Le président américain Donald Trump s'est rendu en visite officielle en Chine le 14 et le 15 mai. A l’occasion de cette visite, la première en 9 ans, les relations entre les deux pays ont semblé retrouver un semblant de normalité malgré de nombreuses tensions et des sujets sensibles. Que doit-on retenir ?


Des avancées commerciales limitées
Le président Xi Jinping a rencontré les dirigeants des sociétés américaines accompagnant Donald Trump lors de ce voyage - dont Elon Musk (Tesla), Tim Cook (Apple), Jensen Huang (NVIDIA) ou encore le patron de Boeing - Kelly Ortberg. En s’adressant à eux, le président chinois a souligné leur rôle primordial dans l’ouverture et les transformations de la Chine.
Au moment de quitter le territoire chinois à l’issue de la deuxième journée de sa visite, Donald Trump a annoncé avoir signé des contrats commerciaux “fantastiques”. Dès le premier jour il a affirmé que la Chine allait finalement acheter 200 machines au géant aéronautique Boeing - sans qu’il soit précisé de quel modèle il s’agit. On est bien loin des 500 avions B737 envisagés à l’origine et l’action de Boeing a chuté de 5% après cette annonce inférieure aux attentes.
Toujours d'après les représentants américains, la Chine aurait augmenté les licences d'exportation du boeuf américain, là encore sans spécifier de combien exactement.
De leur côté, les représentants chinois se sont pour le moment abstenus de tout commentaire sur les accords commerciaux.
Vers une réouverture du détroit d’Ormuz?
Donald Trump affirme également d’avoir pu obtenir une promesse d’aide à la sortie du conflit avec l’Iran de la part du président chinois. D’après lui, le président chinois se serait engagé à ne pas fournir d’armements à l’Iran, pays allié de la Chine et son principal fournisseur en pétrole. La Chine, elle, affirme d'une part ne pas fournir d’armes aux pays en conflit, par principe et d'autre part de maintenir inchangée sa position face au conflit.
Les deux parties se sont à priori accordées sur le fait que le détroit d’Ormuz devait rester ouvert à la navigation, le président chinois soulignant son opposition à une militarisation de cette zone ou encore à un prélèvement de taxe de passage.
Selon la Maison Blanche, les deux dirigeants seraient aussi d’accord sur le fait que l’Iran ne devrait pas pouvoir accéder aux armes nucléaires dans le futur.
Alors que Donald Trump a affirmé avoir “discuté en détail” la question de la vente d’armes à Taiwan, la partie chinoise a décliné tout commentaire à ce sujet. Cependant, il a été réitéré que Beijing souhaitait des relations positives avec les USA à condition que ceux-ci respectent la ligne rouge concernant Taiwan.
Retrouver la normalité des échanges
Durant son discours officiel lors de la réception au Grand Hall du Peuple à Beijing, il a souligné l’importance d’efforts conjoints et de collaboration entre les deux premières puissances mondiales, plutôt que de la compétition. Il a mentionné également qu’une relation stable entre les deux pays seraient bénéficiaires pour le monde entier, secoué par plusieurs conflits majeurs.
“La Chine et les Etats-Unis peuvent tous les deux bénéficier d’une collaboration et être perdants suite aux confrontations. Nous devrions être des partenaires et pas des rivaux. Nous devrions s’aider mutuellement à prospérer”.
Il a également exprimé son espoir que l’année 2026 devienne un tournant dans les relations bilatérales, avec d’ores et déjà l’établissement d’une “stabilité stratégique”.
Les observateurs s’accordent à dire qu’à défaut d'avancées spectaculaires, on a pu observer de la soft diplomacy à l’oeuvre dans l’optique de stabiliser les relations entre deux pays. Des gestes subtils mais appréciables ont été notés de part et d'autre comme l'invitation de Donald Trump dans les jardins personnels du président Xi à Zhongnanhai - un clin d'oeil à l'invitation à Mar-a-Lago quelques années auparavant. Ou encore le toast porté du bout des lèvres par le président américain (qui ne boit pas d'alcool) lors du banquet en son honneur au Grand Hall du Peuple. Sans compter l'orchestre militaire, les enfants agitant drapeaux et fleurs et le tapis rouge déroulé en son honneur. Signes de respect auxquels Donald Trump est plutôt sensible.
Il a été laissé entendre que le président Xi Jinping devrait se rendre aux Etats-Unis en visite officielle le 24 septembre de cette année. Sa dernière visite dans le pays remonte à 2015 sous la présidence d’Obama.












