Le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal, l'UQAM, BAnQ et plusieurs partenaires du milieu unissent leurs efforts pour répondre aux défis croissants de cohabitation sociale dans le Quartier latin. Au cœur de cette nouvelle stratégie : un pôle d'intervention de proximité qui mise sur la prévention, l'accompagnement humain et la concertation plutôt que sur les seules mesures de sécurité.


Le Quartier latin est depuis longtemps l'un des espaces les plus emblématiques de Montréal. Carrefour universitaire, culturel et citoyen, il accueille chaque jour des milliers d'étudiants, de travailleurs, de visiteurs et de résidents. Mais il est également confronté, comme plusieurs centres-villes nord-américains, à une augmentation visible des situations de vulnérabilité et d'itinérance.
C'est dans ce contexte que la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire, Chantal Rouleau, a annoncé l'octroi de plus de 1,2 million de dollars à la Fondation de l'Université du Québec à Montréal afin de mettre sur pied le nouveau Pôle de cohabitation sociale du Quartier latin.
L'initiative sera menée en collaboration avec l'Université du Québec à Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, la Société de développement social et la Société de développement du Quartier latin. Pendant trois ans, ces partenaires travailleront ensemble à renforcer les interventions de proximité et à développer une approche coordonnée à l'échelle du quartier.
Une présence humaine accrue sur le terrain
Concrètement, le projet repose sur quatre grands volets.
Le premier prévoit le déploiement d'une brigade de terrain chargée de prévenir les tensions, désamorcer les situations à risque et créer des liens de confiance avec les personnes les plus vulnérables. Un accompagnement psychosocial viendra compléter cette présence afin de favoriser la stabilité et l'inclusion sociale. Des activités de formation seront également offertes aux partenaires du quartier, tandis qu'un mécanisme de coordination renforcée permettra d'assurer une plus grande cohérence entre les différents intervenants.
En parallèle, la ministre de l'Enseignement supérieur, Martine Biron, a rappelé qu'une enveloppe distincte de 3 millions de dollars sur trois ans avait été réservée à l'UQAM dans le budget 2026-2027 afin d'améliorer les systèmes de prévention et de sécurité, de soutenir des campagnes de sensibilisation et de renforcer les ressources présentes sur le campus et dans le quartier.
Une mobilisation qui dépasse les institutions
La Ville de Montréal s'inscrit également dans cette démarche. Deux nouveaux intervenants sociaux parcourront le secteur dès la mi-juin sous la coordination de la Société de développement social. Par ailleurs, l'arrondissement de Ville-Marie et la Ville-centre consacreront 1,5 million de dollars en 2026 à l'amélioration de l'animation, de la propreté et de l'attractivité du Quartier latin.
Pour le recteur de l'UQAM, Stéphane Pallage, l'enjeu consiste à construire simultanément l'inclusion, la sécurité et la solidarité. Il souligne que le projet, piloté par la vice-rectrice associée à la Relance du Quartier latin, Priscilla Ananian, mise sur la présence humaine et le travail de proximité afin de répondre à des réalités complexes qui dépassent largement le cadre universitaire.
Même constat du côté de BAnQ. Sa présidente-directrice générale, Marie Grégoire, voit dans cette initiative l'occasion de transformer le Quartier latin en véritable laboratoire de collaboration sociale où les institutions mettent en commun leurs expertises pour renforcer le filet social au cœur du centre-ville montréalais.
Le Quartier latin comme quartier apprenant
Au-delà des investissements annoncés, cette initiative s'inscrit dans une vision plus large de transformation du Quartier latin.
Le projet est directement rattaché à la démarche de « quartier apprenant » développée depuis plusieurs années par les acteurs du secteur et soutenue par la Commission canadienne pour l'UNESCO. Cette approche considère le quartier comme un espace où les institutions, les citoyens, les organismes communautaires, les commerces et les espaces publics contribuent collectivement à l'apprentissage, à l'inclusion et à la qualité de vie.
Sous cet angle, le nouveau Pôle de cohabitation sociale apparaît comme bien davantage qu'un programme d'intervention sociale. Il devient l'une des premières applications concrètes de cette vision du Quartier latin : un territoire où l'on cherche à répondre aux défis urbains en misant sur la collaboration plutôt que sur la simple juxtaposition d'actions individuelles.
Dans un quartier qui aspire à devenir une référence internationale en matière de quartier apprenant, la capacité à mieux vivre ensemble pourrait bien devenir l'un des indicateurs les plus importants de sa réussite future.
















