

Le vendredi 13 janvier, Philippe Ôtié était à la Chambre de commerce française de Shanghai pour présenter la bande dessinée Une vie chinoise, dont le troisième et dernier tome vient de paraître. Lepetitjournal.com de Shanghai l'a rencontré lors de son passage pour évoquer avec lui sa collaboration avec le dessinateur Li Kunwu, sa liberté dans le processus de création et ses projets pour l'avenir
Lepetitjournal.com/shanghai: Comment s'est passée la conférence du 13 janvier à la CCIFC de Shanghai?
Philippe Ôtié: Très bien! C'était la première fois que je présentais ?Une vie chinoise? devant un public d'expatriés qui a forcément une vision différente sur la série, sur la Chine. Mais les retours furent très bons et ce fut plus un dialogue, une prestation commune qu'une simple présentation. Ça m'a beaucoup plu.
Philippe Ôtié et Li Kunwu, auteurs de Une vie chinoise
Quand et comment est né le projet d'Une vie chinoise? Pourquoi avez-vous pris le parti de romancer la vie de Li Kunwu?
Li Kunwu et moi nous nous connaissions déjà et avions envie de travailler ensemble. En 2005, nous avons rencontré deux éditeurs et leur avons fait une proposition. Tous les deux nous ont fait le même retour, ont refusé le projet et nous ont demandé à la place de réaliser la biographie de Li Kunwu. Chose rare donc, ce sont les éditeurs qui nous ont proposé ce projet ! C'est la conjonction de plusieurs éléments qui a joué en notre faveur à l'époque, notamment l'énorme succès de Persepolis et l'avènement des romans graphiques, ainsi que l'attrait de l'Europe vis-à-vis de la Chine.
Concrètement, quel a été votre processus de création commun et quelle a été votre marge de manoeuvre?
Une vie chinoise est une autobiographie, avec des passages romancés. Nous avons commencé par travailler sur les aspects historiques et culturels de l'histoire. Ensuite, nous avons mis en place la trame : j'expliquais à Li Kunwu ce que j'avais écrit, il y ajoutait des dessins et des dialogues. Nous nous rencontrions fréquemment mais nous avons aussi beaucoup travaillé à distance. Quant à ma démarche en tant qu'auteur, j'ai essayé d'être le plus respectueux possible du récit de Li Kunwu. Il y a eu des moments difficiles, des doutes notamment parce que, même s'il est un dessinateur connu et largement publié à travers la Chine ? et surtout dans le Yunnan ? c'est la première fois qu'il s'est confronté aux exigences de qualité étrangères.
Premier tome de la série Le temps du père
Comment parler de la Chine et du bouleversement de sa société ses dernières années en tant qu'étranger? Comment est-ce perçu?
Tout d'abord nous avons pris le parti de raconter l'histoire d'un homme ordinaire et pas celle d'un héros. Le témoignage de Li Kunwu représente le parcours de tous les Chinois, de leur réussite. Nous avons essayé de ne pas le caricaturer mais de le dévoiler petit à petit, grâce à l'addition de nos deux sensibilités, française et chinoise. On a essayé de ne pas prendre de hauteur et de laisser le lecteur se faire une opinion, sans déposséder Li Kunwu de son histoire. Mon apport a été de rendre acceptable le récit pour un esprit étranger, sans le délaver. Nous avons constamment été à la recherche de la ligne de crête entre propagande chinoise et critique occidentale.
Quels sont vos projets maintenant?

Morgane Delaisse, (www.lepetitjournal.com/shanghai.html) jeudi 19 janvier
P Otié est le pseudonyme de Philippe Autier. Né à Périgueux durant l'été 1964. Il a presque constamment vécu à l'étranger depuis son entrée dans la vie active. D'abord en Amérique du Sud, puis, depuis 1994, en Extrême-Orient (Taipei, Pékin, HoChiMinh Ville, Wuhan). Depuis 2008, il est directeur du bureau de Wuhan de la Mission Economique Ubifrance en Chine, et scénariste de BD à ses heures perdues. Le projet Une Vie Chinoise (700 pages en 3 tomes) a été créé entre 2005 et 2010.
Plus d'infos: ?Une vie chinoise? , scénario de P. Ôtié, dessins de Li Kunwu, édité chez l'éditeur belge Kana (label spécialisé Asie de Dargaud Le Lombard ), en trois tomes disponibles sur Amazon








































