Samedi 11 juillet 2020

En quarantaine, une Française de New York garde sa bonne humeur

Par Rachel Brunet | Publié le 19/03/2020 à 08:00 | Mis à jour le 19/03/2020 à 11:06
Photo : Fanny Pradier avec ses couleurs, sa bonne humeur, son kit thermomètre, son paracétamole, sa tisane gingembre/miel
Quarantaine New York

Surnommée « la fusée » ou « la warrior » par son entourage, ce n’est pas une quarantaine qui va plomber la bonne humeur de Fanny Pradier. Potentiellement porteuse du Covid-19, la jeune femme prend les choses avec philosophie, sourire et continue de voir la vie en couleurs.

 

« Une sensation assez étrange »

Les premiers symptômes sont apparus jeudi soir. « Beaucoup de toux, une grande fatigue, mal à la tête, mal partout » explique Fanny Pradier, directrice des événements au Consulat Général de France à New York. Le lendemain, alors que l’inconfort s’aggrave, Fanny contacte un médecin par téléphone, avec qui elle est, depuis, en contact par messages. « Restez chez vous pour deux semaines » est le mot d’ordre du médecin. « Je n’ai pas fait de test pour confirmer ou pas le coronavirus, et il n’y en aura pas » précise-t-elle. La jeune femme fait sans doute partie des new-yorkais qui portent potentiellement le covid-19 mais qui ne sont pas comptabilisés parmi les cas confirmés et qui ne le seront pas. Jeune et en bonne santé, elle n’est pas dite  « à risque ». D’ailleurs, elle n’est pas inquiète outre mesure, elle fait juste preuve de civisme.

Enfermée chez elle depuis six jours, Fanny Pradier prend les choses avec philosophie « c’est une sensation assez étrange, l’interdiction rend les choses plus compliquées » explique-t-elle.

Selon le médecin qui suit la jeune patiente à distance depuis la semaine dernière, à New York, tout un chacun a obligatoirement été en contact avec une personne porteuse du virus. Mais en effet, tous les cas ne sont pas déclarés, confirmés ou comptabilisés. Il en revient donc à chacun d’écouter son civisme et de s’auto-confiner en période de doute et de moindre signe. C’est d’ailleurs un appel lancé tant par les politiques que par le personnnel hospitalier.

C’est aussi le postulat de Fanny « j’ai préféré avoir un contact par téléphone avec un médecin plutôt que d’aller dans un hôpital. Tant pour éviter de potentiellement contaminer d’autres personnes que pour ne pas engorger un lieu médical déjà débordé ».

Coronavirus New York

Fanny Pradier prend le soleil à sa fenêtre, le printemps arrive, la bonne humeur reste !

 

La vie continue

Être enfermée ne rime pas avec être à l’arrêt pour la jeune femme. « Je continue de travailler à distance, même si, étant en charge de l’événementiel, l’activité s’est arrêtée, mais il y a toujours des choses à faire ». Il y a une dizaine de jours, notre édition avait publié le portrait de Fanny Pradier, dans le cadre du Mois de la Femme. Ce moment de confinement imposé permet aussi à Fanny de se recentrer sur elle-même et de réfléchir à son activité parallèle de conseillère en image. Et quand on parle d’image, on parle forcément de couleurs « j’adore les couleurs et avec la quarantaine, je réfléchis à beaucoup de choses » nous confie-t-elle. Et de rajouter « j’aimerais lancer une thérapie autour de la couleur, ça fait quelques semaines que j’y songe ». Affaire à suivre.

Un nouveau projet qui devrait bien l’occuper pendant les prochains jours, et peut-être même les prochaines semaines, les new-yorkais attendant d’une heure à l’autre, la décision de confinement total - ou pas - de la ville.

Depuis sa chambre, elle garde tout de même une certaine interaction avec ses colocataires, une Américaine et une Dubaïote. « Nous pouvons tout de même discuter, même si elles gardent une franche distance entre nous » s’amuse-t-elle. Dans cette colocation très internationale, tout le monde sourit à la french attitude de la parisienne « heureusement que jeudi soir, j’avais fait de grosses courses. En rentrant, je me suis rendue compte que j’avais oublié le vin, ce qui a beaucoup amusé mes colocs » So French ! Et Fanny, assume son côté très frenchy « l’autre soir, je me suis faite livrer un plateau de fromage ». Même en quarantaine,  même très fatiguée, la vie continue, et les petits plaisirs avec. Le programme de Fanny : son travail, ses projets, ses cours de pilates online, les apéros skype avec les copains, prendre le soleil à la fenêtre, lire, penser à elle et surtout voir la vie en couleur...

« Ça ne plait à personne d’être renfermé, mais nous sommes tous dans la même galère, nous devons être solidaires. » Heureusement qu’il y a internet...

Un très bon rétablissement, Fanny !

 

Coronavirus new york

Les lectures en cours de Fanny Pradier

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
2 Commentaire (s)Réagir
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Lililabelge mer 18/03/2020 - 16:39

Je ne suis que belge...mais ne devrait- on pas dire «  je me suis FAIT livrer ». Pas important, mais c’est le truc qui me fait toujours trébucher en orthographe... Hélène

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londres mer 18/03/2020 - 16:25

Bravo excellent ! Témoignage partagé à Londres.

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