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Les 10 choses à éviter à San Francisco

Vivre, visiter ou s'installer dans cette ville, c'est accepter quelques règles tacites que les guides touristiques abordent rarement. Certaines sont anecdotiques, d'autres peuvent vous coûter cher — en argent, en temps ou en confort. Voici dix faux pas à éviter, que vous soyez de passage pour un week-end ou fraîchement installé.

Le Golden Gate sous le brouillardLe Golden Gate sous le brouillard
Écrit par Anne-Lorraine Bahi
Publié le 27 mai 2026

 

 

1. Laisser quoi que ce soit visible ou pas dans votre voiture

Même un sac vide. Même une veste pliée sur la banquette. Les smash-and-grab (vitres brisées en quelques secondes pour fouiller un véhicule) restent une plaie locale, malgré une baisse notable depuis 2024 grâce à un coup de filet ciblé sur les réseaux de revente.

Le piège dans lequel tombent beaucoup de nouveaux venus : penser que le coffre est sûr. Il ne l'est pas. Les voleurs locaux se promènent désormais avec des scanners Bluetooth — parfois une simple application gratuite sur leur téléphone — qui détectent les signaux émis par les laptops, smartphones, tablettes, AirPods ou AirTags, même en veille, même enfermés dans le coffre. Les polices de la Bay Area ont officiellement alerté sur cette technique : les voitures sont visées sans même que le voleur regarde à l'intérieur.

La règle : on emporte tout avec soi. Si c'est vraiment impossible, on éteint complètement les appareils (mode avion insuffisant : il faut couper le Bluetooth) et on les place dans le coffre avant d'arriver à destination — jamais sous les yeux d'un témoin éventuel. Pour les voyageurs avec bagages, des services de consigne comme Bounce proposent des dépôts dans toute la ville à partir de quelques dollars la journée.

 

2. L'appeler « Frisco » ou « San Fran »

Le raccourci paraît innocent. Il agace immédiatement les locaux — et ce n'est pas neuf. La légende veut qu'en 1872, l'excentrique Joshua Norton, qui s'était auto-proclamé « Empereur des États-Unis » et reste l'un des personnages folkloriques les plus aimés de la ville, ait décrété une amende de 25 dollars pour quiconque dirait « Frisco ». L'anecdote n'a jamais été formellement authentifiée, mais le tabou, lui, s'est solidement installé : dans les années 1950, le célèbre chroniqueur Herb Caen en a fait son cheval de bataille avec son livre Don't Call It Frisco. Aujourd'hui encore, « Frisco » trahit instantanément le visiteur de passage, et « San Fran » sonne tout aussi faux. Dites « SF », « San Francisco » ou, comme les vrais locaux, « the City ».

 

3. S'habiller pour la Californie ensoleillée

Mark Twain l'aurait dit : « L'hiver le plus froid que j'aie passé fut un été à San Francisco. » Karl the Fog, le brouillard estival devenu mascotte locale, peut faire chuter la température de 15 °C en quelques rues. La parade : superposer les couches (t-shirt, sweat, veste légère, écharpe), même en juillet. Et oubliez les tongs : un quartier ensoleillé peut basculer en pull-météo dès qu'on traverse une colline.

 

Quand Karl s'invite à SF : portrait intime du brouillard le plus célèbre du monde

 

4. Tout faire en voiture

Stationnement hors de prix, sens uniques labyrinthiques, pentes à 30 % et code couleur des trottoirs (rouge interdit, blanc dépose-minute, vert durée limitée, jaune livraisons, bleu PMR) : conduire ici relève souvent du sport de combat. BART pour les longues distances, Muni pour la ville, cable car pour la carte postale, marche pour le reste. Un véhicule ne se justifie que pour sortir de la péninsule.

 

 

5. Traîner dans le Tenderloin à la nuit tombée

Ce quartier central concentre une grande partie des difficultés sociales de la ville : sans-abrisme massif, toxicomanie visible, criminalité de rue. De jour, on le traverse sans drame si on reste sur ses gardes ; le soir, mieux vaut le contourner. Même prudence pour certaines rues de SoMa, Mid-Market, Bayview ou Hunters Point.

 

6. Croire que vous verrez le Golden Gate Bridge à coup sûr

De juin à août, le pont disparaît régulièrement dans la brume — parfois pendant des jours. Pour maximiser vos chances : tôt le matin ou en fin d'après-midi, et plutôt au printemps ou en automne. Battery Spencer, côté Marin, offre le plus beau point de vue par temps clair.

 

7. Oublier le pourboire

Aux États-Unis, le tip n'est pas optionnel : c'est le salaire d'une partie du personnel. Comptez 18 à 22 % au restaurant, 15 à 20 % pour un VTC, un coiffeur ou un livreur. Attention : certains établissements ajoutent automatiquement un service charge (parfois 18-20 %). Lisez l'addition avant de doubler la note par réflexe. 

 

8. Sous-estimer les pentes

Une carte vous montre la distance ; elle ne vous montre pas le dénivelé. Filbert, Jones ou Vallejo Street peuvent ressembler à de courtes randonnées verticales. Bonnes chaussures obligatoires, et pensez à utiliser l'option « relief » de Google Maps avant de planifier votre balade.

 

9. Vouloir tout cocher en un week-end

Alcatraz, Lombard, le Golden Gate, Fisherman's Wharf, la Mission, Castro, les Painted Ladies, Chinatown... Le centre paraît compact sur la carte. Il l'est beaucoup moins dans les jambes — surtout avec les pentes (voir point 8). Deux ou trois quartiers explorés en profondeur valent mieux qu'une dizaine survolés en Uber.

 

10. Rester collé aux zones touristiques

Fisherman's Wharf et Union Square donnent une image partielle — et coûteuse — de la ville. Hayes Valley pour le shopping pointu, Outer Sunset pour les cafés et le surf, Bernal Heights pour les vues panoramiques, Richmond pour ses restaurants asiatiques familiaux, la Mission pour la scène culinaire et les fresques murales : c'est là que la ville se vit, pas seulement qu'elle se visite.

 

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