Édition internationale

Diplomatie féministe : Aurore Bergé à la rencontre des Français de New York

La diplomatie féministe française a fait étape à New York ce 10 mars 2026 avec la présence de la présidente de l’Assemblée Nationale française, Yaël Braun Pivet, et la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé. « Là où les droits des femmes avancent, les sociétés respirent », a souligné la ministre.

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Cédrik Fouriscot, Consul Général de France à New York, avec Aurore Bergé et Yaël Braun Pivet.
Écrit par Philippe Andres
Publié le 14 mars 2026, mis à jour le 15 mars 2026

« Vous pouvez vous demander, mais que fait la Présidente de l’Assemblée Nationale, que font les parlementaires qui l’accompagnent en déplacement international à l’étranger, plutôt que légiférer et légiférer dans l’Hémicycle français ? », a déclaré Yaël Brun Pivet, présidente de l’Assemblée nationale devant Cédrik Fouriscot, Consul Général de France à New York, et une assistance très nombreuse, composée de plusieurs parlementaires, représentants les Français de l’étranger et membres de cette communauté.

À cette question, posée de façon volontairement provocante, la Présidente de l’Assemblée Nationale, y a répondu aussitôt elle-même : « Ils font de la diplomatie parlementaire ! »,  désarmant ainsi les esprits chagrins qui auraient pu l’avoir en tête. « La diplomatie parlementaire n’est pas née avec nous, elle est très ancienne. La diplomatie parlementaire, c’est la diplomatie de peuple à peuple. Parlementaires, nous sommes les représentants du peuple, et il est important que les peuples se parlent par leur intermédiaire, ce que nous faisons d’ailleurs au travers des plus de 150 groupes d’amitié au sein du Parlement français. La diplomatie parlementaire peut aussi servir quand les relations traditionnelles ne fonctionnent pas si bien. Mon voyage ici vise à entretenir la relation avec les États-Unis sur tous les sujets et en particulier sur celui du droit des femmes », a ajouté la Présidente.

 

Diplomatie féministe et lutte contre les violences : “la France montre l’exemple”

 

«  La diplomatie féministe que nous portons défend pour toutes les femmes et les filles  »

La ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé ajoute : « L’état du droit des femmes dit toujours quelque chose de l’état des libertés dans le monde. Là où leurs droits avancent, les sociétés respirent, là où ils reculent la peur s’installe, là où leurs corps sont contrôlés, c’est toujours leur liberté qui est menacée ». La ministre a rappelé que l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française a constitué un grand moment démocratique. « La diplomatie féministe que nous portons défend pour toutes les femmes et les filles de notre pays le droit de disposer de leurs corps, de décider de leur vie, d’étudier, de travailler, de vivre en sécurité et d’exister librement », a déclaré Aurore Bergé dans son propos d’introduction.

« Nous avons longtemps vécu sur l’idée que le droit permettait de contrebalancer la force, mais on voit bien que partout aujourd’hui les lignes rouges sont franchies et que les guerres s’inscrivent dans la durée. Le droit n’existe vraiment que lorsqu’il est défendu, il n’est respecté que lorsqu’il s’appuie sur des puissances capables de le faire vivre C’est le sens du combat que mène la France sous l’impulsion du Président de la République », a ajouté la ministre, en apportant également son soutien aux femmes qui se battent pour leurs libertés en Iran, en Ukraine, en Afghanistan et partout ailleurs dans le monde.

 

En marge de cette réception, la rédaction de Lepetitjournal.com a eu le privilège d’une interview exclusive de la ministre Aurore Bergé.

 

Quelles sont vos principales priorités d’action pour décliner en France le thème 2026 de la Journée Internationale des femmes, placée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, et dont le thème s’intitule “Droits. Justice. Action pour toutes les femmes et les filles” ?

La première de mes priorités est de lutter contre la méconnaissance des droits, notamment pour ce qui concerne le non-consentement, le droit pénal relatif au viol ou le contrôle coercitif. Les violences ne commencent pas toujours par les coups mais par des violences psychologiques, économiques ou de restrictions des libertés et de l’autonomie.

Ma deuxième priorité est d’achever le déploiement sur tout le territoire du Pack Nouveau Départ (PND), qui permet d’apporter une réponse coordonnée et unique de tous les professionnels et associations concernées dans un département aux victimes de violences conjugales, et de façon rapide et individualisée.

L’état du droit et la connaissance de ces droits sont les deux volets essentiels de notre action en ces domaines.

 

La diplomatie féministe, c’est d’abord une soif d’égalité, de liberté

 

Pouvez-vous nous préciser le concept de diplomatie féministe, promu par la France?

La diplomatie féministe, c’est d’abord une soif d’égalité, de liberté. Partout où les droits des femmes vacillent, c’est l’état des libertés et même de la démocratie qui vacillent aussi. Ça se confirme partout, pas seulement au sein des régimes dictatoriaux, théocratiques, ou autoritaires, mais aussi au sein même de nos démocraties. Le droit des femmes est une ligne de front qui permet de mesurer l’état des libertés à travers le monde, dans chacun des états.

 

Votre engagement contre l’antisémitisme est connu. Comment comptez-vous le poursuivre ?

Il y a trop souvent eu un sentiment de solitude, notamment après les attaques terroristes du 7 octobre 2023 perpétuées par le Hamas. Le monde n’a pas suffisamment pris conscience de ce que cela signifie. Le 7 octobre, ce n’est pas uniquement un acte terroriste, c’est une tentative de Shoah à l’intérieur du seul État refuge au monde pour les juifs. Je me suis moi-même rendu sur les lieux du festival de musique Nova et du kibboutz Nir Oz, l’un des plus touché puisqu’un quart de sa population n’y’est jamais revenu. J’ai pu mesurer l’état du traumatisme subi.

L’antisémitisme c’est de la haine à l’état pur, et le gouvernement français entend ne rien céder à ceux qui le propagent en France et fracturent ainsi notre pays. Je porte le combat d’une nouvelle loi en France visant à lutter contre les nouvelles formes de l’antisémitisme.  Une amitié d’État à État et de peuple à peuple est, de ce point de vue indispensable pour faire régresser ce fléau.

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