Édition internationale

REPORTAGE - l'Agence de promotion des investissements agricoles

Nous avons rencontré Abdellatif Ghedira, directeur général de l'agence de promotion des investissements agricoles (APIA), ainsi que son équipe de communication, suite à la conférence de presse du 29 janvier sur le bilan des investissements agricoles de l'année 2012. Des résultats encourageants et un organisme dynamique qui nous ont incités à en savoir plus sur le fonctionnement de l'APIA

Lepetitjournal.com : Quel est le rôle exact de l'APIA?
Abdellatif Ghedira : L'APIA est une admnistration publique, chargée de la promotion de l'investissement privé pour le secteur agricole et piscicole. Elle contribue à développer les projets  et partenariats entre les investisseurs, jeunes promoteurs, jeunes diplômés. Elle octroie des avantages de l'état sous forme de subvention ou d'avantages fiscaux.

Elle dispense l'encadrement et la formation pour assurer le lancement du projet, au sein des pépinières d'entreprise des établissements d'enseignement supérieur agricole

en savoir plus

L'APIA dispense-t-elle des formations sur le terrain ?


Nous avons désormais un nouveau modèle de formation, le coaching :  le coach, sélectionné et payé par l'Etat, assiste le promoteur pour la réalisation de son projet, et ce, dans toutes les étapes jusqu'à l'installation.

Comment incitez vous les investisseurs ?
L'APIA organise séminaires et manifestations destinés à la promotion et l'investissement de l'Agriculture, dont le plus réputé est le salon biennal SIAT (http://www.siat.tn/), qui aura lieu en octobre 2014

Nous avons un stand dans les principaux salons internationaux et tunisiens, afin de sélectionner les investisseurs, producteurs et créer des contacts de partenariat avec leur homologue étranger.

Quels avantages présente la Tunisie pour un investisseur étranger ?
. Le climat favorable à la précocité
. La richesse du sol
. La qualité et quantité de terres vierges chimiquement pour l'agriculture bio
. Les accords privilégiés avec l'Union Européenne, pour l'exploitation et la certification du bio,
. La qualité et la saveur des produits
. Le rapport/qualité prix
. Les coûts de production bas
. La proximité
. L'histoire commune, particulièrement en matière de culture francophone
. Les techniques agricoles et les niveaux des ingénieurs agronomes, en constante évolution

Comment est structurée l'APIA ?

Nous avons un guichet unique à TUNIS et 23 directions régionales, des équipes d'ingénieurs spécialisés dans l'évaluation des dossiers d'investissement, une équipe chargée de la formation des jeunes promoteurs, des bureaux installés dans les établissements universitaires agricoles pour les pépinières et une équipe chargée d'encadrer les promoteurs, pour la qualité des produits agricoles.

Et en matière de communication ?
Nous proposons plusieurs publications pratiques :

. L'investisseur agricole, revue papier trimestrielle
. Les guides sectoriels en matière d'investissement
. Le catalogue de partenariat bilingue, qui est commmuniqué principalement pendant le salon SIAT
. Le guide régional pour présenter le potentiel agricole de chaque région
. 2 sites web : APIA et SIAT
. Apianews, un mailing bi-mensuel

Quels sont vos objectifs pour l'amélioration de l'investissement ?

Tout d'abord réactiver l'échange de compétences entre l'Union Européenne et la Tunisie. Dans les années 80, il existait un système d'échange très productif : des sessions d'échange, principalement entre la France et la Tunisie, étaient organisées. A chaque session, un petit groupe d'agriculteurs tunisiens se rendait chez les agriculteurs français et vice versa, afin de partager expérience et compétences, améliorer les productions et booster l'investissement. Cette pratique a malheureusement disparu au fil des années.

Quels sont les principaux pays investisseurs aujourd'hui ?
La Turquie, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie.

Propos recueillis par Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis) mardi 5 février 2013

L'APIA en quelques chiffres:

. En 2011, la Tunisie a exporté vers l'UE 16.762.805 kg de sa production BIO, soit 81,24 %

. En 2012, les investissements agricoles ont évolué de 9.6%. Les investissements dans les domaines de conversion et des services ainsi que l'agrandissement et rénovation ont évolué d'une façon spectaculaire contre une baisse des investissements dans le secteur de l'aquaculture (source : conférence de presse du 29 janvier)

. les investissements privés agréés ont permis la création de 3.249 postes d'emploi permanents dont 80 au profit des jeunes diplômés du supérieur. Les gouvernorats de Mahdia, Kasserine et Sidi Bouzid accaparent le plus grand volume d'investissement de l'ordre de 70 MD. Pour ce qui est de la répartition des activités, le secteur des activités agricoles occupe la première place avec 152,5 MD, suivi du secteur de la pêche (13,2 MD) , des services (58,6 MD)...

