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NATALITÉ - Un plan chinois loin du compte

Par Le Vent de la Chine | Publié le 20/05/2019 à 20:32 | Mis à jour le 20/05/2019 à 20:43
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A l’occasion de la fête des Mères en Chine (12 mai), le site de recrutement Zhaopin (招聘publiait son sondage annuel mené auprès de 8739 femmes.

51,1% des interrogées excluaient de devenir maman une seconde fois. 41% d’entre elles sont plus nuancées : elles désirent donner un petit frère ou une petite sœur à leur ainé, mais avouent « ne pas oser ».

La première raison évoquée (84,6% des réponses) est le coût engendré par l’éducation d’un enfant : à Shanghai, jusqu’à 250.000 yuans annuels pour l’école et les cours particuliers sont nécessaires pour être compétitif dès le plus jeune âge. Doubler la mise pour un deuxième bambin est donc hors de leur portée.

Les deux autres craintes sont celles du frein à leur carrière (59,2%), et de la peur de ne trouver personne pour s’occuper de leur progéniture avant l’entrée en maternelle à l’âge de 3 ans (59,1%). Les parents ne peuvent plus autant compter sur les grands-parents : ils habitent trop loin, ils sont trop vieux, ou estiment avoir déjà fait leur part ! De plus, les crèches publiques sont en nombre insuffisant, et les places dans le privé trop chères.

Après avoir connu un pic de naissances à 17,86 millions en 2016, l’annonce de l’abolition de la politique de l’enfant unique cette année-là semble avoir agi tel un contraceptif sur les couples. En effet, depuis trois ans, le nombre de naissances ne cesse de chuter : de 17,23 millions en 2017 à seulement 15,23 millions en 2018. Selon Zhu Qin, professeur à l’université de Fudan, le taux de fertilité serait de 1,54 (le même que la Suisse). Pour enrayer ce lent déclin, le gouvernement n’a pas osé supprimer complètement le planning familial, mais a porté à deux le nombre maximal d’enfants par couple.

Pour relancer la natalité et ainsi corriger le déséquilibre démographique, le Conseil d’Etat dévoilait le 9 mai différentes mesures, structurées en trois niveaux.

D’abord, un cadre législatif sera mis au point au niveau national. Désormais, tous les services de garde d’enfants et crèches, à but lucratif ou non, doivent s’enregistrer auprès des autorités. Après que divers scandales de maltraitance, abus sexuels et accès de violence aient secoué le pays, il leur a déjà été défendu de lever des fonds en bourse. La ville de Pékin elle, a interdit qu’un encadrant reste seul avec un enfant et exige la présence d’un vigile au minimum par établissement. L’utilisation de caméras de surveillance reliées à internet est évoquée dans le nouveau plan pour rassurer les parents. Et pour pallier la pénurie de personnel qualifié, instituts de formation et universités devront proposer des cursus spécialisés dans la petite enfance.

Les gouvernements locaux devront encourager et subventionner la création de crèches et de garderies, publiques, privées ou de financements mixtes. Leur construction ne devra plus seulement avoir lieu dans des zones résidentielles mais aussi dans les quartiers d’affaires pour faciliter la transition entre vie professionnelle et familiale.

Les employeurs eux, devront respecter les congés parentaux et leur durée, et permettre à leurs employés ayant des enfants en bas âge de moduler leurs horaires de travail. Surtout, les entreprises sont appelées à créer des garderies au sein même de leurs locaux – et pourquoi pas accessibles aux enfants du quartier.

Or, on est loin du compte : selon Zhaopin, seulement 8,22% des entreprises disposent d’une crèche en interne, et 40% des jeunes mamans n’osent prendre la totalité de leur congé maternité de peur d’en payer le prix professionnellement (se faire remplacer ou se voir refuser une promotion).

Finalement, ce nouveau plan manque de mesures concrètes et d’incitatifs pour réconcilier la Chine avec les berceaux, et ne donne pas de solution à la cause première de refus des parents d’enfanter : le poids financier. Il semble donc enterrer, ou remettre à plus tard, l’instauration de subventions, sous forme d’allocations familiales par exemple, les seules capables de répondre aux réticences des familles.

Par Jeanne Gloanec

 

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