Pour célébrer la 30e édition du Festival de littérature de Mantoue, plus de 300 auteurs internationaux viendront animer les palais et les rues de la ville lombarde, afin de donner vie à un festival qui ne cesse de se réinventer, de mêler les langages, de mettre en dialogue les générations et de s'interroger sur le présent. L’événement sera marqué par une importante présence française, avec notamment Gisèle Pelicot et Emmanuel Carrère.


À travers les voix de la littérature, cette édition anniversaire s’interrogera sur ce que signifie aujourd’hui avoir trente ans, alors que nous sommes incapables d’imaginer l’avenir, et dépeindra un monde où les frontières et les identités s’estompent, où chacun se sent étranger. Il s’agira de contempler l’univers avec l’émerveillement et la curiosité de l’enfance, les technologies surpuissantes qui imprègnent nos vies, la nature énigmatique du son, en laissant libre cours à la musique qui résonnera depuis les scènes, les balcons et lors des défilés urbains.
En observant les fractures du présent, les auteurs invités tenteront de remonter aux racines de la haine, de faire face aux nouveaux enjeux de classe et de comprendre quelles règles régissent cette période d’exception, ou encore les jeux qui nous passionnent le plus.
Et pour aborder les enjeux les plus urgents de notre époque, le Festival s’appuiera une fois de plus sur les grands auteurs du passé. Ippolito Nievo et H.P. Lovecraft seront les figures de proue de cette trentième édition, en raison de leur passion littéraire éclectique et de leur fascination obscure pour l’inconnu. Entre voix contemporaines et retours aux classiques, le Festival sera une fois de plus guidé par la conviction que la littérature n’est pas seulement un lieu de mémoire ou d’imagination, mais un outil pour vivre le présent et pour continuer à cultiver ensemble quelques utopies salutaires.
Mais cette trentième édition se veut aussi une fête, avec de la musique depuis les balcons, des défilés farfelus, des histoires en trente mots, des musées ethnographiques insolites, des soirées décontractées.
Une grande présence française au cœur du Festival de littérature de Mantoue
Cette année encore, le Festivaletteratura de Mantoue accueille de nombreux invités français : Hélène Vignal, Jean Boucault, Johnny Rasse, Olivier Guez, Hervé Tullet, Anne-Claire Defossez, Didier Fassin, Mathias Énard, Houria Bouteldja, Nathacha Appanah, Annie Cohen-Solal, Pierre Charbonnier, Gisèle Pelicot et Emmanuel Carrère.
Des écrivains, philosophes, artistes et interprètes français sont présents tout au long du programme du festival, apportant à Mantoue des voix et des perspectives diverses sur les grands thèmes de notre époque.

Les rencontres françaises à ne pas manquer
Jeudi 10 septembre :
- Hélène Vignal — Passages secrets ; à 11h à la Casa del Mantegna
- Jean Boucault & Johnny Rasse — Quand la bouche devient bec ; à 21h au Temple de Saint Sébastien
Vendredi 11 septembre
- Olivier Guez — Les masques et l’histoire ; à 11h au Théâtre Bibiena
- Hélène Vigna – Choisir? ; à 16h30 au Séminaire épiscopal
L’autrice française de littérature jeunesse parlera du droit des jeunes filles à explorer librement leur sexualité. - Hervé Tullet — Points, taches, formes et couleurs ; à 17h à l’Amphithéâtre de l’université
- Jean Boucault & Johnny Rasse — Le jardin des oiseaux ; à 18 h 30 au Parc Belfiore
- Anne-Claire Defossez & Didier Fassin — Quel destin à la frontière ? ; à 21 h 30 à la Basilique palatine Sainte-Barbe.
Ils débâteront sur les passages frontaliers alpins entre l'Italie et la France, et avec l'équipage du Tanimar, autour des langues communes, des aspirations et des imaginaires métissés des communautés de migrants qui traversent la Méditerranée.
Samedi 12 septembre
- Mathias Énard — Nord, Sud, Ouest, Est ; à 10h au Palais San Sebastiano
- Houria Bouteldja — Les barbares des banlieues ; à 10h00 à l’Église Santa Maria della Vittoria
- Houria Bouteldja & Valentina Pisanty — Le mot « antisémite » ; à 14h30 à l’Amphithéâtre de l’université
- Nathacha Appanah — Redonner la parole aux victimes ; à 17 à la Basilique palatine Sainte-Barbe
- Hervé Tullet — Bavardages en couleurs ; à 18h au Cinéma Oberdan
L'illustrateur Hervé Tullet est reconnu comme un artiste capable de transformer le geste visuel en une expérience participative et de découverte.
Dimanche 13 septembre
- Didier Fassin — Une fracture dans l’ordre moral ; à 10h au Palais San Sebastiano
L’auteur Didier portera son regard sur l’Occident, en s’interrogeant sur le consensus, les responsabilités et les omissions qui ont accompagné la destruction de Gaza, ainsi que sur la crise des catégories morales à travers lesquelles nous avons l’habitude d’interpréter le monde. - Annie Cohen-Solal — Se perdre dans les couleurs ; à 10h au Théâtre Bibiena
- Pierre Charbonnier — Une évolution naturelle de la politique ; à 12h15 à la Basilique palatine Sainte-Barbe.
Il montrera comment la modernité a fondé sa conception de la liberté sur l'hypothèse d'une croissance illimitée et de ressources inépuisables, et à quel point il est difficile de renverser ce paradigme. - Gisèle Pelicot — La honte doit changer de camp ; à 14h30 Piazza Castello
La française Gisèle Pelicot et Gino Cecchettin, père d’une jeune victime de féminicide, raconteront les expériences douloureuses qui ont fait d’eux des figures de référence dans la lutte contre les violences faites aux femmes. - Emmanuel Carrère — Mémoires généalogiques ; à 18 h 30 Piazza Castello
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