Edgar Degas et Sofia Borges : dialogue franco-brésilien au MASP

Par Anne Pouzargues | Publié le 18/06/2021 à 00:13 | Mis à jour le 18/06/2021 à 00:50
Photo : Anne Pouzargues
Exposition Degas au MASP

Le Musée d’Art de São Paulo (MASP) propose jusqu’au mois d’août une exposition qui met en relation les célèbres statues des danseuses de Degas et leur réinterprétation, en photo, par l’artiste brésilienne Sofia Borges.

C’est La Petite danseuse de quatorze ans, l’une des pièces les plus célèbres du sculpteur français Edgar Degas, qui nous accueille lorsque nous passons les portes de l’exposition temporaire actuellement proposée par le MASP. Une statue que nous avons tous déjà vu, au moins en image, mais aussi peut-être, pour certains, en vrai, ailleurs dans le monde : il en existe en effet vingt-neuf moulages, qui sont exposés dans plusieurs grands musées du monde entier, comme le Musée d’Orsay à Paris ou le MoMA à New York.

Mais la célèbre petite danseuse du MASP n’est pas présentée toute seule. Derrière elle, on est surpris par une photographie représentant son visage en plan serré sur un fond noir – une sorte de dédoublement, qui donne à cette sculpture bien connue une nouvelle dimension, un nouveau relief.
C’est le parti pris de l’exposition qui a lieu actuellement au MASP, jusqu’au 1er août 2021 : mettre en relation les statues en bronze de Degas avec les photographies que l’artiste brésilienne Sofia Borges a pris de ces mêmes statues. Borges est une artiste paulista, qui partage son temps entre São Paulo et Paris. Les photos exposées ici ont été préparées tout spécialement pour mettre en valeur la collection des statues de Degas du MASP, qui n’avait pas été exposée depuis quatorze ans.

Exposition Degas au MASP
Photo : Anne Pouzargues

Histoires de la danse

Le mariage entre les photographies de Borges et les sculptures de Degas se fait parfaitement. On passe d’une vitrine à un tableau avec plaisir, d’autant qu’il y a une vraie communication entre les œuvres, et elles s’apportent beaucoup mutuellement.
En effet, à part La Petite danseuse, qui est à échelle humaine, les autres sculptures de la collection du MASP sont de petits modèles. A l’inverse, les photographies de Borges sont en grande majorité des gros plans, des zooms, qui permettent de faire ressortir les détails et les expressions des sculptures. Le grand donne une autre dimension au petit, le petit au grand. De plus, à l’inverse des sculptures, les photographies sont des œuvres en deux dimensions : le choix de l’angle témoigne donc nécessairement d’un parti pris, celui d’insister sur telle ou telle partie de l’œuvre, telle ou telle partie du visage, et donc de mettre en valeur certaines émotions.
C’est aussi un dialogue entre les époques qui s’établit, puisque près de 150 ans séparent la création des sculptures de celle des photographies. Lorsque cette statue avait été révélée, en 1880, le réalisme des traits avait choqué l’opinion. Alors, que penserait le public de l’époque, s’il voyait ces mêmes visages en gros plan, témoignant de la douleur et de l’effort demandés par la discipline artistique de haut niveau ?
Et puis, pour nous, francophones du Brésil, l’exposition du MASP est aussi un petit clin d’œil aux liens entre nos deux cultures, qui produit une fois de plus de jolies créations.

Cette exposition se tient dans le cadre du programme annuel du MASP, qui a cette année pour thème Histórias da dança.

 

Museu de Arte de São Paulo. Avenida Paulista 1578. Ouvert du mardi au dimanche. Gratuit le mardi.

Horaires (évolutifs selon les règles sanitaires en vigueur) et tarifs sur le site du MASP.

Exposition Degas au MASP
Photo : Anne Pouzargues

 

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Anne Pouzargues

Anne Pouzargues

Journaliste indépendante et souvent en vadrouille. Passion voyages en train, musiques traditionnelles, forêt amazonienne, açaï et tambaqui
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