Malika Dale, pratique le polo depuis plus d'un an au club de Woodside. Entre passion équestre et préjugés tenaces, elle nous ouvre les portes d'un univers souvent méconnu et partage son expérience d'un sport qu'elle trouve finalement bien plus accueillant que sa réputation ne le laisse présager.


Lorsqu'on évoque le polo, les images qui viennent à l'esprit sont souvent celles de champagne sur pelouse impeccable et de joueurs en tenue immaculée. Pourtant, la réalité de ce sport équestre est bien plus nuancée, comme en témoigne Malika Dale, qui a accepté de nous raconter son parcours.
Un amour des chevaux né en Normandie

Citoyenne américano-anglaise, Malika a passé une partie de son enfance à Caen, en Normandie, où sa mère indienne enseignait à l'IAE. C'est là, entre les haras normands et les traditions équestres françaises, qu'est née sa passion pour les chevaux. "Je montais très jeune, pour le dressage ou le saut d'obstacles," se souvient-elle. Mais comme beaucoup de cavaliers, elle a connu des pauses imposées par le coût élevé de cette pratique.
De retour dans la région après plusieurs années, elle travaillait aux Golden Gate Stables à Golden Gate Park avant leur fermeture. C'est en cherchant un nouveau lieu pour monter qu'elle a découvert le Woodside Horse Park, et par ricochet, le polo.
Du cheval au maillet : une transition progressive

"Christina m'a encouragée à demander aux responsables du club," explique Malika. Le déclic s'est produit grâce à la générosité de certains membres qui lui ont prêté leurs chevaux en échange, entre autres, de son aide pour l'entretien des écurie et des chevaux. Car oui, le polo implique un système d'entraide qui permet de contourner en partie la barrière financière.
Aujourd'hui, Malika s'entraîne deux fois par semaine et travaille pour son club afin d'obtenir des tarifs plus abordables, notamment en aidant à trouver des sponsors. Son quotidien d'entraînement ? Quitter la ville vers 14 heures, prendre le Caltrain, puis rejoindre Page Mail Pastors près de Stanford où vivent les chevaux. De 15h à 16h, elle les nettoie et s'occupe du matériel avant de les transporter au club.
Un sport physique qui demande une préparation sérieuse
Le polo est très physique

"Le polo est très physique" insiste Malika. "Votre rythme cardiaque pendant un match est le même que lors d'une course. Après un chukker [période de jeu de 7 minutes 30], vous êtes complètement trempé." Pour tenir le rythme, elle fait du Pilates, entraîne des chiens et pratique le surf pour l'équilibre. Force, endurance et coordination sont les maîtres-mots.
Les chevaux, eux aussi, sont soigneusement préparés. Contrairement à d'autres disciplines équestres, ils sont sellés en amont de tous les chukkers car les pauses sont trop courtes. Et pour les protéger, chaque cheval ne peut jouer que deux fois maximum lors d'une journée de match.
Des chevaux aux personnalités attachantes
Malika parle de ses compagnons à quatre pattes avec tendresse. "50 Shades of Bay est très jeune et bavard, Ace est incroyablement rapide," raconte-t-elle en souriant. Elle mentionne aussi Torito, connu pour ses tentatives comiques de monter les juments pendant les matchs, provoquant l'hilarité générale.
L'entraînement des chevaux de polo est hautement spécialisé. Dans les clubs argentins de très haut niveau, il commence dès la naissance avec de l'obéissance, puis une spécialisation progressive. À Woodside, le club achète souvent des chevaux ayant déjà pratiqué d'autres disciplines.
Briser les préjugés d'élitisme
"Malgré la perception du polo comme un sport très bourgeois, j'ai trouvé les gens accueillants," confie Malika. Elle aime faire découvrir ce sport avec tout le monde. Elle raconte qu'elle a même réussi à emmener au club des gens qu'elle avait rencontrés dans le bus en se rendant à Woodside, contribuant ainsi à changer l'image du sport.
Un sport mixte qui inspire les jeunes filles

Le polo est l'un des rares sports équestres totalement mixte. Malika se réjouit particulièrement de voir que plusieurs jeunes filles ayant débuté à Woodside ont poursuivi le polo à l'université, prouvant que les portes s'ouvrent progressivement.
Conseils pour débuter
Pour ceux qui trouvent le polo inaccessible, Malika a des recommandations pratiques : "Parlez aux responsables de clubs pour voir comment ils peuvent vous aider. Assistez à des matchs pour observer. Familiarisez-vous avec les grooms, vous pourriez monter en échange d'aide au maintien des chevaux ou des écuries." Elle suggère aussi de se tourner vers les équipes universitaires, qui offrent une option plus abordable, et de rejoindre les communautés en ligne actives autour du polo.
Concernant l'équipement, pas besoin d'investir une fortune au début. Malika emprunte une partie du matériel et garde maintenant l'essentiel de ses affaires au club, ne transportant que son casque et ses bottes.
Et ce week-end, à l'occasion de la Saint-Valentin, le club de Woodside organise un tournoi de polo les 14 et 15 février. L'occasion idéale de découvrir ce sport en pleine action et, qui sait, de tomber amoureux… du polo.
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