Izia Jeen, artiste suisse de 25 ans, a remporté les catégories chant et composition de l' IMTA, prestigieux concours de talents à Los Angeles. Son parcours, entre détermination et engagement, parle à tous ceux qui rêvent de franchir le pas vers les États-Unis. Nous l'avons rencontrée depuis Seattle, quelques heures avant son départ pour l'Europe : un échange d'une richesse rare avec une jeune femme qui a autant à donner qu'à raconter.


Quand Izia Jeen monte sur scène à Los Angeles en janvier 2026 lors du International Model and Talent Association, elle sait qu'elle prend un risque. Chanter en français devant un public et un jury américains, dans un concours où ont été révélés des noms comme Ashton Kutcher ou Jessica Biel, c'est audacieux. Mais la jeune Suisse de 25 ans ne fait rien à moitié. Elle repart avec deux médailles — chant et composition —, le titre de coup de cœur de la saison, et une certitude : elle reviendra.
Une semaine qui change une carrière
L'IMTA réunit talents et mannequins du monde entier à Los Angeles. Izia Jeen y est inscrite dans six catégories. En chant, elle interprète Speechless d'Aladdin. En composition, elle présente une chanson originale encore inédite, seule au piano. Les deux passent en finale. Elle remporte les deux.
« Je me disais juste que j'allais essayer, étape par étape. Je ne m'attendais même pas à atteindre la finale. » Mais l'aventure ne s'arrête pas là : elle est sélectionnée pour le Final Show et nommée coup de cœur de la saison par un jury indépendant du concours. Une double reconnaissance qui la propulse sur le radar de productions new-yorkaises et californiennes.
Ce séjour américain ne se limite d'ailleurs pas à la compétition. En amont, Izia a enregistré de nouvelles chansons à Los Angeles avec le producteur Marc Williams — qui l'avait repérée à Cannes en 2025 —, puis travaillé à Denver dans le studio de Craig Bauer, ingénieur du son nommé aux Grammy, connu pour ses collaborations avec Kanye West, Ed Sheeran et Janet Jackson. Un périple de plusieurs semaines qui a posé les fondations de son premier album, prévu pour l'automne 2026.

Europe contre États-Unis : deux mondes pour un même métier
Les personnes qui ont travaillé avec des noms immenses sont accessibles
Pour Izia Jeen, la révélation américaine va bien au-delà des médailles. C'est la manière dont l'art est reçu ici qui l'a transformée. « La musique, la création sont tellement appréciées ici, vues à leur juste valeur. Même si ce n'est pas le style que les gens écouteraient, il y a une reconnaissance du travail qui est derrière. »
En Suisse, où elle a essuyé des années de portes fermées et de concours sans suite, le métier d'artiste peine encore à être reconnu. En France, les choses avancent, mais l'accessibilité des professionnels reste un frein. Aux États-Unis, elle a découvert un univers où les barrières s'effacent. « Les personnes qui ont travaillé avec des noms immenses sont accessibles. On peut discuter sans barrière professionnelle, ce qui est parfois plus difficile en Europe. »
L'accueil du public l'a aussi marquée. « Peu importe que tu chantes en français et que personne ne comprenne un mot. L'accueil est immense. Les gens sont solidaires, il y a une humanité folle. » Pour quelqu'un qui a passé des années à douter de la légitimité de son métier, cette expérience a été un tournant : « C'est la première fois de ma vie que j'ai autant l'impression d'exercer un vrai métier qui a du sens. »
On reconnaît là ce que remarque les personnes qui ont vécus longtemps aux États-Unis : les Américains excellent à sortir le meilleur des gens. C'est un art en soi, celui de la mise en valeur. Et chez Izia Jeen, on voit concrètement l'effet que cette reconnaissance peut produire sur un talent qui n'attendait que ça pour exploser.
Un colibri engagé

Izia Jeen n'est pas qu'une "performeuse". Son premier EP s'appelle La Légende du colibri, du nom de cette fable où un petit oiseau tente seul d'éteindre un incendie de forêt, goutte après goutte. « Je me sens souvent colibri, à courir partout pour déposer des gouttes d'eau sur un monde qui prend feu de tous côtés. »
Ses combats résonnent des deux côtés de l'Atlantique : l'écologie — elle est élue dans un conseil municipal en Suisse et n'avait pas pris l'avion depuis 14 ans avant ce voyage —, le féminisme — elle a mis en chanson les violences qu'elle a subies —, et la santé mentale — elle est ambassadrice de Stop Suicide à Genève et a écrit Crayon de couleur, une chanson née d'un souvenir d'adolescence poignant avec sa meilleure amie hospitalisée pour dépression.
À Seattle, elle a animé des ateliers dans des écoles francophones, chantant cette chanson avec des enfants de six ans et ouvrant avec eux des discussions sur la dépression et la bienveillance. Des sujets universels, portés par une voix qui ne connaît pas les frontières.
C'est la force des artistes engagés : transformer l'intime en universel.
La suite
L'album est prévu pour l'automne 2026. Craig Bauer au mix, Marc Williams à la production, une release party en préparation. En Suisse, Izia Jeen retrouve dès son retour ses cours de comédie musicale, son équipe de quarante personnes, et un concert à Lausanne dans quelques semaines.
Le plan à moyen terme : moins de dates en 2026 pour boucler l'album, puis une montée en puissance du booking international à partir de 2027 — France, Belgique, Canada, et bien sûr les États-Unis. Le visa reste un défi, mais les portes sont ouvertes. Les propositions aussi.
À ceux qui veulent suivre la suite de l'aventure — et on ne peut que le recommander — Izia Jeen est sur Instagram : @iziajeen. On espère la retrouver très bientôt sur une scène de San Francisco. Avec ses paillettes, ses engagements, et cette énergie qui donne envie de croire que tout est possible.
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