Édition internationale

Pourquoi Anick Lemay vous invite à découvrir Saint-Casimir

Comédienne, autrice et coscénariste de la série Le gouffre lumineux, Anick Lemay sera l'invitée d'honneur de la 22e édition du Festival de films pour l'environnement, qui se tiendra du 5 au 9 août à Saint-Casimir, à environ deux heures de Montréal. Pour elle, ce rendez-vous est bien plus qu'un festival de cinéma : un lieu où les habitants ouvrent leurs portes, où les rencontres prennent tout leur sens et où l'on repart avec un peu plus d'espoir que l'on n'en avait en arrivant.

Anick Lemay - FFPEAnick Lemay - FFPE
L'actrice et autrice Anick Lemay est l'invitée d'honneur du Festival de films pour l'environnement qui se déroule du 5 au 9 août - Photo Courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 3 août 2026

 

 

Au cours de l'entretien qu'elle nous a accordé à quelques jours de l'ouverture du Festival de films pour l'environnement, un mot est revenu plusieurs fois dans les réponses d'Anick Lemay : espoir.

Alors qu'elle pourrait parler de cinéma, de littérature ou de sa carrière, l'invitée d'honneur de cette 22e édition revient toujours à cette idée. Pour elle, ce qui fait la singularité du festival qui se déroule à Saint-Casimir ne tient pas seulement à sa programmation. Pendant cinq jours, ce petit village de Portneuf devient un lieu où l'on reprend confiance dans la capacité des citoyens à agir ensemble.

« Mon écoanxiété diminue quand je fais du compost », dit-elle en souriant. Une phrase presque anodine, mais qui résume sa manière de regarder le monde. Les grands bouleversements existent. Les gouvernements et les grandes entreprises ont leurs responsabilités. Mais chacun peut encore choisir d'agir à son échelle.

C'est cette conviction qui l'a convaincue d'accepter l'invitation du Festival de films pour l'environnement.

 

Un festival de cinéma qui invite à repenser notre rapport au monde

 

Revenir là où le cinéma rassemble

Lorsque Léo Denis Carpentier, directeur artistique du Festival de films pour l'environnement, l'invite à devenir l'invitée d'honneur de cette 22e édition, Anick Lemay n'hésite pas une seconde.

Son retour à Saint-Casimir possède une double dimension personnelle. En 1999, la réalisatrice Johanne Prégent y tournait une partie de L'Île de sable, le premier long métrage de la carrière d'Anick Lemay. Quelques années plus tard, elle découvrait le Festival de films pour l'environnement dès sa deuxième édition. Depuis, elle gardait en mémoire autant le village que l'atmosphère si particulière de ce rendez-vous estival.

« C'est un super beau festival… Saint-Casimir est un bijou caché du Québec. Les gens sont tellement accueillants. »

À ses yeux, ce rendez-vous n'a jamais eu besoin de rivaliser avec les grands festivals. Ici, le cinéma est avant tout un prétexte à la rencontre. Les projections se prolongent en discussions, les artistes croisent les habitants, les bénévoles travaillent aux côtés des cinéastes, et tout un village se mobilise autour d'une même idée.

Cette image du « bijou caché » fait écho aux confidences de Geneviève Bilodeau, marraine historique du festival, qui décrivait elle aussi un événement où l'on vient autant pour échanger avec les réalisateurs que pour découvrir des films. Plus de vingt ans après sa première participation au Festival de films pour l'environnement, Anick Lemay retrouve ce même esprit de proximité et de convivialité.

 

Pourquoi Geneviève Bilodeau revient à Saint-Casimir depuis plus de vingt ans

 

L'environnement, c'est aussi les êtres humains

Le public découvrira cette année une autre facette d'Anick Lemay. L'invitée d'honneur ne viendra pas seulement commenter des films. Elle partagera également des extraits de son livre Le gouffre lumineux, issu des chroniques qu'elle a écrites pendant son traitement contre le cancer du sein.

À première vue, la lecture d'extraits du Gouffre lumineux peut surprendre dans un festival consacré à l'environnement. Mais Léo Denis Carpentier rappelle volontiers que le FFPE s'intéresse autant aux êtres humains qu'aux milieux dans lesquels ils vivent. Une vision dans laquelle Anick Lemay se reconnaît immédiatement.

« L'environnement, ça inclut autant l'humain que la nature, que les animaux. Ton parcours s'inscrit lui aussi dans ton environnement. »

Cette définition élargit le regard. Parler d'environnement, ce n'est plus seulement parler de forêts ou de climat. C'est aussi parler de santé, de résilience, de liens sociaux, de ce qui façonne une communauté. Une vision qui rejoint profondément l'identité du Festival de films pour l'environnement, où les projections débouchent presque toujours sur des conversations entre citoyens, artistes et chercheurs.

 

Sortir de chez soi

Anick Lemay partage une inquiétude qui dépasse largement le monde du cinéma. Depuis la pandémie, dit-elle, le plus difficile n'est plus de créer des œuvres. C'est de convaincre les gens de quitter leur salon.

« Aller au cinéma, aller voir un spectacle vivant ou participer à un festival, c'est une communion. »

Le mot n'est pas choisi au hasard. À l'heure où une grande partie de la consommation culturelle se fait individuellement, elle défend l'idée que certaines émotions ne prennent tout leur sens que lorsqu'elles sont vécues ensemble.

À Saint-Casimir, cette communion dépasse largement les salles de projection. Les discussions se poursuivent sur la terrasse de la microbrasserie Les Grands Bois, les bénévoles croisent les cinéastes, les habitants prêtent leurs maisons aux équipes du Kabaret Kino. Pendant quelques jours, tout un village devient le décor du festival.

 

Faire bien avec peu

Ce qui fascine le plus Anick Lemay n'est peut-être pas la programmation internationale ni les débats. C'est le Kabaret Kino.

Pendant que les spectateurs assistent aux projections, une trentaine de créateurs écrivent, tournent et montent des courts métrages en quelques jours seulement. Elle aime cette énergie où chacun met la main à la pâte.

« Tout le village participe. Les gens ouvrent leurs portes. Il y a une vraie fierté collective. »

Dans un monde où l'on attend souvent des solutions venues d'en haut, cette créativité collective lui apparaît comme une autre manière de répondre aux défis environnementaux. Faire avec ce que l'on a. Créer ensemble. Ne pas attendre des conditions parfaites pour commencer.

 

La programmation du festival est ici

 

Choisir la lumière

Avant de conclure notre entretien, nous demandons à Anick Lemay ce qu'elle aimerait que les festivaliers emportent avec eux en quittant Saint-Casimir. Sa réponse tient en peu de mots. « De l'espoir. »

Elle évoque sa fille de 18 ans, cette jeunesse qui continue de croire qu'un autre avenir est possible malgré les inquiétudes climatiques. Elle parle aussi de toutes ces personnes qui, partout au Québec, agissent discrètement, sans faire de bruit, mais avec la conviction que chaque geste compte.

« Il faut se tourner vers la lumière. »

Dans quelques jours, Anick Lemay montera sur la scène du Festival de films pour l'environnement comme invitée d'honneur. Mais à l'écouter, ce titre importe finalement moins que ce qu'elle espère partager avec les festivaliers.

L'envie de prendre le temps. De rencontrer des inconnus. De discuter après une projection. Et de repartir avec la conviction que, face aux grands défis de notre époque, les histoires, les rencontres et les petits gestes peuvent encore nourrir l'espoir.

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.