Au nord-ouest de la capitale, le district de Haidian dévoile un visage méconnu de Pékin, où la Chine du futur se construit à quelques kilomètres des anciens jardins impériaux. Une escapade idéale pour ceux qui veulent voir un autre Pékin, à la fois verdoyant, étudiant et résolument tourné vers l’avenir.


Haidian : se promener là où la Chine innove
Longtemps, les collines à l’ouest de Pékin ont offert aux empereurs un refuge contre la chaleur et l’agitation de la capitale. Dans cette zone alors largement rurale, ils firent aménager de vastes jardins et résidences impériales, dont plusieurs témoignages subsistent aujourd’hui.
Le quartier est désormais surtout connu pour son rôle central dans la vie universitaire et technologique chinoise. Les prestigieuses université de Pékin et université Tsinghua, y attirent les meilleurs étudiants du pays, tandis qu’à quelques stations de métro s’étend Zhongguancun, vaste pôle d’innovation souvent surnommé la « Silicon Valley chinoise ».
Un palais pour fuir la ville
Dominant le quartier, le Palais d’été, chef-d’œuvre impérial, reste l’un des plus beaux ensembles paysagers de Chine. Construit autour du lac Kunming et de la colline de la Longévité, ce vaste domaine servait de résidence estivale aux empereurs Qing, notamment à l’impératrice douairière Cixi.
Pagodes, ponts de pierre, pavillons et galeries peintes composent un paysage conçu pour la promenade. Le temps y semble suspendu. La galerie couverte qui longe le lac sur 700 mètres, décorée de milliers de scènes peintes, compte parmi les plus célèbres du pays. Même pour les résidents de longue date, le lieu reste une destination privilégiée pour une balade au bord de l’eau.
Quand le passé affleure encore
À quelques minutes seulement du Palais d’Été se trouvent les vestiges de l’ancien Palais d’Été, ou parc Yuanming. Autrefois l’un des plus somptueux jardins impériaux de Chine, ce vaste domaine fut pillé puis incendié par les troupes françaises et britanniques en 1860 lors de la seconde Guerre de l’opium. Les ruines visibles aujourd’hui — notamment celles de pavillons d’inspiration européenne — rappellent cet épisode marquant de l’histoire chinoise.
Plus au Sud, le district abrite également quelques temples discrets qui méritent un détour. Le temple Wuta se distingue par son architecture inspirée de l’Inde et ses centaines de représentations sculptées du Bouddha. Plus paisible encore, le temple Wanshou présente dans ses cours successives statues, calligraphies et objets bouddhiques, dans une atmosphère presque confidentielle.
Le cerveau de la Chine entre effervescence et échappée verte
Abritant les vastes campus d’universités les plus préstigieuses de Chine, Haidian est aujourd’hui le cœur intellectuel de Pékin. Zhongguancun concentre start-ups, incubateurs et laboratoires de recherche spécialisés dans les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.
Pour ressentir l’ambiance étudiante du quartier, direction Wudaokou. Restaurants coréens, cafés et bars attirent chaque soir étudiants chinois et internationaux.
Lorsque la ville devient trop dense, il suffit de pousser un peu plus vers l’ouest pour rejoindre la verdure. Le parc Xiangshan, littéralement « Jardin public des collines parfumées » offre l’une des escapades naturelles la plus accessible pour les pékinois.
Comment s’y rendre ?
Haidian est facilement accessible depuis le centre de Pékin grâce au métro. La ligne 4 relie directement le centre-ville au palais d’été, avec des stations près de ses entrées est et nord. Elle dessert également la station National Library, point de départ pratique pour visiter les temples du quartier.
Pour rejoindre le quartier universitaire et l’animation étudiante de Wudaokou, la ligne 13 est la plus pratique depuis Xizhimen. Enfin, le tramway Xijiao Line permet de rejoindre les Fragrant Hills Park et l’entrée ouest du Palais d’Été, idéal pour une excursion nature à quelques stations du centre.
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