Édition internationale

MA COPINE CHINOISE – Entre rêves et désillusions

Écrit par Le Petit Journal Shanghai
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 25 mars 2015

Par Lydie Helmy

Assise à une terrasse au soleil dans le quartier de Xintiandi, j'attends ma copine chinoise. Elle veut me montrer sa nouvelle coiffure. Si j'ai bien compris, elle devrait avoir les cheveux un peu moins longs et des mèches mauves?

J'aperçois au milieu de la foule une silhouette longiligne, perchée sur des talons scintillants, enveloppée d'un long gilet de coton fin avec une capuche à oreilles d'ours. C'est elle ! C'est ma copine chinoise !

J'ai appris à ma copine chinoise comment faire la bise. Au début, elle était un peu gênée par tant de promiscuité, à présent elle adore ça. Elle fait même des "mouah, mouah" pour simuler le bruit des bisous sur la joue. Elle s'installe en face de moi et commande un capuccino au serveur qui est laowai. "Il est vraiment très mignon !", me dit-elle en anglais. Je regarde alors attentivement le garçon qui est un blond au nez fort. J'acquiesce pour ne pas la contrarier.

Ma copine chinoise en terrasse (Crédit photo LH)

Ma copine chinoise termine sa ou ses conversations sur WeChat avant de pouvoir commencer la nôtre, dans la R.L .(Real Life). Pendant ce temps, j'observe son apparence du jour. Ses cheveux ont été coupés asymétriquement, et quelques mèches mauves créent des reflets sous la lumière de l'après-midi. Cette nouvelle coiffure est plutôt jolie. Mon regard est maintenant attiré vers un autre détail : le grain de sa peau. Quel est le secret d'un grain aussi fin, sans imperfections apparentes ? Tiens, elle s'est fait mettre des longs cils. Elle pourra faire les yeux doux plus facilement qu'avant.

Son cappuccino arrive. Elle lève le nez de son smartphone et jette un ?il sur la boisson. Un c?ur est dessiné sur la mousse. C'est sûr, c'est un clin d'?il du serveur ! Elle le remercie de son plus beau regard de biche. Elle prend en photo le capuccino, poste la photo sur WeChat, puis range le téléphone dans son sac. Elle se tourne vers moi. A nous deux ! Elle me montre ses cheveux, me dit que c'est tout à fait ce qu'elle voulait. Elle trouve que cette coiffure ressemble à l'une de celles de Sophie Marceau. Je ne vois pas vraiment à quelle époque ou dans quel film. Passons?  

Ma copine chinoise sur son smartphone (Crédit photo LH)

Je lui demande comment elle va. Elle entre dans un mutisme de plusieurs secondes, puis me confie que ses parents lui ont arrangé des rendez-vous avec des jeunes hommes respectables pour que "enfin, [elle] se marie, parce que d'ici quelques années, [elle] sera complètement fanée". Je n'aperçois pour l'instant pas l'ombre d'une ride sur sa peau fraiche. La période de l'enfance parait encore assez proche, malgré ses trente ans. La dernière rencontre a eu lieu hier soir. L'homme portait des lunettes à verres épais et souhaitait qu'après la naissance de leur enfant, elle reste au foyer. Impensable de se marier avec un tel être, et pour les deux raisons qui se valent autant l'une que l'autre !

Ma copine chinoise est

manager dans un groupe français et rêve de travailler à Paris. Elle ne connaît pour l'instant que le Paris des cartes postales et ne sait dire dans la langue de Molière que : "Voulez-vous coucher avec moi ?". Je ne suis pas certaine qu'elle connaisse la signification de la phrase de la célèbre chanson?

Ma copine chinoise parle de se ses rêves (CP : LH)

L'ombre d'amertume semble déjà loin car ma copine chinoise propose de commander deux verres de vin pour fêter sa nouvelle coiffure. Je ne m'y connais pas mieux qu'elle en matière d'?nologie. Elle choisit alors le vin le plus cher, qui doit être le meilleur?

Notre laowai dépose deux verres à pied sur la table. Cette fois-ci pas de signe amoureux. Ma copine chinoise se met à douter un instant des intentions du serveur? Elle se ressaisit, nous trinquons et dégustons le vin qui n'est ma foi pas trop mal. Après quelques gorgées, ma copine chinoise est rouge écarlate et sent sa tête tourner. Elle me dit qu'elle va rentrer. De toute façon, ses parents l'attendent pour le dîner. Je l'embrasse tendrement et l'aide à arrêter un taxi. Le verre de vin a été dévastateur. Ma copine chinoise n'est décidément pas prête à vivre à Paris !

Lydie Helmy lepetitjournal.com/shanghai Jeudi 26 mars 2015

Le Petit Journal Shanghai
Publié le 26 mars 2015, mis à jour le 25 mars 2015
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