. 2.728 opérations d'investissements ont été agréées par les comités d'octroi d'avantages contre 2.671 en 2011, moyennant un volume d'investissement global de l'ordre de 249,6 MD contre 254,5 MD au cours de l'année précédente. En ce qui concerne les crédits fonciers, environ 71 crédits ont été octroyés jusqu'à la fin du mois d'août, avec une valeur de 4,5 MD.

Les ressources naturelles
Accords avec l'UE

Témoignages


L'APIA nous a mis en contact avec deux producteurs que nous avons interviewés sur leur expérience avec l'APIA : Nejib Zarrouk, créateur de la société Zinafresh à Gabès (production géothermique de tomates et aubergines) et Hichem Turki, de la Société Mutuelle Hélicicole à Bizerte

lepetitjournal.com : Quand avez vous commencé à collaborer avec l'APIA ?
Nejib Zarrouk : Dès le début de mon projet en 1990. J'ai démarré avec et grâce à l'APIA qui elle même, à l'époque, était assez récente. Son soutien m'a tout d'abord permis d'effectuer de nombreux déplacements en Europe pour étudier le marché, les produits, les techniques. C'est ainsi que j'ai pu avoir des bases solides pour mon projet.

Vous avez débuté avec combien d'hectares ?
J'ai commencé par deux hectares de serres géothermiques, avec une dizaine d'employés.

A quelle hauteur l'APIA finance-t-elle vos investissements ?
L'APIA finance les installations et le développement sur une base de 10 % à 25 % et sur dossier détaillé. Ce n'est pas un taux fixe.

Comment avez vous évolué ?
J'ai vite développé un partenariat avec la France et l'Allemagne, et aujourd'hui, je négocie un marché important avec la Hollande.
Sans l'APIA et son organisation dynamique, je n'aurai pas pu arriver à ce résultat. Ils m'ont aidé pour toutes les étapes. J'ai aujourd'hui 200 employés permanents dont une dizaine de cadres supérieurs. Je produis 2.500 à 3.000 tonnes par saison (de 15 novembre au 15 mai) : nous complétons la saison européenne, pas de concurrence avec l'Europe, nous nous partageons les saisons.

Quel est votre objectif ?
Mon objectif est d'atteindre 1.000 personnes, pour 50/60 hectares. Un hectare de serre géothermique coûte 500.000 euros, et ce sont mes clients qui financent chaque année un ou des hectares. Ils sont ensuite remboursés en production.
Aujourd'hui, je suis obligé d'importer le matériel de France. Ce matériel ultra solide qui résiste au vent, au sable et à toutes les intempéries n'est pas produit en Tunisie en raison des faibles échelles.

Comment fonctionne une serre géothermique ?
Elles est constituée d'un système de pompage de l'eau enrichie dans la nappe phréatique. L'eau sort à 54° et passe par un système de refroidissement puis est répandue sur les plantations par un système de brumisation ultra précis. Elle possède également un système d'irrigation au goutte à goutte réparti dans les fibres de palmier qui constituent avec les écailles réduites en poudre, l'engrais naturel pour les plantations hors sol.

Qu'est ce qui fait la haute qualité de vos produits ?
une eau géothermique très riche en oligo-éléments qui vient de la nappe phréatique, des engrais naturels issus principalement du palmier, une technologie très avancée. Nous travaillons avec des produits de haut rendement dans un environnement très protégé, donc la production est multipliée, c'est la grande différence avec la plantation traditionnelle.


Hichem Turki, de la Société Mutuelle Hélicicole à Bizerte

lepetitjournal.com : Que vous a apporté l'APIA dans votre projet hélicicole ?
Hichem Turki : l'APIA m'a épaulé dès le début de mon projet personnel d'élevage d'escargots, grâce à la pépinière d'entreprises avec qui j'ai fait les études, le plan d'affaires, les procédures et la formation.
Ensuite l'APIA a conseillé aux éleveurs d'escargots de se regrouper en fondant la Société Mutuelle Hélicicole, afin de pouvoir développer, exporter et sauver le secteur, également avec l'aide de la FAO.

Comment développer vous les produits à base d'escargot ?
Nous avons rencontré un expert français pour évaluer la situation. Techniquement, nous avons un excellent niveau, il nous reste à développer des produits exportables, au goût des européens. Nous transformons pour des plats cuisinés à destination de la Tunisie tels que escargots à l'harissa ou à la tomate.
Vers la France, ce sont les escargots au beurre persillé qui ont du succès.

Quels sont les autres actions de l'APIA ?
L'APIA nous suit régulièrement et nous conseille pour le développement de produits haut de gamme tels que le caviar et la bave d'escargot, aujourd'hui très utilisée en cosmétique. Elle nous a également aidés à organiser dernièrement une journée dégustation.

Propos recueillis par Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis) mardi 5 février 2013


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