Originaire de La Rochelle, Amina Konaté a quitté la France pour New York afin de poursuivre son rêve de danseuse dans un environnement plus ouvert à la diversité ethnique et aux métiers artistiques. Entre adaptation et quête de liberté artistique, la jeune danseuse de 23 ans a trouvé dans la Big Apple un véritable tremplin pour sa carrière.


« Dès que ma mère a su que je souhaitais faire de la danse, elle m’a montré les clips de Michael Jackson. »
- Amina Konaté, danseuse professionnelle à New York -
La danse et Amina, c’est une histoire d’amour de longue date. « Plus jeune, je dansais avec mes cousines sur les films Bollywood [...]nous avons plein de vidéos de nous qui faisions ces danses ». Sur sa demande, ses parents l’inscrivent au Conservatoire de musique et de danse de La Rochelle où elle apprend la danse classique. Sa mère l’encourage dans sa passion : « Dès que ma mère a su que je souhaitais faire de la danse, elle m’a montré les clips de Michael Jackson. », se rappelle-t-elle. Très vite, le rêve de devenir danseuse naît en elle.
Quitter sa ville pour vivre de sa passion
Une fois son baccalauréat en poche, Amina intègre l’École-Atelier Rudra Béjart , une école de danse basée à Lausanne en Suisse. Elle suivra la formation pendant 2 ans, mais l’école fermera ensuite à la suite de la crise du Covid. Suite à cet événement, Amina tente les auditions dans plusieurs écoles de danse. Elle prend conscience d’une réalité : il y aura davantage d’opportunités pour elle aux États-Unis qu’en France. Cela s’explique par la couleur de sa peau mais aussi par le fait que la danse moderne, dans laquelle elle se spécialise, est plus développée outre-atlantique. Une chose reste à faire : quitter la France pour les États-Unis. Un pays où elle a déjà eu l’occasion de se rendre.
À 10 ans, elle voyage à New York avec ses parents mais le coup de foudre entre elle et le pays n’est pas au rendez-vous, loin de là : « C'était beaucoup trop grand pour moi qui viens de La Rochelle. Je me disais “ jamais de la vie, je ne vivrais ici. ». C’était sans savoir que quelques années plus tard, elle emménagerait dans la Big Apple.

Trouver ses repères loin de La Rochelle
Amina était déterminée à poursuivre son rêve, qu’importe les obstacles. « J'avais envie de continuer la danse moderne que j'ai découverte à Lausanne. Sur un coup de tête, j’ai auditionné pour mon école de rêve à New York. » Sa candidature à la Alvin Ailey School est acceptée. Au même moment, son meilleur ami intègre la Martha Graham School of Contemporary Dance, située également dans la mégapole américaine. C’est ensemble qu’ils quitteront Lausanne pour New York en septembre 2021 : « Même si je n'étais pas avec ma famille, nous étions ensemble. C'était vraiment mon pilier. »
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Arrivée en terre américaine, la danseuse tente d’appréhender son nouvel environnement à commencer par la barrière de la langue. « Parfois je me demandais où étaient les sous-titres », confie-t-elle. Autre aspect sur lequel elle a dû s’adapter : la cuisine « C'est un peu moins facile de se faire un bon petit plat ici. », déclare-t-elle. La Rochelaise reconnaît avoir été frappée par les différences sociales entre les habitants de la ville. Mais tous ses sentiments ont été rapidement éclipsés par la multiculturalité à New York qui contrastait avec sa ville natale.

New York, terrain d’expression artistique
Amina est titulaire d’un visa artistique qui lui permet de travailler dans la danse. Aujourd’hui, ses journées sont rythmées par plusieurs heures de répétitions pour différentes compagnies, des spectacles de représentation et parfois des tournées. La jeune danseuse travaille en tant qu’indépendante. Au cours de son parcours, elle a fait des rencontres importantes telles que Jamel Gaines son mentor : « Il m'a permis d'avoir un espace dans lequel j'étais sûre de danser tout en étant rémunérée. » Outre la sécurité financière, le directeur de la compagnie Creative Outlet a su déceler le talent et les capacités d’Amina. Une relation de confiance qui dure depuis 4 ans.
À New York elle découvre un véritable El Dorado pour les métiers artistiques : « Il y a énormément d'infrastructures qui sont faites pour la danse. Il y a des studios de partout, des théâtres. »
« La danse c’est un peu mon moyen d’exister. »
- Amina Konaté, danseuse professionnelle à New York -

La danse comme vecteur de messages
La danse occupe une place prépondérante dans la vie d’Amina : « La danse c’est un peu mon moyen d’exister. » Un des aspects de la danse qu’Amina apprécie particulièrement est la capacité à véhiculer des messages à travers des mouvements. « Une fois sur scène, je me sens comme une activiste. » Mais hors de question de se reposer sur ses lauriers, la danseuse de 23 ans se lève chaque jour avec la volonté de s’améliorer : « À l’image d’un coureur qui cherche toujours à faire un meilleur temps, en danse aussi on doit toujours progresser en s’entraînant tout le temps. » Amina compte poursuivre son rêve à New York tout en ayant l’envie de rentrer en France un jour. La Rochelaise sera en tournée au mois d’octobre 2026 avec l’Urban Bushwomen.
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