Alors que la crise diplomatique autour du Groenland perdure en ce début d’année 2026, la Chine multiplie les déclarations publiques sur ce dossier, en réponse aux prises de position des États-Unis et aux initiatives internationales qui s’enchaînent. Pékin a notamment dénoncé le 12 janvier 2026 des propos du président américain Donald Trump et confirmé, le 20 janvier 2026, avoir reçu une invitation à rejoindre une nouvelle initiative mondiale proposée par Washington.


Ne pas utiliser la Chine comme prétexte au Groenland
Le 12 janvier 2026, Pékin a réagi aux déclarations répétées de Donald Trump sur la nécessité pour les États-Unis d’acquérir le Groenland — territoire arctique autonome du Royaume de Danemark — pour empêcher d’autres puissances d’y prendre pied.
Face à ces propos, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Mao Ning a déclaré :
Les États-Unis ne devraient pas poursuivre leurs propres intérêts en utilisant d’autres pays comme prétexte » et que « les activités de la Chine dans l’Arctique visent à promouvoir la paix, la stabilité et le développement durable (…) en conformité avec le droit international.
Elle a ajouté que « les droits et libertés de tous les pays à mener des activités dans l’Arctique conformément à la loi doivent être pleinement respectés », en soulignant que « l’Arctique concerne les intérêts globaux de la communauté internationale ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte où Trump a réaffirmé à plusieurs reprises son intention de faire du Groenland un enjeu stratégique pour la sécurité américaine, estimant que si les États-Unis n’agissaient pas, « la Russie ou la Chine pourraient le faire ».
La Chine invitée au “Board of Peace” de Trump
Sur un autre front diplomatique, la Chine a confirmé le 20 janvier 2026 qu’elle avait reçu une invitation des États-Unis à rejoindre ce que Donald Trump a présenté comme un « Board of Peace », une initiative internationale lancée par Washington.
Selon le porte-parole chinois Guo Jiakun, interrogé lors d’une conférence de presse à Beijing :
La partie chinoise a reçu l’invitation, mais nous ne commenterons pas pour l’instant si nous l’accepterons ou non.
Interrogé également sur l’état des relations sino-américaines, Guo a estimé qu’« au cours de l’année écoulée, les relations entre la Chine et les États-Unis ont connu des hauts et des bas, mais ont globalement maintenu une stabilité dynamique », tout en soulignant que chaque pays cherchait à protéger ses propres intérêts.
L’initiative du “Board of Peace”, proposée par Donald Trump pour initialement surveiller certaines étapes de la reconstruction après le conflit à Gaza, est désormais présentée par son promoteur comme un mécanisme plus large de résolution de conflits. Elle a toutefois suscité des réactions prudentes de la part de plusieurs gouvernements, qui craignent qu’elle ne vienne concurrencer ou affaiblir le rôle traditionnel des Nations unies.
Réactions européennes et française
Sur le volet européen de cette controverse, Paris a fait savoir qu’il n’entend pas rejoindre l’initiative de Washington, estimant que cette démarche pourrait éclipser le rôle des institutions multilatérales existantes, notamment l’Organisation des Nations unies.
Cette position a été suivie d’une réponse musclée de Donald Trump qui a menacé d’imposer jusqu’à 200 % de droits de douane sur les vins et champagnes français si Paris persistait dans son refus. Sur ce point, Trump a lancé :
Je mettrai une taxe de 200 % sur ses vins et champagnes, et il (Macron) joindra le Board de Peace. Mais il ne doit pas nécessairement y adhérer.
Ces menaces ont suscité la réaction de la filière viticole française, certains acteurs parlant de propos « fatiguants » et « irresponsables » face à la dépendance du marché américain pour les exportations de vins et spiritueux.
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