C’est le 04 juin dernier, à 19h, à l’Institut de France dans le quartier de Las Condes, que les curieux ont pu découvrir les œuvres de Michel Taverne. Entre céramiques et peintures murales, l’artiste français, et chilien d’adoption, nous emmène au-dessus des nuages, là où il y a de l’espace, là où il y a de l’air. Les œuvres sont exposées à l’Institut de France jusqu’au jeudi 02 juillet 2026.


De la Marne à Santiago du Chili
Tel un labyrinthe, les différentes pièces de l’Institut de France sont agrémentées des œuvres de l’univers sensible de l’artiste français Michel Taverne. Les lignes, les matières et les couleurs s’entrechoquent pour donner un résultat hypnotisant et léger. Mais avant d’arriver à cet imaginaire là, tout commence pour Michel Taverne dans le Grand-Est à Reims. Depuis sa plus tendre jeunesse, tout le prédestiné à cette carrière d’artiste. L’école ce n’est clairement pas fait pour lui. Ce qui pouvait être vu comme un problème pour certains a finalement été une chance pour lui et c’est ce que ses parents ont compris : « Être mauvais élève m’a permis de sortir du chemin classique », explique l’artiste français. C’est tout naturellement alors qu’il se dirige vers des études artistiques. Pendant 6 années, il étudie à l'École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d'Art Olivier de Serres à Paris, dans le 15éme arrondissement, dont une année en spécialisation en Art Mural. Il passe ensuite un concours, il le réussit : aussi simple que ça. Il enchaîne donc à l'École Normale Supérieure d'Enseignement Technique. Il devient alors professeur d’art appliqué et de design à Tours au Lycée Choiseul dans la section F12 Arts Appliqués pendant 6 ans.

En plus de son amour pour l’art, Michel Taverne tombe sous le charme de Leonor, chilienne de naissance, lors d’une soirée entre amis à Paris. Elle apprend le français, il apprend l’espagnol et ils décident de vivre leur amour entre la France et le Chili. Ils se sont installés à Santiago, il y a maintenant une dizaine d’années, où il a pu enseigner à l'Université Diego Portales et à l'École des Arts Appliqués Oficios del Fuego. Il poursuit donc son travail artistique et pédagogique au Chili et se nourrit de sa culture et de ses paysages pour créer des œuvres à l’intersection de la France et du Chili. L’exposition « De l’air ! » a été confectionné intrinsèquement à cette histoire. Aujourd’hui à la retraite, il continue à exprimer son imaginaire à travers son art.
Des oeuvres qui prennent vie entre le Chili et la France
L’exposition disponible pendant près d’un mois est composée d’une quinzaine de pièces. Quarante minutes permettent de faire le tour sans se presser et de prendre le temps d’observer chaque œuvre une à une. Mais il aura fallu à l’artiste franco-chilien deux ans de travail pour obtenir cet enchaînement de peintures murales et de céramiques. L’objectif n’est pas de vendre ses œuvres mais plutôt de les partager. « De l’air ! », c’est le titre qu’il a choisi pour rentrer dans son univers artistique. « J’ai besoin de respirer et je respire avec l’art », précise Michel Taverne. Claustrophobe, l’artiste multicasquette a besoin d’ouvrir les fenêtres, et c’est par là qu’il échappe à l’enfermement physique et mental. « Par l’art, je combat ma claustrophobie », ajoute-t-il.

Parmi les pièces de l’exposition, il y a une majorité de peintures murales, résultant d’une technique mixte. Peinture acrylique, aquarelle, pastel, gouaches, crayons de couleur se croisent et se recroisent sur le papier pour obtenir des oeuvres uniques. Les autres pièces qui agrémentent cette exposition sont les céramiques Raku, issues d’une technique traditionnelle japonaise de céramique. Durant des vacances dans les gorges du Tarn, à la vue d’un rocher montagneux illuminé par le soleil, une idée surgit : « Je veux faire de la céramique ». À partir du moment où l’idée a germé dans son esprit, la labeur de l’apprentissage fut entamée, surtout pour se perfectionner dans les techniques de « tournage ». Ayant déjà appris la céramique lors de ses études, le perfectionnement de cette technique du « tournage » a duré deux bonnes années. De couleurs et de formes variées, Michel Taverne nous emmène, à travers ses œuvres dans un univers sensible où l’imaginaire travaille et nous élève au-dessus des nuages, dans l’air !
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