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Tété : 'l'Australie, une énorme claque humaine et musicale'

Par Rim Bohle | Publié le 02/12/2019 à 20:30 | Mis à jour le 03/12/2019 à 10:19
tété

Tête d'affiche du festival So Frenchy So Chic, en concert  au Spotted Mallard à Brunswick le 11 janvier, le chanteur français Tété commence son année 2020 par une belle tournée australienne. Lors d'un récent entretien, nous sommes revenus sur son excellent dernier album, une critique acerbe de notre société actuelle sur un fond de mélodies onctueuses et enlevées. Nous avons aussi eu le plaisir de discuter de francophonie et du courage d'oser.

 

Le Petit Journal Melbourne : Bonjour Tété, ce n’est pas la première fois que vous venez en Australie. Quelle a été votre rencontre avec ce pays?

Tété : Je suis déjà venu trois fois en Australie, pour trois tournées différentes. La première était en 2008, pour le Woodford Festival. Je suis ensuite revenu pour le festival d’Adelaide. J’ai pas mal tourné dans la région de Melbourne, Sydney, Cairns, Adelaide. En 2008, nous avons fait des échanges de premières parties avec des artistes australiens. J’ai ainsi eu l’opportunité de rencontrer John Buttler. Nous avons fait des concerts ensemble. C’est à la suite de cela que j’ai pu découvrir l’Australie. Ca a été une énorme claque humaine et musicale. J’ai adoré le pays. J’étais très impressionné par la musicalité de la scène  australienne. Moi qui suis un fan de guitare, de folk, le niveau est très impressionnant.

 

Tété

 

LPJ-Melbourne : Vous serez accueilli par un public francophone au festival So Frenchy So Chic, expats mais aussi immigrés. Que veut dire la francophonie aujourd’hui?

La francophonie est comme une communauté en ligne, une communauté dématérialisée, qui s’étend au quatre coins du monde. C’est un art de vivre. C’est un soft power. L’influence francophone dans le monde est saluée par tous. L’élégance, l’art de vivre et cette capacité à pouvoir s’adapter un peu partout dans le monde.

LPJ-Melbourne : Vous jouerez aussi devant un public anglophone, amoureux ou curieux de la culture française. Tété en un titre? Comment pourrait-on décrire votre style?

J’ai sorti mon dernier album Fauthentique, il y a un peu moins d’un an. En ce moment nous sortons une version augmentée de cet album, avec des inédits comme "Le coeur sur les épaules". Je trouve que ce titre résume assez bien mon style musical. Je décrirais ce dernier comme un mélange de folk pop avec des accents un peu soul.

 

 

LPJ-Melbourne : Votre dernier album est une critique des travers de notre société, exprimant une forme de désillusion partagée par un grand nombre. Quel a été le véritable élément déclencheur pour écrire cet album?

J’ai commencé à écrire cet album sans m’en rendre compte. En écrivant une chanson qui parle de l’histoire d’un faussaire. En tirant un peu le fil d’Ariane, j’ai réfléchi à la différence entre le vrai et le faux et la lecture que nous en avons. Est ce que cette lecture des choses nous appartient encore? En regardant les infos, en observant autour de moi, je me suis  aperçu qu’il n’était question de que ca. Le vrai, le faux, la rumeur. Ce qui a finit par me convaincre est que l’on parle beaucoup de fake news. La fake news c’est quelque part une rumeur, un phénomène qui a toujours existé. Sauf qu’avant la rumeur voyageait moins rapidement. Avec les réseaux sociaux, la rumeur de quartier peut faire le tour du monde en deux heures. Ce qui est fascinant derrière cela c’est que la rumeur est une histoire. Une histoire qui est fausse mais c’est une histoire. En tant qu’auteur mon métier est d’inventer des histoires justement. J’ai grand plaisir à m’amuser avec tout cela.

LPJ-Melbourne : L’idée d’imposteur revient souvent, pas seulement dans cet album. Qui est-il?

A l’échelle de tous mes albums, l’imposture est liée à la légitimité en fait. Le droit que l’on s’accorde à faire les choses. Je crois que la chance que j’ai eu dans ma vie est de rencontrer la musique, de rencontrer la guitare et d’oser me dire que moi aussi j’avais le droit alors que je ne viens pas de Paris. Comme disent les américains "Fake it until you make it". Je  crois que chez les chanteurs il y a forcément une partie de soit qui répond à l’imposture. C’est aussi une forme d’humilité. Quand on se demande si on a sa place, on a envie de travailler deux fois plus pour mériter cette chance. J’ai la chance d’être accompagné de mon public de manière si élégante depuis 20 ans. Je me dis que le sentiment d’imposture a parfois du bon. Quand on arrête de l’avoir peut être que l’on prend les choses pour acquises. Il ne faut  jamais faire ça dans le métier.

 

tété

 

LPJ-Melbourne : Que pouvons nous vous souhaiter et à l’inverse que souhaitez-vous à votre public?

En 2019, j'ai eu la chance de partager un nouveau rendez-vous avec le public à travers l’album Fauthentique. Je suis un fan d’apprendre de nouvelles choses. Cet album, qui est très acoustique, a été réalisé avec des loops, des programmations, des samples. Je suis content de me dire à chaque album : "voila ca je ne savais pas le faire avant, ça je ne l’avais jamais fait comme ca". C’est ce que je me  souhaite. Continuer à apprendre, apprendre de l’autre. Je souhaite à mon public du plaisir et de l’amour. Les thèmes abordés dans Fauthentique sont des thèmes assez sérieux mais qui sont abordés sur un mode qui ne l’est jamais. Je trouve que c’est ça la force des histoires. Apporter un peu de légèreté, de lumière sur un quotidien en crise. J’aime m’amuser de tout ça. Fauthentique est un album ironique car le rire est le meilleur rempart face un quotidien qui nous échappe un peu. C’est une façon de se réapproprier et arriver à rire de tout ca.

 

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Rim Bohle

Rim Bohle

Directrice de l’édition Melbourne. Passionnée de photographie, avide fureteuse de bons plans. Toujours prête pour débattre autour d’un bon café! rim.bohle@lepetitjournal.com
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