Édition internationale

NELSON MONFORT - "Les gens sentent quand on les aime"

À Londres, au bord du bassin ou de la piste d'athlétisme, il recueille une nouvelle fois les réactions des plus grands champions quelques minutes après leurs exploits. Nelson Monfort n'est plus à présenter. Le célèbre journaliste sportif couvre ses sixièmes Jeux Olympiques d'été?les douzièmes en comptant ceux d'hiver. Fort de cette expérience, il nous livre ses meilleurs souvenirs, les clés de son succès et ses attentes pour les olympiades londoniennes

(Crédit : Elodie LLanusa)

Lepetitjournal.com - Quel est votre meilleur souvenir olympique ?

Nelson Monfort - Je pense que ce sont mes premiers Jeux. Ceux de Barcelone où j'ai découvert l'équipe américaine d'athlétisme emmenée par Carl Lewis qui me répondait toujours de façon extrêmement courtoise alors qu'il faisait peur un peu à tout le monde. Je me disais : "mon dieu, si Lewis me répond, tout le monde va pouvoir me répondre?". C'est là où je me trompais un peu?Mais cette entrée en matière reste parmi mes plus grands souvenirs, c'est certain.

Quelle est la plus belle olympiade à laquelle vous avez assistée ?

Les Jeux de Sydney en 2000. Le peuple australien est extrêmement proche de ses athlètes et vit les Jeux. C'est un pays "neuf" donc il n'y a pas beaucoup de culture, peu d'histoire mais en revanche, ils adorent le sport et c'était particulièrement réussi sur ce plan là. C'était aussi des "outdoor games". Il faisait beau en permanence et tout se déroulait dehors.

Qu'attendez-vous de ceux de Londres ?

Qu'ils soient aussi beau que ceux de Sydney 2000! J'ai l'impression que les Britanniques sont soucieux d'écologie et je souhaite que, outre les performances sportives bien sûr, ce soient des Jeux qui respectent l'environnement.

Quel est le sportif français que vous souhaitez particulièrement voir gagner ici ?

J'attends le nageur français Amaury Leveaux. C'est un garçon avec qui j'ai tissé des liens qui dépassent un petit peu le cadre journaliste/interlocuteur. Malgré la différence d'âge, nous sommes devenus de vrais amis. Je sais aussi que je suis un petit peu son porte-bonheur depuis une ou deux interviews et c'est un garçon que j'aimerais bien voir réussir. Je suis assez confiant quant à ses chances de réussite et de toute l'équipe de France de natation*.

Vous êtes devenu l'intervieweur le plus populaire de France. Comment expliquez-vous ce succès ?

Peut-être parce que je vais vers les gens avec une certaine humilité. Je crois que les gens sentent quand on les aime. Il me semble qu'un regard, avant même de commencer l'interview, peut dire si celle-ci va être réussie ou ratée. J'essaie de faire fructifier ce capital de sympathie pour lequel je ne me force absolument pas et qui vient naturellement. C'est un vrai bonheur même s'il y a bien sûr toujours cette petite boule à l'estomac. Il y a aussi un profond respect pour mes interlocuteurs et j'espère que les sportifs et les téléspectateurs le ressentent.

Pensez-vous que votre marionnette aux Guignols a participé à ce succès ?

Oui, c'est certain. Cela fait maintenant une quinzaine d'années que ma voix et ma marionnette sont dans les guignols et il est incontestable que cela a joué. En plus, cette marionnette est très sympathique et fraternelle. Forcément elle exagère un peu le trait mais c'est très bien ainsi.

Elle ne vous a jamais dérangé ?

Non jamais. D'ailleurs Nicolas Canteloup qui est la voix de ma marionnette est devenu aussi un ami au fil des ans.

Quelle est votre interview de rêve ?

Je ne l'ai sans doute pas encore faite. Mon interview de rêve serait probablement d'aller à la rencontre de personnes qui ne sont plus de ce monde. Mozart, par exemple, ce n'est pas une mauvaise réponse?

Propos recueillis par Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/jeux-olympiques) mardi 31 juillet 2012

* L'interview a été réalisée avant la médaille d'or obtenu par les Français sur le 4x100 mètres.

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