la plus répandue consiste à monter en téléphérique puis à redescendre à pied, soit trois à quatre heures sur des passerelles de bois. La balade commence par le clou du site, les Étangs aux cinq couleurs, près de 700 vasques turquoise adossées au temple ancien. La descente dévoile ensuite l’étang des Beautés rivales, l’étang Miroir et les bassins Bonsaï. À mi-parcours, le Tapis de sable doré déroule sur plus d’un kilomètre une coulée de calcaire ondulée comme des écailles. Des cascades ponctuent la fin du parcours, jusqu’à l’étang d’Accueil.

Ces bassins naissent d’une eau chargée de calcaire descendue du Xuebaoding, sommet de 5 588 mètres. En perdant son gaz carbonique à l’air libre, elle dépose de minces digues qui retiennent l’eau. Algues et lumière font le reste. L’UNESCO, qui a inscrit le site en 1992, classe ces terrasses parmi les trois plus remarquables au monde.

 

Un dragon au service de Yu le Grand

Huanglong signifie « dragon jaune ». Vue d’en haut, la coulée de travertin serpente sur 3,6 kilomètres, comme l’échine dorée d’une créature endormie. La légende lui prête un rôle précis. Lorsque Yu le Grand, héros fondateur de la maîtrise des eaux, remontait le Minjiang pour en contenir les crues, un dragon jaune aurait porté sa barque à travers les rapides. Sa tâche accomplie, il se serait retiré dans ces montagnes pour y atteindre l’immortalité.

Le temple ancien, édifié sous les Ming, l’honore dans la tradition taoïste sous le nom de Huanglong Zhenren. Plus bas, le temple du milieu porte l’empreinte des cultes tibétains. Chaque été, la fête du temple perpétue ce culte partagé par les Tibétains, les Qiang, les Hui et les Han. Ici, l’eau n’est pas un décor. C’est une puissance que l’on remercie.

 

Quand partir et comment ménager le site

La saison des hautes eaux, de juin à septembre, offre les couleurs les plus intenses. En octobre, les forêts virent au rouge et à l’or, mais la foule culmine pendant la semaine des congés nationaux. L’hiver transforme la vallée en décor de glace, avec certaines zones fermées. En toute saison, l’altitude impose de marcher lentement, de bien s’hydrater et d’emporter une veste chaude.

Le visiteur a aussi un rôle à jouer. Plusieurs études ont mesuré un net recul du dépôt de travertin depuis les années 1990, en partie lié aux phosphates issus de la fréquentation. Rester sur les passerelles et ne rien laisser derrière soi aide ce paysage vivant à continuer de se construire.

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