Édition internationale

Catherine Chinchiroca, Corée du Sud & Taiwan “agir au plus près des réalités locales”

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste de la circonscription « Corée du Sud, Taiwan ». Catherine Chinchiroca se présente pour la liste Action France Corée du Sud et Taiwan (AFCT). Entretien.

Catherine ChinchirocaCatherine Chinchiroca
Écrit par La Rédaction
Publié le 19 mai 2026

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Je m’appelle Catherine Chinchiroca et je suis conseillère des Français de l’étranger sortante pour la circonscription Corée du Sud–Taïwan. Franco-bolivienne et d’origine autochtone aymara, j’ai grandi dans le Val-de-Marne dans un environnement multiculturel qui a fortement marqué mon parcours et mon engagement.

Installée à Séoul depuis plus de 11 ans, je suis arrivée en Corée avec un visa vacances-travail avant d’y poursuivre mes études puis d’y construire ma vie professionnelle. Après un parcours en journalisme et en droit à Paris, je me suis spécialisée sur la Corée à l’INALCO, puis j’ai obtenu un master en études internationales à Hanyang University. Je travaille aujourd’hui dans le secteur technologique et du jeu vidéo au sein d’une entreprise coréenne tournée vers l’international.

Mon engagement public a débuté bien avant mon mandat. J’ai siégé pendant quatre ans au Conseil des résidents étrangers de la ville de Séoul et je suis depuis plus de deux ans mentor dans un programme d’intégration du ministère de la Justice coréen. J’ai également effectué près de deux ans de bénévolat au bureau de l’immigration sud-coréen, accompagnant des étrangers dans leurs démarches et leur intégration. En 2024, j’ai été nommée citoyenne d’honneur de Séoul.

En mai 2025, j’ai repris les fonctions de conseillère des Français de l’étranger pour la circonscription Corée du Sud–Taïwan, dans la continuité de la liste apartisane menée en 2021 par Coralie Yuan.

 

 

liste consulaire séoul

 

 

Que représente pour vous la mission de conseiller des Français de l’étranger ?

Être conseillère des Français de l’étranger, c’est avant tout être un relais de proximité, utile dans le quotidien.

Nous accompagnons les Français dans des moments clés de leur vie à l’étranger : études, emploi, famille, démarches administratives, sécurité ou situations d’urgence. Nous faisons aussi le lien avec les institutions françaises, notamment au sein des conseils consulaires.

Mais ce rôle prend tout son sens à travers les situations humaines que nous rencontrons.

Je pense par exemple à cette famille franco-coréenne dont le mari est atteint d’Alzheimer. Son épouse m’avait sollicitée pour une démarche administrative complexe et ne pouvait pas se déplacer. Je me suis rendue à leur domicile, à plus de trois heures de trajet, pour les accompagner et les rassurer.

Ou encore cette Française en visite à Séoul, victime d’un accident et hospitalisée en urgence. Sa mère, en France, m’a contactée et j’ai assuré le lien avec l’hôpital ainsi que le suivi de la situation.

En Corée du Sud, la communauté compte environ 5 400 Français inscrits, mais plus de 150 000 visiteurs chaque année, ce qui implique des situations très diverses, parfois urgentes.

À Taïwan, la communauté française est en forte croissance, portée par les secteurs technologiques et universitaires. Les besoins y sont très concrets : fiscalité, sécurité, statut local et accompagnement administratif.

Depuis le début de mon mandat, je privilégie une présence régulière sur le terrain, y compris en dehors des grandes villes : Taipei (deux fois), Tainan, Busan, Asan, Kaohsiung, Hualien et Séoul.

 

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

Cette liste est née d’un engagement de long terme auprès des Français de Corée du Sud et de Taïwan.

Elle s’est construite autour d’un collectif issu du terrain, composé de personnes engagées depuis plusieurs années dans la vie associative et locale. Avec mon mari, Grégory Defraize, président de l’UFE Corée, nous partageons cet engagement depuis longtemps.

J’ai pris la tête de cette liste, mais elle repose sur une équipe de six Français installés durablement dans la région, issus de secteurs variés : éducation, entrepreneuriat, restauration, technologie, tourisme et logistique.

Nous partageons une même volonté : agir sans étiquette politique, au plus près des réalités locales.

Notre communauté a profondément évolué ces dernières années : davantage de jeunes actifs, d’étudiants et de familles binationales, avec des besoins très concrets liés à l’installation, l’information, la protection sociale et la lutte contre l’isolement.

Notre approche est donc indépendante, pragmatique et centrée sur le terrain.

 

 

liste consulaire séoul

 

Pourquoi est-il important de participer aux élections consulaires ?

Ces élections permettent d’assurer une représentation de proximité, au plus près des réalités vécues par les Français de l’étranger.

Les Conseillers des Français de l’étranger interviennent sur des sujets très concrets : bourses scolaires, aides sociales, sécurité, accompagnement des familles, soutien associatif ou accès aux services consulaires.

Dans des contextes comme la Corée du Sud et Taïwan, deux territoires dynamiques mais aux besoins différents, cette représentation est essentielle.

Une forte participation garantit une représentation plus large et plus fidèle de la diversité des Français. À l’inverse, une faible mobilisation limite le renouvellement démocratique et réduit la diversité des profils élus.

Au-delà du vote, il est aussi essentiel de mieux faire connaître le rôle des conseillers et de renforcer l’inscription au registre consulaire afin d’améliorer la participation.

 

 

Quel est le principal défi pour les Français de votre circonscription ?

Le principal défi est celui de l’intégration et de l’accompagnement humain dans une région en pleine évolution.

En Corée du Sud, la communauté est jeune et mobile, avec des besoins liés à l’installation, aux démarches administratives, à la scolarité et parfois à l’isolement hors des grandes villes. Le pays attire de plus en plus de Français grâce à son dynamisme culturel et économique, mais cela s’accompagne aussi de réalités plus difficiles : pression sociale, coût de la vie élevé ou précarité étudiante.

À Taïwan, la communauté est plus stable, avec des enjeux liés à la santé, à la protection sociale et aux démarches du quotidien. Sa croissance rapide, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle et de la recherche, crée de nouveaux besoins d’information et d’accompagnement.

Les questions de santé mentale sont également de plus en plus présentes, notamment chez les jeunes expatriés confrontés à la solitude ou à la pression professionnelle. S’ajoutent à cela des enjeux de sécurité et d’accompagnement des situations sensibles.

Enfin, notre région évolue dans un contexte géopolitique particulier, qui peut générer des inquiétudes.

Face à cela, je défends une approche très concrète : renforcer les permanences locales, améliorer l’accès à l’information, soutenir les associations et aller à la rencontre des Français là où ils vivent. 

 

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