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Des pierres d’achoppement pour combattre l’oubli

Par Juliette Haudidier | Publié le 02/02/2021 à 07:00 | Mis à jour le 02/02/2021 à 07:00
pierres d’achoppement Rome

Ce sont près de 336 pierres d’achoppement (littéralement obstacles sur lesquels on bute) qui parsèment les rues de Rome.  Elles sont réparties dans les dix municipi de la capitale en souvenir des déportés romains.

 

La semaine dernière, c’est près d’une vingtaine de pavés qui a été placés dans les rues de Rome. On en compte notamment deux nouvelles Piazza Eugenio Biffi dans le quartier d’Ostiense. Ces dernières commémorent les souvenirs de Fortunata Perugia et Paolo Fallai. Mais, on en retrouve également de nouvelles dans le Ghetto, à Tiburtini ou encore à Pigneto.  Ce projet est à l’initiative de l’ANED (Associazione Nazionale ex deportati) en collaboration avec la ville de Rome.

Les plaques de la taille d’un pavé (10x10) sont composées de laiton et conçues en 1993 par un artiste allemand Gunter Demning. S’engageant contre le négationniste et l’oubli, Demning inscrit sur chacun de ces blocs : prénom, nom, date de naissance, date du décès et la cause de la mort. Placés devant les maisons des déportés raciaux et politiques, ils sont de véritables hommages. Pensés comme des monuments sans piédestal ou grandeur esthétique, elles imposent recueillement et humilité aux passants.

La première pierre a été posée à Cologne et aujourd’hui ce sont plus de 50.000 blocs de laiton qui parsèment l’Europe. Ils sont présents dans près de 17 pays européens et 898 villes. Chaque année depuis 2010 leur nombre augmente dans les rues de Rome mais aussi dans le pays, notamment dans les villes de Turin, Sienne, Venise ou encore Padoue. La plupart rendent hommage à des personnes de confession juive mais parmi elle, une salue la mémoire de deux mille carabineri déportés le 7 octobre 1943.

 

Pierre commémorative
50.000ème pierre d’achoppement, posée en janvier 2015 à Turin

 

Néanmoins, ces dernières années de nombreux pavés ont été arrachés ou endommagés. Ces évènements témoignent du retour d’un mouvement néo-fasciste. En effet, en 2018 une vingtaine de pavés dédiés aux familles juives Di Castro et Di Consiglio situés à Monti avaient été déterrés, profanant la mémoire des personnes disparues. Les pavés ont été immédiatement restaurés et une enquête avait été ouverte pour « vol aggravé à caractère racial ». Rome n’oublie pas et ne pardonne pas.

Juliette Haudidier

Juliette Haudidier

Juliette est étudiante en 3ème année à Sciences Po Paris et effectue un stage de 4 mois au Petit Journal de Rome.
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