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« Face à face » à Santiago : la pièce de théâtre au message de résilience

Pour clôturer le Festival de la Francophonie, un comédien français, Jean-Michel Servant, et un comédien chilien, Enrique Lihn, se sont donnés la réplique au Teatro Imagen le jeudi 23 avril 2026. « Face à Face », une pièce en français, écrite par l’auteur chilien Pablo Téodoro Poblète-Cassua, résonne fortement avec le monde d’aujourd’hui.

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« © 2026 BOSCO Justine » De g. à d. : Jaime Maldonado, Andrea Lihn, Gabi Swett, Jean Michel Servant, Elsa Poblete, Enrique Lihn à la fin de la représentation de « Face à Face ».
Écrit par Justine Bosco
Publié le 10 juin 2026

 

 

C’est dans le quartier Recoleta, aux nombreuses façades servant de tableaux pour le street art, que le Festival de la Francophonie, qui s’étalait de mars à avril, s’est terminé. L’emblématique Compania Teatro Imagen du Chili, fondé en 1974 par Gustavo Meza, présente alors « Face à Face ». Pour arriver jusque devant la scène, il faut passer par deux pièces colorées, et enfin tomber sur la petite salle où le duo jouera pendant un peu plus d’une heure. En s’installant, alors que la pièce n’a pas encore commencé, les spectateurs tombent sur un homme assoupi, pantalon et chemise kaki, un fusil à ses côtés. Il ne bouge pas malgré le brouhaha d’avant pièce. Progressivement l’obscurité gagna la salle et la cacophonie se transforma en murmures. 

 

Une série de coups de feu, puis la lumière refait jour sur l’homme jadis assoupi, joué par Jean-Michel Servant, et un jeune homme venant de rentrer en scène, interprété par Enrique Lihn. C’est à ce moment-là que les deux soldats ennemis se lancent dans une lutte pour détenir l’autre comme prisonnier. À cette occasion, Jean-Michel Servant se glisse dans la peau d’un soldat égyptien palestinien tandis qu’Enrique Lihn, son ennemi, joue un soldat israélien. Tous deux se retrouvent coincés dans un trou sans issue, à l’extérieur les échanges de balles fusent : c’est la guerre. D’abord ennemi, le « lapin » et le « chameau » vont progressivement apprendre à survivre ensemble. Comme deux voix qui se font échos, les situations s’inversent continuellement, et ils sont à la fois bourreaux et victimes. 

 

face à face
« © 2026 BOSCO Justine » Le comédien français, Jean-Michel Servant, et le comédien chilien, Enrique Lihn, à la fin d’une représentation forte en émotions.

 

Un Chilien et un Français pour un message de paix 


Pablo Téodoro Poblète-Cassua, le chilien auteur de « Face à Face » qui a vécu en France et qui est actuellement au Canada, a écrit une pièce à la fois émouvante et d’une grande preuve de résilience. Faisant écho à la guerre des Six Jours, la morale de l’histoire se présente comme un bouclier face à la guerre et ses horreurs et élève sa voix en faveur de la paix et de la résilience. Dans la pièce, deux peuples se déchirent, ils ne parlent pas la même langue, ils ne partagent pas la même culture, ils ne croient pas en le même dieu, ils convoitent la même terre. Mais si pourtant leurs différences étaient des points communs ? Alors que les deux soldats, jadis ennemis, de confessions divergentes s’échangent la Torah et le Coran, ils apprennent un peu plus à connaître l’autre. 

Une belle histoire d’amitié et de reconnaissance de la vie où finalement ces deux pions du système vont finir par être abattus par les leurs car jugé à tort de déserteurs. Mais ils n’ont pas vécu la mort seule, ils sont restés enlacés jusqu’au dernier moment. Dans leur cœur, la haine a disparu pour laisser place à l’amour. Une pièce sur la résilience et sur la paix, qui a fait couler des larmes parmi les spectateurs. Dans un même mouvement, elle fait malheureusement écho à une situation mondiale où les balles remplacent les fleurs, mais elle donne aussi de l’espoir. 

 

justine bosco
Publié le 9 juin 2026, mis à jour le 10 juin 2026
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