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Le caladium, petite plante brésilienne au destin mondial

Par Céline Crespy | Publié le 06/03/2021 à 13:17 | Mis à jour le 06/03/2021 à 13:35
caladium brésil

Plante ornementale d’intérieur mondialement connue et très prisée, le caladium doit sa renommée à ses feuilles aux couleurs et formes multiples. De l’Amazonie aux palais thaïlandais en passant par la Floride et l’Expo universelle de Paris, remonter l’histoire de cette plante au feuillage atypique nous emmène sur plusieurs continents.

S’il est aujourd’hui connu et même cultivé dans le monde entier, le caladium est originaire des forêts brésiliennes. C’est en tout cas là-bas que le naturaliste français Philibert Commerson l’a découvert en 1767, puis ramené en France où elle a suscité l’intérêt des botanistes pendant près d’un siècle.

En 1857, Antoine Chantin, horticulteur parisien, avait en sa possession 8 tubercules de caladium différents, provenant des bords de l’Amazone, qui ont chacun donné une plante dont les feuilles étaient maculées de manière diverse. C’est avec lui qu’a débuté la commercialisation de cette plante en France.

Le caladium a agité la curiosité des botanistes du Vieux Continent pendant plusieurs décennies. Le débat portait sur la variété du caladium à l’origine de l’espèce. Certains soutenaient que comme le premier caladium découvert était bicolore, il était logique que ce type de plante soit à l’origine de l’espèce. D’autres pensaient que le premier caladium aurait pu être complètement vert puis s’hybrider naturellement, donnant ainsi lieu à des variations de couleurs.

Exposition universelle de Paris

Dans les années 1860, Alfred Bleu, pharmacien de profession et horticulteur amateur, a mené différences expériences d’hybridation artificielle qui ont donné naissance à de nouvelles variétés dont certaines sont encore cultivées et vendues aujourd’hui, notamment le « caladium candidum ».

L’Exposition universelle de 1867 a mis en lumière le savoir-faire français en matière d’hybridation et fait exploser la notoriété du caladium en Europe. C’est donc grâce aux Français que cette plante brésilienne a connu son heure de gloire.

Les années 1900 ont malheureusement marqué le déclin du caladium au fur et à mesure que les horticulteurs se sont mis à privilégier des plantes plus locales moins coûteuses à produire et à entretenir que les plantes tropicales qui nécessitaient une culture sous serre.

Retour sur le continent américain.

La succes story du caladium ne s’est néanmoins pas arrêtée là. La plante multicolore a une nouvelle fois traversé l’Atlantique pour susciter l’engouement du docteur Henry Nehrling qui en a développé la culture et les hybridations en Amérique du nord en s’inspirant des travaux de l’allemand Adolph Lietze connu à Rio de Janeiro comme « le roi du caladium ».

Adolph Lietze a en effet mis à contribution le climat chaud et humide de la métropole brésilienne pour développer et améliorer les meilleures variétés créées en France par Alfred Bleu. Le docteur Henry Nehrling s’est de son côté associé à  Theodore Mead, horticulteur avec lequel ils ont créé de nouvelles variétés plus petites et donc plus facilement cultivables en pots et jardinières. C’est à ses deux compères que l’on doit le festival du caladium qui se tient chaque année à Lake Placid, en Floride.

Pendant ce temps-là en Asie…

Parallèlement à son succès sur les continents européen et américain, le caladium a également connu des jours glorieux en Thaïlande mais de manière tout à fait secrète. La plante aurait été introduite sous le règne du roi Rama V au milieu du XIXe siècle, c’est-à-dire à la même période que son âge d’or sur le continent européen. Durant plusieurs années, la culture et l’hybridation de caladium étaient réservées à la famille royale avant de s’étendre à l’aristocratie jusqu’à la démocratisation de cette plante par le biais de l’association thaïlandaise du caladium fondée en 1981 par le général Poj Boonyjinda.

Le caladium est de nos jours extrêmement populaire en Thaïlande, de même que dans d’autres pays d’Asie tels que l’Indonésie, les Philippines et la Malaisie. Les variétés thaïlandaises sont d’ailleurs les plus prisées aujourd’hui sur le marché international en raison de leurs couleurs intenses et originales.

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Céline Crespy

Lyonnaise d’origine sicilienne, photographe, professionnelle de la communication, amoureuse de la langue portugaise et des cultures lusophones. Rédactrice de la rubrique économie du magazine Cap Mag.
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