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POTLOC - Un trio de jeunes Français aide les Montréalais à redessiner leur quartier

Par Lepetitjournal Montreal | Publié le 16/03/2015 à 23:40 | Mis à jour le 16/03/2015 à 09:50

Au menu du site web Potloc : un trio de jeunes français diplômés d'HEC auquel s'est ensuite ajouté un associé, et une bonne idée. Celle d'offrir aux Montréalais la possibilité d'aménager les locaux vacants de leur quartier avec des commerces de leur choix. Une sorte de SIMS grandeur nature, faisant le bonheur des habitants autant que des propriétaires de commerces, recommandé par les médias québécois et dont les hommes politiques locaux aimeraient saupoudrer leur programme électoral. Passons à table avec Louis, lillois de 26 ans arrivé à Montréal en 2009, un des fondateurs de ce projet citoyen.


Lepetitjournal.com Montréal : Comment ça marche Potloc.com ?

Louis Delaoustre : C'est très simple. Il suffit d'abord d'habiter à Montréal. Ensuite, lorsque tu te connectes à Potloc, tu es géo localisé et le site te montre tous les locaux vacants autour de chez toi, le bâtiment et l'adresse exacte. Tu choisis un local et tu votes pour le commerce que tu aimerais voir à côté de chez toi, parmi 8 catégories : bars, cafés et restauration, alimentation, beauté et bien être, culture, mode et accessoires, services ou autres... Chacune de ces catégories sont elles-mêmes partagées en sous-catégories afin de proposer le choix le plus large possible. « Non je n'ai pas envie d'avoir un club de strip-tease à côté de chez moi parce que j'ai des enfants » ; « Oui j'aimerais avoir une poissonnerie à côté de chez moi parce que je ne mange pas de viande et que j'adore le poisson »...

Désormais, cela marche dans les deux sens puisque nous sommes en train d'intégrer les commerçants sur la plateforme : par exemple, un commerçant entrepreneur veut ouvrir un bar à Nutella à Montréal. Il crée sa fiche en décrivant son projet avec le plus de précisions possible et peut observer si les gens aimeraient un bar de ce genre ou non, et si oui dans quel quartier.

Donc tout le monde est heureux dans l'histoire ?

D'un côté, on aide les habitants à se sentir mieux là où ils vivent en leur permettant l'installation d'un commerce dont ils ont besoin près de chez eux. De l'autre, nous permettons aux entrepreneurs de tester le marché au lieu de se lancer au petit bonheur la chance dans l'ouverture d'un commerce. Il faut savoir qu'à Montréal, environ 50% des commerces ferment moins de 5 ans après leur ouverture, et ce chiffre s'élève à plus de 75% en ce qui concerne les restaurants.

L'idée est que les gens aident les commerces à grandir ! Notre vision à long terme est de devenir l'intermédiaire entre les commerçants et les citoyens dans les quartiers. Par contre, on ne veut pas que les commerçants se fassent « flinguer » comme sur Tripadvisor. On veut baser notre site sur un système de recommandations et de conseils constructifs, non de critiques. L'objectif de ces recommandations, c'est qu'elles ne soient pas visibles sur internet, mais adressées directement au commerçant, dans un esprit de «Dans votre projet de bar à Nutella dans notre rue, je vous conseillerais de... ».

Et alors, qu'est-ce que les gens désirent près de chez eux ?

On s'attendait à ce que la plupart des gens réclament des magasins bios ou des bars, mais en réalité les tendances varient. Par exemple, les habitants du quartier latin souhaitent vraiment une boulangerie ! Les librairies et disquaires sont également plébiscités. Mais les besoins oscillent entre commerces de proximité et commerces de destination suivant les quartiers. C'est marrant de voir que les gens installés dans un quartier depuis plusieurs années savent exactement ce qui manque, puisque que l'on s'est rendu compte que sans jamais s'être concertés, plusieurs voisins désirent très souvent la même chose.

Votre projet a l'air de faire beaucoup parler de lui...

Sur l'île de Montréal, il y a aujourd'hui et en moyenne 2500 locaux vacants, soit 10% du parc immobilier total (ce qui est la moyenne en Amérique du Nord). Cette question des locaux vides, auquel on s'attaque, est montrée du doigt par de nombreux journalistes et très sensible politiquement, parce qu'il n'y pas d'outil ni de solution efficace mise en place. Tout le monde rabâche que La rue Saint-Laurent se « casse la gueule », mais personne n'apporte une solution à ce constat. Notre projet a donc rapidement éveillé la curiosité des médias. Au début de l'aventure, on a fait la Une du journal gratuit 24 Heures, et ensuite tout s'est enchainé très rapidement : les grands quotidiens québécois, la radio et même le téléjournal de Radio Canada a parlé de nous.

Avez-vous reçu des commentaires de la part des élus locaux ?

Au début, des hommes politiques, dont je ne citerai pas le nom, ont tenté de faire de la récupération de notre projet, de l'attribuer à leur mandat, certains nous ont même demandé si l'on pouvait leur transmettre notre base de données. Nous avons tout de suite refusé et pris nos distances pour deux raisons : la politique partisane ne nous intéresse pas, on veut rassembler les gens et non les diviser comme le font les partis politiques, nous sommes simplement intéressés par la vie de quartier. D'un point de vue business, associer notre projet à l'image d'un parti nous aurait certainement desservis sur le long terme.

Allez-vous étendre le concept à d'autres villes ?

Oui, nous sommes déjà en train de nous ouvrir à d'autres villes québécoises comme Québec ou Trois-Rivières, où l'on compte se déplacer prochainement pour recenser les locaux vacants. Et très rapidement, nous aimerions appliquer notre modèle aux Etsts-Unis.

Thibault Girardet, (Lepetitjournal.com/Montréal) Mardi 17 mars 2015

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