Ce lundi 16 février, les États-Unis célèbrent le Presidents Day, l'un des onze jours fériés fédéraux du pays. Pour les expatriés français, cette journée peut surprendre à plus d'un titre : on honore ici des présidents, les magasins en profitent pour brader leurs stocks et la ville tourne au ralenti. Décryptage d'un jour férié très américain.


Un hommage aux pères fondateurs
À l'origine, ce jour férié n'avait rien de collectif. Instauré en 1885 sous le nom officiel de Washington's Birthday, il célébrait exclusivement George Washington, premier président des États-Unis, né un 22 février. La date a longtemps été fixée à son anniversaire, avant d'être déplacée au troisième lundi de février en 1971, dans le cadre du Uniform Monday Holiday Act — une loi visant à créer des week-ends de trois jours pour les travailleurs américains.
Au fil des décennies, le sens de cette journée s'est élargi. Abraham Lincoln, né le 12 février, s'est naturellement invité dans la célébration. Aujourd'hui, le Presidents Day — son nom d'usage, bien que le terme officiel reste Washington's Birthday — rend hommage à l'ensemble des présidents ayant occupé la Maison-Blanche.
Le décalage culturel : quand la France et l'Amérique ne fêtent pas les mêmes choses
Pour un Français, le concept peut sembler étonnant. En France, les jours fériés sont majoritairement liés au calendrier religieux (Ascension, Assomption, Toussaint) ou à des moments fondateurs de la République (14 juillet, 11 novembre, 8 mai). L'idée de dédier un jour férié à la fonction présidentielle elle-même n'a pas d'équivalent dans l'Hexagone.
Autre différence notable : la France compte onze jours fériés par an, les États-Unis en comptent également onze au niveau fédéral. Mais là où le bât blesse pour les expatriés, c'est que le droit du travail américain ne garantit aucun jour de congé payé. Un employeur du secteur privé n'est pas tenu de donner sa journée à ses salariés pour le Presidents Day — ni pour aucun autre jour férié d'ailleurs. Un contraste saisissant avec les acquis sociaux français.
Ce qui est fermé — et ce qui ne l'est pas
Pour ceux qui comptaient faire des démarches administratives ce lundi, il faudra patienter :
Fermé aujourd'hui :
- Les bureaux gouvernementaux et administrations fédérales
- Les bureaux de poste (USPS) — aucune distribution de courrier
- Les banques : Bank of America, Chase, Wells Fargo, Citibank et la plupart des grandes enseignes
- Les marchés financiers (NYSE et Nasdaq) — reprise mardi 17 février
- La plupart des écoles publiques
Ouvert normalement (ou presque) :
- Les supermarchés et épiceries (Trader Joe's, Whole Foods, etc.)
- Les restaurants et cafés
- UPS assure ses livraisons normalement
- FedEx fonctionne avec un service adapté
- Les distributeurs automatiques de billets (ATM) restent accessibles
- Les services bancaires en ligne continuent de fonctionner
National Days : quand l’Amérique célèbre tout...vraiment tout!
Les Presidents Day Sales : la fièvre des soldes à l'américaine
C'est peut-être l'aspect le plus déroutant pour un expatrié français : aux États-Unis, chaque jour férié — ou presque — rime avec soldes. Et le Presidents Day ne fait pas exception. C'est même devenu l'un des premiers grands événements commerciaux de l'année.
Amazon, Best Buy, Target, Walmart, Nordstrom, REI… Pratiquement toutes les grandes enseignes affichent des réductions pouvant aller jusqu'à 70 % sur le mobilier, la literie, l'électronique, la mode ou encore les articles de cuisine. Les matelas, en particulier, sont devenus un classique des promotions du Presidents Day — une association aussi mystérieuse qu'incontournable dans la culture commerciale américaine.
Pour les Français habitués aux deux périodes de soldes réglementées (janvier et juin), cette profusion de promotions à chaque holiday peut donner le tournis. Ici, pas de cadre légal encadrant les dates ou les taux de remise : le marché dicte ses propres règles.
Prochain jour férié : il faudra être patient
Après ce Presidents Day, les Américains n'auront pas d'autre jour férié fédéral avant le Memorial Day, dernier lundi de mai. Soit plus de trois mois d'attente — une éternité pour ceux qui sont habitués au rythme des ponts du printemps français, entre le 1er mai, le 8 mai, l'Ascension et la Pentecôte.
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